4 janvier 2014 6 04 /01 /janvier /2014 16:07

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Oasis -
Be Here Now

(Sony 1997)

 

 

Ça fait quinze ans qu'est sorti Be Here Now, et aujourd'hui plus que jamais, alors qu'Oasis est en stand-by et que les frères ennemis du rock anglais s'invectivent comme à leur plus belle heure et ne semblent pas prêts d'enterrer la hache de guerre, il est temps de réévaluer ce disque honni. Car Be Here Now est le disque que les frères Gallagher avouent publiquement regretter d'avoir enregistré. C'est leur grand loupé, l'album non assumé dont aucun morceau ne figure sur le best of Stop The Clocks, un délire mégalomanique avoué que peu de gens ont vraiment écouté depuis sa sortie tapageuse en 1997.

 

A l'époque, l'effet repoussoir avait été violent chez les fans. Depuis 1993 et les multiples tubes de What's The Story ?(Morning Glory), Oasis régnaient sur la planète rock avec une virtuosité éclatante et une arrogance assumée. Leurs singles hymniques tournaient en boucle à la radio et à la télévision, ils étaient les Beatles de la génération britpop, les têtes d'affiche d'un rock britannique triomphant, le groupe dont on attendait le prochain morceau avec fébrilité et dont on écoutait les faces B avec attention. Leur discographie sans faille les avait fait entrer dans la cour des grands, et leur troisième album devait être l'album du couronnement, le classique pour les siècles à venir.

 

Ainsi, lorsqu'apparut Be Here Now dans les rayonnages des disquaires en août 1997, rien ne laissait présager du retour de bâton qu'allait représenter ce disque que le public rejeta de façon épidermique. Be Here Now était un mastodonte, un disque opaque et surproduit, l'inverse même de ce qui avait plu aux masses sur la ballade mélancolique "Wonderwall". Les gens voyaient en Oasis un groupe universel et espéraient une collection de ballades pop immédiates. Pas de bol, à l'époque les frangins Gallagher étaient plutôt d'humeur psychédélique. Entourés de yes men des maisons de disques aussi cocaïnés qu'eux qui leur répétaient sans cesse que tout ce qu'ils produisaient était d'or, Oasis ont concocté un mastodonte shoegaze. Chargés à bloc, le torse bombé et sûrs de leur fait, les frères Gallagher ont fait un album de défonce lancinant et vaporeux, envoyant par là même le monde entier se faire foutre, qui le leur a bien rendu.

 

Be Here Now est épique, arrogant, boursouflé, doté d'une production ambitieuse et de morceaux extraordinaires. Même si on commence à en connaître les codes, l'écriture de Noel Gallagher y est encore superbe, les mélodies sont toujours là ("All Around The World", "Magic Pie", "Stand By Me"). La voix de Liam est à son meilleur (ce qui ne sera plus le cas dès l'album suivant), loin du râle d'aujourd'hui. Bien sûr l'album a de nombreux défauts : il est beaucoup trop long (tous les morceaux durent au moins 5 minutes, certains dépassent même la barre des 9'), les morceaux sont monolithiques et avancent toujours à la même immuable vitesse de croisière. Mais c'est aussi pour cela qu'on l'aime : les frères Gallagher sont en roue libre, plus fiers et arrogants que jamais, et l'album est à la démesure de leurs personnalités. C'est un groupe triomphant qui joue ici et se permet absolument tout. 

 

Le résultat ? Be Here Now est en réalité un bien meilleur album que son prédécesseur What's The Story (Morning Glory)? qui, sorti des trois singles taillés pour les stades, est tout de même très bancal. Be Here Now a le mérite d'être cohérent et de ne subir que peu de trous d'airs. Le problème en fait vis-à-vis de cet album relève des attentes du public concernant Oasis. En 1997, Oasis était un groupe dont les motivations étaient proches de celles de Spacemen 3, de Loop ou de The Warlocks : "Take drugs to write music to take drugs to". Un slogan qui colle parfaitement à ce grand album drogué qu'est Be Here Now, mais que les fans qui avaient pris le train Oasis par l'arrêt "Wonderwall" n'ont jamais saisi. Ces derniers ont d'ailleurs rapidement déserté le wagon pour s'acoquiner avec Robbie Williams dont le "Angel", qui singeait à la perfection les ballades des frères Gallagher, fut le méga-tube de l'année 1997.

 

On vous recommande ainsi de mettre Be Here Now sur votre platine en oubliant son histoire. Imaginez-vous que le groupe qui joue sur ce disque est la dernière sensation shoegaze de Brooklyn ou un groupe anglais un peu oublié du début des années 90. Amusez-vous à effeuiller toutes les couches de larsen, wah-wah, cuivres et clavier du mur de son érigé par le groupe. Laissez-vous porter par les mélodies lancinantes et ces solos de guitare où les notes s'égrènent au ralenti. Hurlez à plein poumons les refrains hymniques scandés par Liam Gallagher. Participez au meilleur trip planant de la fin des années 90, vous pourriez bien être surpris. Be Here Now, un naufrage ? Que nenni, c'est le meilleur album d'Oasis, de loin.

