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THE WARLOCKS - Surgery. Léthargie

The Warlocks - Surgery

 

The Warlocks

Surgery

(Mute 2005)

 

Deux ans après l’imparable Phoenix et l’incroyable consensus critique qui a accompagne ce disque de space-rock d’un autre age, les Warlocks de Bobby Hecksher reviennent – hasard ou coincidence? – alors que la scene rock de San Francisco beneficie de l’eclairage du succes du film Dig!.


Comme chacun sait, plusieurs membres des Warlocks ont fait partie des Brian Jonestown Massacre – leur ecriture et leur son s’en ressent. Quoi de plus normal alors que le monde des drogues dures et la vie nocturne soient le moteur de leur inspiration… Phoenix contenait des grandes chansons, la plupart celebrant une vie hedoniste et dissolue – defonce a tous les repas, valises sous les yeux et regard eberlue. “Shake The Dope Out”, “Cocaine Blues”, “The Dope Feels Good”, “Hurricane Heart Attack” ont des titres et des paroles equivoques.


Pour “Surgery”, les Warlocks se la jouent respectables. Les references aux produits illicites ont (presque) disparu, cedant place a un ton empli de tristesse, de regret et de desespoir sentant tres fort la rupture amoureuse. Les chansons, reposant jadis sur un precepte simple (“pas d’accord mineur”) et qui s’envolaient dans l’espace grace a une rythmique puissante et lancinante empruntee a Steppenwolf et un mur de son  a la Hawkwind sont desormais guidees par le desespoir de leur auteur ecorche vif.

 

L’inaugural “Come Save Us” est un trompe-l’oeil. Ce morceau, de la trempe de ceux de Phoenix  est le seul a rester dans sa lignee et fait le lien entre les deux albums. Seul le refrain, hurlement primaire ou Hecksher vide ses tripes ("Come save us... from ourselves"), indique un possible malaise. S'ensuit l’excellente “Just Like Surgery” puis une rupture brutale a la troisieme chanson. Les Warlocks entament une ballade dans la lignee de Radiohead  (une ballade!) – on pense a Spiritualized.  Malgre une approche limite pataude, “Gypsy Nightmare” reussit a emouvoir grace a la voix brisee d’Hecksher qui convainc dans le role d’ame torturee.


Les Warlocks enchainent avec “Angels In Heaven, Angels In Hell”, autre ballade morbide – avec arpege descendant et tout ce qui va avec… Rien ne va plus. Le groupe essaie de cacher le cote premier degre cul-cul de tout cela en enrobant la chanson de tonnes de reverb et de cette rythmique particuliere, on reste quand meme dubitatif. Les Warlocks un groupe de baloche ? Les chansons s’enchainent sur un rythme ethere. Apres l’album defonce, l’album gueule de bois. Ideal pour un dimanche matin quand on a du mal a emerger.


Des chansons comme “We Need Starpower” ou “Thursday’s Radiation” en temoignent : meme interprete a un rythme de gros porteur le space-blues des Warlocks reste excellemment ecrit et produit. Les Warlocks ont quelque chose dans leur son qui fait qu’on ne peut pas les detester. On sent un groupe qui avance en rangs serres, conquerant, sur de sa force, meme dans les moments difficiles.

 

Cet album surprend une seconde fois avec “The Tangent” qui arrive en milieu d’album et revele le jusqu’au-boutisme d’Hecksher dans sa volonte de faire un album-therapie. “The Tangent” est une ballade acoustique facon Macca periode Ram ou la voix implorante du chanteur, plus chancelante que jamais, noie la melodie dans un pathos du pire gout… avant d’enchainer sur “Above Earth” qui commence sur un son d’orgue de cathedrale et en rajoute une couche. Les Warlocks semblent vouloir faire le Rock Bottom de la cote Ouest après avoir decouvert que la drogue pouvait mener a des pertes irreversibles. La chasse aux demons est lancee. Jusqu’ou iront-ils dans le sentimentalisme? Une heure de ballades auto-apitoyantes ne risque-t-elle pas d’emmerder tout le monde?


L’album continue sur ce tempo – parfois limite soporifique – et tourne a l’exercice de style, du genre “Combien de chansons super-tristes super-produites peut-on ecrire a la suite?”. Arrivee l’ultime piste, on a l’impression d’avoir entendu plusieurs fois le meme morceau – un bon morceau certes, mais quand meme... On a pourtant du mal a ne pas aimer cet album car le son Warlocks est exceptionnel. La batterie double est puissante et cree avec l'infrabasse une rythmique particuliere, limite trippante, que le mur de guitare spectorien met en valeur. Surgery, c’est les Warlocks a coeur ouvert, une ame blessee qui hurle son desespoir. Cet aspect du disque est tres touchant. Surgery est un album d’humeur : selon l'etat d'esprit, on peut emu ou lasse du sentimentalisme contenu dans cet album.  Ideal pour les soirs de deprime et les dimanches enneiges mais deconseille un samedi soir ou un jour de fete. Le son de l’album fait en tous cas de ce disque un ovni dans la production de 2005 (comme le fut Phoenix en 2003). Que serait le monde sans les Warlocks?

 

 

 

www.thewarlocks.com

 

 

Tracklisting :

 

1 Come Save Us  *
2 It'S Just Like Surgery  *
3 Gypsy Nightmare  *
4 Angels In Heaven, Angels...
5 We Need Starpower  *
6 Thursady's Radiation
7 Evil Eyes Again
8 The Tangent
9 Above Earth
10 Bleed Without You Babe
11 Suicide Note *

 

 

 

Quelques vidéos :

 

"Come Save Us"

 

 

"Surgery"

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