 

 

 

 

 

Tracklisting :

 

  1. D'You Know What I Mean ? *
  2. My Big Mouth
  3. Magic Pie *
  4. Stand By Me *
  5. I Hope, I Think, I Know
  6. The Girl In The Dirty Shirt
  7. Fade In-Out
  8. Don't Go Away *
  9. Be Here Now
  10. All Around The World *
  11. It's Gettin' Better (Man!!)
  12. All Around The World (Reprise)

 

 

 

 

 

Vidéos :

 

"D'You Know What I Mean"


 

"Stand By Me"


 

"All Around The World"


 
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31 décembre 2012 1 31 /12 /décembre /2012 14:44

-Jake_Bugg-.pngJake Bugg 

Jake Bugg

(Mercury ;2012)


 

Depuis quelques mois, la rumeur s’est amplifiée, jusqu’à s’échapper des rives embrumées du pays qui l’avait vue naître pour parvenir aux côtes ensoleillées et aux vallées toujours vertes de votre intouchable Hexagone : l’Angleterre tiendrait-elle son nouveau prodige musical ? Le premier album de Jake Bugg, un Northern lad de 18 ans, a tranquillement atteint le sommet des charts anglais, le tout en ayant enregistré quatorze pistes, et grâce à une combinaison de facteurs assez imparable. Dès les premières mesures de « Lightning Bolt», le ton est donné : riff de guitare assuré, rythmique entêtante et voix atypique, à mi-chemin entre la déclamation et le chant. Le tempo s’accélère sur le refrain, laisse place à un solo de guitare acéré mais tout en retenue : le disque commence sur une chanson imparable, qui devrait suffire à convaincre les plus dubitatifs.

 

Au-delà de ces éléments, Jake Bugg est avant tout un chanteur/compositeur de grand talent : difficile de ne pas être entraîné par les mélodies de ses chansons les plus immédiates : « Lightning Bolt », « Two Fingers», « Country Song», « TroubleTown»… Si sa voix quelque peu nasillarde n’a rien d’exceptionnel, il sait déjà en tirer le meilleur parti, et cette faiblesse toute relative (il ne s’agit pas d’art lyrique, mais de musique pop) devient une attachante marque de fabrique du « style » Jake Bugg. La parenté avec Bob Dylan est évidente ? JakeBugg semble déjà s’en amuser, et l’assume sans se cacher en livrant une piste qui s’intitule tout simplement « Ballad of Mr.Jones », référence claire à «Ballad of a Thin Man » de Dylan sur Highway 61 Revisited. Le disque présente des ballades acoustiques ou semi-acoustiques de grande classe : « Simple as This», dont le titre pourrait s’appliquer à l’ensemble de l’album tant l’impression d’évidence est continue, la délicate « Fire» qui clôt l’album et « Broken» dont un passage évoquera la fabuleuse « Caroline » de The GO à quelques-uns des névropathes fans de ce groupe qui fréquentent assidûment notre site.

 

Après un début d’album de très haute volée, au potentiel pop indéniable, la fin de disque est globalement moins convaincante (des morceaux comme «Note to Self » et « Some Place» ne nous paraissent pas indispensables). Livrons en effet quelques remarques, afin de tempérer ce portrait qui ne saurait être trop positif : bon nombre des chansons de ce premier album ont été coécrites (avec Ian Archer, qu’on avait déjà vu collaborer avec… Snow Patrol il y a quelques années) ; ce fait laisse dans l’ombre une bonne partie du « phénomène » Jake Bugg : où commence le travail du producteur et où s’arrête le talent de compositeur de Jake Bugg ? A noter également, un son de percussions (et une utilisation de violons) qui fera peut-être tiquer quelques-uns des plus indécrottables défenseurs d’une éventuelle chapelle de rock indie(ou garage, pour autant que l’on puisse utiliser ce terme pour un artiste anglais)… La production pop, très largement « grand public » est davantage préjudiciable lorsque les morceaux sont un peu moins bons, et à l’écoute de l’intégralité de l’album.

 

Cependant, il convient de rappeler qu’il s’agit là d’un point de détail : ce disque ne s’adresse pas aux puristes rocknroll, mais à une bien plus large population – avant tout britannique – pour laquelle la musique pop est une partie intégrante du patrimoine (et du quotidien). Dès son premier disque, Jake Bugg a réussi l’exploit de se concilier grand public et une large majorité de la presse musicale, et sera une des têtes d’affiche des grands festivals de l’été prochain (dont T in the park et le festival de l’Isle of Wight). Jake Bugg peut devenir ce qui est arrivé de meilleur à la musique anglaise depuis très longtemps (depuis quand le Royaume-Uni ne nous avait-il pas livré un album de ce calibre ?) Une vague de nouveaux groupes va-t-elle suivre le passage ouvert par le succès de ce disque ? La question reste ouverte ; pour l’instant, PlanetGong invite ses honnêtes lecteurs à ne pas bouder leur plaisir et à profiter de cet excellent album.

 

 

 

 

 

Liste des chansons :

  1. Lightning Bolt *

  2. Two Fingers *

  3. Taste It

  4. Seen it all

  5. Simple as this *

  6. Country song* 

  7. Broken

  8. Trouble Town *

  9. Ballad of Mr Jones

  10. Slide

  11. Someone told me

  12. Note to self

  13. Someplace

  14. Fire

 

 

 

Vidéos :

 

"Trouble Town"

 

"Lightning Bolt"

 

"Two Fingers"

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15 mai 2012 2 15 /05 /mai /2012 15:29

22-20s.jpg22-20s -

Got It If You Want It

(Yoshimoto R and C 2012)

 

 

Parmi tous les petits tourments de l'existence, il existe peu de choses qui nous dépriment plus que de voir des artistes que l'on aime sombrer dans la médiocrité. Car la musique est souvent là pour nous apporter son soutien dans les moments difficiles, et les beaux albums ont plus de pouvoir pour remettre en place une psyché en détresse que nombre de beaux discours. Dans la solitude, certains disques de chevet deviennent si ancrés en nous qu'on a l'impression de connaître leurs auteurs intimement, de leur devoir une dette.

 

Depuis la sortie du premier album des 22-20s qui nous a retourné à sa sortie et redonné foi en un genre musical qui semblait en pleine déliquescence en Grande-Bretagne (le blues-rock pour ne pas le nommer), on apprécie la troupe menée par Martin Trimble et Glen Bartup au delà du raisonnable. D'où quelques excès assumés : quand le groupe s'est séparé on a écrit sur lui pour qu'il ne soit pas oublié, quand il est revenu avec un album moyen on a salué son retour en attendant des heures meilleures. Tout cela était lié à notre affection pour eux qu'on croyait inusable...

 

Aujourd'hui sort le troisième album des 22-20s, qui nous parvient dans la confusion la plus totale puisque le guitariste Dan Hare vient d'annoncer son départ. Le groupe étant désormais localisé dans les paillettes et le glamour du Minnesota (à Minneapolis), loin de son Angleterre natale, Hare a préféré retourner au pays et laisser les 22-20s fonctionner à nouveau en trio comme à leurs tous débuts. On est tenté de dire que ce n'est pas une grosse perte vu l'apport minime que ce dernier a apporté au groupe depuis la reformation. En tous cas ce nouvel album auquel il a participé juste avant son départ, ne restera pas dans les mémoires...

 

Ne soyons pas trop négatifs : Got It If You Want It n'est pas un mauvais disque. Les 22-20s y démontrent un belle maîtrise des ballades pesantes ("Purple Heart", "White Lines"... c'est à se demander s'ils ne sont pas camés jusqu'à la moelle). La seule chose, c'est qu'on n'y trouve plus le groupe fougueux qui nous avait tant plu en 2004. Depuis leur retour, les 22-20s sont moins incisifs qu'à leurs débuts et les quelques saillies blues-rock manquent sérieusement de nerf. Dans le genre, "Heart And Soul" qui avance au petit trot illustre très bien notre propos, et globalement l'album avance à un train de sénateur. Qu'on se le dise : 22-20s ne sont aujourd'hui plus bons qu'à écrire des ballades introspectives lentes pour faire pleurer dans les chaumières. Pas que ça soit mauvais, mais ce changement de style n'est pas la direction dans laquelle on aurait aimé voir évoluer le groupe. Sans souffle, sans inspiration, l'album n'est pas catastrophique pour autant (on trouvera toujours un ou deux inrockuptibles pour l'aimer). Après l'avoir écouté plusieurs fois pour le chroniquer, on sait pourtant qu'on ne l'écoutera certainement jamais plus.

 

Alors en attendant que le groupe revienne – peut-être – avec des idées neuves, on se contentera de passer les voir en concert s'ils daignent s’arrêter en France et de se repasser nos vieilles galettes avec nostalgie. Les 22-20s sont devenus un groupe à ranger parmi les ex, ceux qu'on écoute une fois par an en se disant "c'était bien" tout en se lamentant de leur état actuel, dans le même rayon que Kings Of Leon, Strokes et autres victimes des années 2010.

 

 

 

 

Tracklisting :

 

01. Bring It Home
02. Pocketful Of Fire
03. White Lines
04. Heart And Soul *
05. Purple Heart
06. Cuts And Bruises
07. Only Way You Know
08. My Creation
09. A Good Thing
10. Little Soldiers
11. Cherry Red
12. Death Wish Fever
13. Pocketful Of Fire

 

 

 

Extrait :

 

"Heart And Soul"

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Published by PlanetGong - dans UK Indie & Britpop
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4 janvier 2012 3 04 /01 /janvier /2012 15:50

The See See - Late Morning Light

The See See -

Late Morning Light  

(Great Pop Supplement ; 2010)


 

Sous ce nom de groupe spécialement choisi pour séduire les bègues se cache un groupe cosmopolite basé à Londres, à la composition fluctuante, et dont les membres principaux sont sans conteste Keith Wood et Richard Olson, qui écrivent la plupart des chansons. Autour d’eux, beaucoup de monde plus ou moins connu : Phil Anderson, ancien membre des Beep Seals (et qui a accompagné JimNoir pendant quelques années); à la batterie et aux percussions, Paulie Cobra et un certain Ben Swank, ancien membre des Soledad Brothers (et actuellement employé à temps plein de Third Man Records). A noter également, la présence au sein de The See See de Pete Greenwood, qui avait signé un bel album de folken 2008 (Sirens). L’histoire de ce disque est relativement complexe : d’abord édité en vinyle en quantité limitée (par GreatPopSupplement) au mois de novembre 2010, Late Morning Light a été réédité quelques mois plus tard, puis fut publié en CD par Dell’orso Records en février 2011.

 

Enregistré et brillamment produit par Sean Read, ce disque présente une musique pop soignée aux harmonies intemporelles, un disque très élégant et inspiré qui devrait séduire les amateurs du genre – ceux qui avaient appréciés les représentants les plus récents de ce genre, The Thrillsou The Shins par exemple. The See See reprend en effet les mêmes ingrédients : des guitares au son très clair, aux suites d’accord ensoleillés (« Keep your head »), un orgue chaleureux (« Little Tease »), une base rythmique qui reste le plus souvent assez paisible mais qui démontre ses qualités sur « Clap Your Hands And Shake Your Chain », morceau quelque peu détonant sur ce disque. Les inspirations du groupe sont diverses, mais restent délibérément ancrées dans la pop classieuse de la deuxième moitié des années soixante (en particulier ses deux groupes majeurs, The Byrds et Buffalo Springfield).

 

Late Morning Light se distingue par une écriture soignée et efficace (« Deceiver Retriever » ; « Late Morning Light » et la magnifique « Keep Your Head »), des chœurs discrets et harmonieux (en « Sha-la-la-la »ou en « Hey-yeah-yeah-yeah », voire en « wha-ha-haaaa »)... Tout est à sa place, et le résultat est remarquable. Le chant se livre sans artifice : à l’image de la musique du groupe, il ne cherche pas à réaliser de prouesses techniques mais s’applique à sonner juste. Le disque s’achève paisiblement sur « That’s My Sign », un nouveau morceau bien maîtrisé sur lequel le groupe dévoile une dernière facette de son talent : la musique est délicate est inspirée, et clôt ce disque de façon parfaite.

 

Bien que ce disque n’ait pas recueilli un grand succès – on parlera tout au plus à son sujet de « succès critique » ou de « succès d’estime » - il n’en est pas moins une très belle réussite ; The See See a annoncé un deuxième album pour le mois d’avril 2012 : nous avons pris date et suivrons de près cette nouvelle sortie. Si le groupe poursuit dans la veine qui était la sienne pour Late Morning Light avec autant d’inspiration, espérons qu’il obtiendra une plus grande réussite populaire.

 

 

 

 

Liste des chansons :

  1. Mary Soul

  2. Tomorrow come today

  3. Deceiver Retriever

  4. Little tease

  5. Keep your head *

  6. It’s true

  7. Powers of ten

  8. Half a man and a horse’s head

  9. And I wonder

  10. Late morning light

  11. Clap your hands and shake a chain

  12. That’s my sign

 

 

 

Vidéo :

 

"Keep Your Head"


 
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31 décembre 2011 6 31 /12 /décembre /2011 09:48

Noel Gallagher's High Flying Birds

Noel Gallagher -

Noel Gallagher's High Flying Birds

(Sour Mash 2011)

 

 

Gallagher Bros, volume 2. Dix mois après la sortie de l'album de Beady Eye, on reste incapable d'en citer le titre d'un seul morceau ou même d'en siffloter la moindre mélodie. Qu'en est-il de l'album solo du grand frère sorti en cette fin d'année ? Notons déjà qu'avant même avoir entendu le moindre morceau les attitudes des deux frangins dénotaient d'une attitude différente. Après les déclarations de guerre et l'arrogance toujours affichée de son frangin, Noël s'était affirmé dans la position du vieux sage isolé qui regarde d'un air amusé l'agitation loin de lui. Alors que Liam tentait de se convaincre qu'il était toujours jeune avec un album désespérément rock'n'roll, Noel prenait son temps. C'était évident, il était prêt pour son album solo, celui de la maturité et du passage de témoin à une nouvelle génération.

 

C'était oublier qu'avant toute chose Noël reste un Gallagher. Ceux qui pensaient qu'il ferait un retour en mode singer-songwriter modeste et dépouillé se sont trompés d'histoire : s'il a du recul (et beaucoup d'humour) quand il parle de ses expériences et albums passés, Noël redevient un gamin dès qu'il s'agit de pondre de la musique. Un lad de Manchester, fier comme un coq, braillard et peu enclin au minimalisme. Fidèle à lui-même tout au long de cet album, Noël Gallagher poursuit ainsi son chemin avec cohérence. Son album solo respire ainsi le classicisme et on retrouve avec plaisir ce qui a toujours fait le sel d'Oasis, ce mélange de ballades pop travaillées et d'esprit rock. Alors bien sûr on est chez Gallagher, donc tout ici est hypertrophié jusqu'à l'écœurement, du nom de groupe ridicule aux arrangements opulents. Noël a parfois la main lourde sur la production (violons, chœurs et échos sur les voix dans "Everybody’s On The Run" dès les premières secondes) et quelques refrains de stade sont parfois fatigants ("Dream On", "I Wanna Live In The Dream") mais son album est excellent… pour quiconque ayant un seuil de tolérance élevé envers l'œuvre d'Oasis.

 

Car s'il ne s'adresse pas spécialement aux fans d'Oasis, cet album n'a de fortes chances de résonner que chez ceux qui suivent le groupe mancunien depuis ses débuts. Qui a envie d'écouter Noel Gallagher en 2011 ? La question mérite d'être posée car, comme toute œuvre qui a marqué une génération, la musique d'Oasis reste associée à une décennie passée, à des souvenirs de jeunesse, à une époque révolue. Definitely Maybe est sorti en 1993, et ceux qui ont aimé Oasis avec passion à leurs débuts sont aujourd'hui trentenaires et probablement nostalgiques de leurs vertes années. On imagine mal l'œuvre de Noel Gallagher intéresser grand monde en dehors de cette tranche d'âge aujourd'hui, un peu comme on a du mal à comprendre les personnes qui achètent les albums solo d'icones flétries du rock (quelqu'un a écouté le dernier étron de Mick Jagger ? quelqu'un a-t-il réussi à écouter jusqu'à la fin un album de Brian Ferry ?).

 

C'est sans doute pour cela qu'on s'imaginait Gallagher prêt à sortir l'album d'ancien, sans doute avec Paul Weller comme modèle. Il y parvient par moments, notamment parce que son sens mélodique est toujours très affuté et que l'album contient de nombreuses ballades pop à l'ancienne ("If I Had A Gun", variation de "Wonderwall", "The Death Of You And Me", "Stop The Clocks"), mais aussi parce qu'il sait toujours trousser une bonne chanson à partir de pas grand-chose ("Dream On", "Soldier Boys And Jesus Freaks"). Des chansons à la recette connue – on reconnaît son écriture dès les premiers accords joués – mais toujours efficaces. Là où Noel se plante un peu par contre, c'est lorsqu'il persiste dans le registre "couilles sur la table" d'Oasis. L'ouverture "Everybody's On The Run" est clairement un morceau taillé pour Liam, tout en emphase et en pose arrogante. Ce style ne suit pas vraiment à Noel qui vise moins juste dès qu'il tente de jouer les gros bras. Son filet de voix ne lui permet pas vraiment, et cela trahit un peu certains tics d'écriture : deux ans après la dissolution de son groupe, et quoiqu'il en dise, Noel continue d'écrire des chansons pour son frère.

 

Son album solo est néanmoins une réussite – pour les fans, parce qu'on a du mal à imaginer ce qu'un môme de 17 ans pourrait trouver d'épiphanique ici – mais il pêche par quelques moments hors-sujet où Noel Gallagher fait de l'Oasis frelaté ("I Wanna Live In The Dream", "Aka … Broken Arrow", "Stranded On The Bad Beach"). Notez que lorsqu'il essaie d'expérimenter des choses sans vraiment y croire, le résultat n'est guère plus probant (pour preuve, "Aka … What A Life!" qu'on dirait tout droit sorti d'un album de Robbie Williams). Bref, Noel entame sa seconde carrière avec un disque plutôt encourageant, même s'il possède toujours un pied dans le passé. De l'Oasis dilué en quelque sorte. Attention ! Ce qui guette le ténébreux songwriter s'il persiste à sortir des albums de cette trempe, c'est que son œuvre solo sans personnalité affirmée ne fera aucun poids face à son glorieux passé. Oasis a fini sa carrière en étant une caricature de lui-même, Noel a aujourd'hui l'occasion de se réinventer, espérons qu'il ne la gâchera pas…

 

 

 

 

 

Tracklisting :

 

1.     Everybody's on the Run
2.     Dream On
3.     If I Had a Gun... *
4.     The Death of You and Me *
5.     (I Wanna Live in a Dream in My) Record Machine
6.     AKA... What a Life!
7.     Soldier Boys and Jesus Freaks
8.     AKA... Broken Arrow
9.     (Stranded On) The Wrong Beach
10.    Stop the Clocks *

 

 

 

 

 

Vidéos :

 

"The Death Of You And Me"

 

"If I Had A Gun"


 

 

 

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29 décembre 2011 4 29 /12 /décembre /2011 07:03

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Cat's Eyes -

Cat’s Eyes

(Polydor ; 2011)

 

 

    Ce disque est le premier album de ce duo formé par Faris Badwan, la tête pensante de The Horrors et par sa compagne Rachel Zeffira, une chanteuse d’opéra canadienne – dont nous ignorions jusqu’à l’existence. Après les deux premiers LP des Horrors (Cat’s Eyes est sorti quelques mois avant Skying), quel allait être le style choisi par Badwan cette fois-ci ? Le duo anglo-canadien livre sur son premier LP une musique pop qui semble être enregistrée pour faire se déchaîner les qualificatifs des apprentis critiques rock.

    Les chansons de ce très court album laissent une place importante à des instrumentations délicates et à la voix subtile de la chanteuse, qui s’accorde assez bien avec le timbre bas et souvent inquiétant de Badwan (« Sooner or later »). On reste cependant, à quelques exceptions près, assez loin des chansons qu’enregistrent depuis quelques années Campbell et Lanegan. Ce disque est aussi l’occasion de trouvailles musicales intéressantes (l’ouverture de « Face in the crowd » et de « I knew it was over », les quelques notes de piano qui troublent pour quelques secondes le rythme de « I’m not stupid »). Dans cet environnement, « Bandit » démarre de façon surprenante, et possède une instrumentation plus riche que la plupart des morceaux précédents, et son ambiance de B.O. de western-spaghetti est un des moments marquants de l’album. Plus loin, « Sooner or later » a une ambiance très sombre, qui s’achève sur un passage ressemblant à une comptine lugubre. Certes, Cat’s Eyes a quelques moments faibles (des morceaux comme « Over you » et « The Lull »), mais le reste de l’album a largement de quoi contrebalancer ses faiblesses : la chanson-titre, qui ouvre le disque, est ainsi une indiscutable réussite.  

    Selon votre humeur, il est probable que vous accueillerez ce disque de façon très différente : Cat’s Eyes est un disque parfait pour un réveil difficile au cours d’une matinée oisive (s’il y a du brouillard, c’est encore mieux). Honnêtement, si l’on ne s’imagine pas aller voir le groupe en concert (spécialement en France) le disque est harmonieux, et possède assez de bons morceaux pour se différencier de ses contemporains.

    Vous l’aurez compris (à moins de lire seulement les quatre dernières lignes des articles), Cat’s Eyes n’est pas le meilleur disque de l’année, mais reste un album plus que correct, qui montre que Badwan n’a pas fini de surprendre ses admirateurs. Pour le meilleur et pour le pire, l’année 2011 a fait de lui la figure centrale de la pop-indie britannique.

 

 

 

 

 

Liste des chansons :

1.    Cat’s Eyes *
2.    The Best person I know
3.    I’m not stupid
4.    Face in the crowd *
5.    Not a friend
6.    Bandit
7.    Sooner or later *
8.    The Lull
9.    Over you
10.    I knew it was over

 

 

 

 

Vidéo :

 

"Face In The Crowd"


 

"I Knew It Was Over" (enregistré au Vatican)


 
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17 novembre 2011 4 17 /11 /novembre /2011 22:12

Kasabian - Velociraptor!Kasabian -
Velociraptor!

(Sony 2011)

 

 

Deux ans après le succès de West Ryder Pauper Asylum qui les a propulsé parmi les grands groupes populaires de leur génération en Grande-Bretagne, Kasabian reviennent avec leur formule qui commence à s'étioler au fur et à mesure que les albums s'empilent et que l'inspiration de Serge Pizzorno s'érode. Si leur musique n'a plus rien d'imprévisible après quatre albums, Kasabian ne manquent pas pour autant d'ambition. Le groupe, désireux de toujours se surpasser par rapport à l'album précédent, tente le pari délicat de changer les choses, mais pas trop. D'aller de l'avant, mais sans oublier d'où il vient. En politique on appelle ça "la rupture tranquille". En musique on dit "l'album de la maturité"

 

Alors, que vaut un Kasabian mature ? A-t-on vraiment envie de voir le chanteur à l'attitude d'éternel collégien Tom Meighan se ranger des voitures ? Il n'y a en réalité aucun risque que cela ne se produise. Arrivé à un tel niveau de popularité, les groupes se trouvent toujours dans la situation délicate d'avoir à gérer leurs acquis et perpétuer ce qu'ils représentent. En gros, le groupe est aujourd'hui condamné à s'auto-parodier sans le laisser paraître. Kasabian a le bénéfice de posséder une image vaguement avant-gardiste (parce qu'il utilise des instruments du futur, voyez) et peut ainsi froisser un peu son public en prenant des directions audacieuses (à l'image de ces titres de dance-floor que contenait l'album précédent West Ryder Pauper Asylum), mais là où le bât blesse, ce que tout groupe qui se vante d'avoir une attitude rock'n'roll ne peut que sombrer dans la caricature une fois fortune faite. Difficile de péter dans la soie et de la jouer cinglé sur scène de façon convaincante (quiconque réfutant cette affirmation est invité à chercher les mots clefs "steven tyler hawaii jet-ski" sur Google). Kasabian – pas décidé à risquer le suicide commercial en sortant un album vraiment audacieux – n'a ainsi d'autre choix que de continuer à calquer son attitude sur Oasis, modèles du genre en termes de pérennisation d'image authentique northern AOC et de brossage du public dans le sens du poil.

 

Le fond de commerce de Kasabian, cette formule que le groupe vend à ses fans depuis toujours, c'est un son rock puissant teinté d'électronique, des gros refrains mémorisables et une attitude frondeuse de lads de Leicester. Ce cahier des charges est parfaitement tenu dans Velociraptor! qui puise son inspiration parmi les meilleurs moments du répertoire de Kasabian et fait la synthèse de tous les albums précédents du groupe avec une précision étonnante. Nombre de morceaux paraissent déjà entendus, mais – et c'est là le talent de Pizzorno – on arrive à se faire attraper par plusieurs d'entre eux malgré soi. On sait que c'est du réchauffé, mais un réflexe pavlovien nous fait apprécier cette recette déjà goûtée. Comme chez Oasis, encore.

 

Sur Velociraptor!, on se surprend ainsi à siffler l'ouverture "Let's Roll Just Like We Used To" malgré sa production un peu lourde (violons et trompettes se renvoient la balle) ou à dodeliner de la tête sur la déferlante de décibels de "Vélociraptor". Rien de neuf dans tout cela, mais c'est plutôt bien fait, et assez nerveux pour remuer l'auditeur. Le vrai beau moment de l'album néanmoins donne dans un registre tout différent et se nomme "La Fee Verte", chanson mélancolique où une mélodie insaisissable se déroule comme une évidence.

 

Parfois, le recours systématique aux vieilles ficelles se fait trop apparent, notamment sur "Days Are Forgotten" qui ressemble décidément à "Processed Beats" et s'égare dans un refrain braillard qui annihile son charme. Idem pour "Acid Turkish Bath" qui évoque tellement de titres qu'on a la flemme  de les énumérer. Autre souci, les ballades. La mélodie peut être plaisante, on a du mal à visualiser Tom Meighan en chanteur romantique dans "Goodbye Kiss". Nul doute qu'un chanteur un peu plus suave ou plus subtil aurait su en faire une vraie chanson fragile et délicate. Meighan joue dans le registre du rock'n'roll animal – ce qu'il tente sans cesse de valider à grands coups de déclarations impétueuses telles que "My soul you can have it 'cause it don't mean shit, I'd sell it to the devil for another a hit" ("I Hear Voices) – et sa difficulté à sortir de ce rôle (qu'il tient à merveille, il faut avouer) témoigne du peu de perspectives qui s'offre à Kasabian en termes d'évolution.

 

Comme chez Oasis une fois de plus, ce sont aussi les limites du frontman qui maintiennent le groupe dans un statu quo sclérosant. Le fait que "Neon Neon", excellent morceau loin des canons de Kasabian où guitares acoustiques et amusantes sonorités synthétiques se mêlent, figure parmi les meilleurs moments de cet album intrigue. Car au final, les morceaux qu'on préfère de Velociraptor! sont ceux chantés par Pizzorno et qui s'écartent des codes du groupe. Autrement, on s'ennuie gentiment, et on se demande si Kasabian dans cette formation bicéphale ne sont pas arrivés au bout de leurs idées. Sur Velociraptor! il parviennent encore à les recycler habilement, mais on doute que l'illusion dure longtemps.

 

 

 

 

Tracklisting :

 

    1    Let's Roll Just like We Used To *
    2    Days Are Forgotten
    3    Goodbye Kiss
    4    La Fee Verte *
    5    Velociraptor!
    6    Acid Turkish Bath (Shelter from the Storm)
    7    I Hear Voices
    8    Re-Wired
    9    Man of Simple Pleasures
    10    Switchblade Smiles
    11    Neon Noon *

 

 

 

 

Vidéos :

 

"Days Are Forgotten"


 

"Velociraptor" (live)


 

"Switchblade Smiles"


 

 

 

 

 

Vinyle :

 

Kasabian

 

 

 

 

 

 

Kasabian : tous les disques chroniqués sur PlanetGong

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8 octobre 2011 6 08 /10 /octobre /2011 17:18

The Horrors - Skying

The Horrors -
Skying
(XL 2011)

 

 

S'il est bien un groupe insaisissable et difficile à cerner dans la scène rock actuelle, c'est bien The Horrors. Depuis leurs tonitruants débuts sous forme d'un monster-show garage, la troupe de Faris Badwan a entamé une mue d'autant plus étonnante qu'elle les a vu opérer une relecture personnelle de tout ce qui s'est fait ne matière de rock depuis 40 ans. Strange House avait les deux pieds dans les années 60 et montrait un groupe qui se plaçait dans l'héritage de Screaming Lord Sutch et des productions de Joe Meek. Primary Colours marquait un tournant vers des sonorités électroniques, et le groupe jouait une musique aérienne, impalpable, marquée autant par le kraut hypnotique de Neu! que par le shoegaze du début des années 90.

 

Avec Skying, The Horrors s'attaquent à une décennie et à des sonorités honnies de tous les tastemakers les plus arrogants et snobs. En revisitant les années 80 par la face Simple Minds, The Horrors prennent un risque artistique encore plus vertigineux que lorsqu'ils ont troqué leurs guitares Phantom pour des séquenceurs en 2009. Le résultat, évidemment, ne peut plaire à toutes les oreilles : le public a adoubé cet album (n°1 des ventes en Angleterre), mais les critiques sont restées sur leur réserve. On les comprend. Skyin' est un album dans lequel il faut un certain temps pour entrer, et dont la vitesse de croisière si peu rock'n'roll déconcerte au premier abord.

 

En plaçant deux morceaux lents en ouverture, The Horrors ont fait en sorte de désarçonner les auditeurs non préparés. Un coup malin, mais à double tranchant : "Changing The Rain" avec ses nappes de synthés et sa rythmique vrombissante convainc par son étrangeté et son audace. A l'inverse, "You Said" ne parvient pas à capitaliser sur l'effet de surprise. Ce morceau long et laborieux fait craindre le pire concernant la suite de l'album, d'autant que les sonorités qui le traversent sont souvent horripilantes.

 

Heureusement, les choses s'accélèrent dès les morceaux suivants, qui viennent donner de la profondeur et de l'énergie à l'album. Les bons morceaux se font alors légion : "I Can See Through You", nerveux et stratosphérique, le post-punk de '"Endless Blue" qui évoque Interpol, la superbe "Dive In" où la voix de Faris Badwan envoûte, bien servie par une mélodie accrocheuse, le kraut emballant de "Moving Further Away", la pop atmosphérique de "Oceans Burning". Et le son me direz-vous ? Très bon, merci. Malgré leur usage forcené de synthétiseurs estampillés 80s, The Horreurs parviennent à ne pas tomber dans la mélasse. La grâce en soit rendue à leur section rythmique, impeccable d'un bout à l'autre de l'album. Sèche, dépourvue d'effets, jamais la batterie ne sonne comme dans les terrifiants morceaux 80s des compilations de mariage. Au cœur de tous les morceaux, la basse de Rhys Webb tient l'édifice avec un certain à-propos. Ici réside la formule gagnante de Skying : sans rythmique à la hauteur, inutile de tenter quelconque expérimentation. Si on arrive à écouter "Still Life" sans grincer des dents pendant les descentes de clavier ou les trompettes, c'est avant tout parce que le groupe est solide et qu'il a su rester intransigeant sur les bases de sa musique. Sébastien Tellier avait enregistré son premier album sans batteur, car il savait qu'un mauvais son de batterie pouvait couler un album. Conscients de ce fait, The Horrors n'ont pas embourbé leur rythmique dans les artifices synthétiques, pour le bénéfice de l'album.

 

Ambitieux, riche, irritant, usant par moments, mais souvent passionnant Skying est l'album le plus dérangeant de l'année 2011. Selon l'humeur, on peu le trouver trop mou ou sur-produit, tout comme on ne peut que s'agenouiller devant sa flamboyance et sa créativité à d'autres moments. On ne sait dans quelle direction vont partir les Horrors pour leur prochaine étape – à vrai dire on craint le pire – mais dans son incarnation actuelle, le groupe est toujours extrêmement convaincant et parvient encore à surprendre. Un véritable tour de force ces jours-ci.

 

 

 

 

Tracklisting :

  1. Changing the Rain
  2. You Said
  3. I Can See Through You *
  4. Endless Blue
  5. Dive In
  6. Still Life
  7. Wild Eyed
  8. Moving Further Away *
  9. Monica Gems
  10. Oceans Burning *

 

 

 

Vidéos :

 

"Still Life"


 

"I Can See Through You"


 

"Monica Gems"


 

 

 

 

Vinyle :

 

The Horrors - Skying

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30 septembre 2011 5 30 /09 /septembre /2011 16:02

Wild Billy Childish & The Spartan Dreggs - Forensic R'n'B

 The Spartan Dreggs -

Forensic R'n'B

(Damaged Goods Records  ; 2011)

 

 

    La dernière fois que furent évoquées sur PlanetGong la personne et l’œuvre de Billy Childish, c’était pour évoquer la création de son nouveau groupe, les Vermin Poets, et la sortie de leur premier album, l’excellent Poets of England. Un an plus tard, Billy Childish est de retour avec un nouvel album… et un nouveau groupe, The Spartan Dreggs (dont le nom reprend celui de la première chanson de Poets of England . A peine le temps de s’interroger sur les raisons qui ont pu conduire à se séparer de ses précédents complices, de lancer le disque et d’aller faire un tour sur le site de Damaged Records, et l’on est rassuré… Pour des raisons qui restent inconnues, Childish a décidé de ne modifier que le nom de son groupe : la composition des Spartan Dreggs est en effet exactement la même que celle des Vermin Poets.

 

    Quoi qu’il en soit, le changement de nom ne peut pas être justifié par un virage stylistique ; la musique reste dans le genre cher à Childish, celui du beat anglais mâtiné de punk. S’il paraît moins immédiatement frappant que Poets of England, ce Forensic R’n’B propose tout de même quelques nouvelles pistes remarquables (« Pegasus Bridge », « A Dismembered Book of Myself »). Palmer confirme sa position de parfait chanteur rock’n’roll : le timbre de sa voix, sa diction et son accent le placent dans la catégorie des grands ; la façon dont sa voix se brise lorsqu’elle atteint ses limites, avant de relancer la ligne suivante sans la moindre hésitation, a quelque chose de merveilleux. Les Spartans Dreggs ont en outre le mérite de présenter le monde avec une simplicité évidente ; leurs morceaux sont d’un bloc, qui s’incrustent peu à peu dans l’esprit de l’auditeur.

 

    Ainsi, écoute après écoute, les morceaux, qui semblaient des éléments presque indissociables, prennent un relief nouveau et une certaine autonomie : « The Fighting tameraire » et ses chœurs enlevés, le tube de l’album « Are you a wally? (or are you a smooth?) », l’intro déglinguée de « Intertidal Marschland » ou encore la dernière chanson du disque, « Paeleo Punk » qui s’appuie sur un riff de guitare marquant. Ce « premier album » des Spartan Dreggs mérite le détour : Billy Childish est toujours debout, et fait le boulot.

 

 

 

 

 

Liste des chansons : 

  1. Forensic R’n’B
  2. The Ocean River Runs Around The Edge
  3. Tower Block
  4. And Darkness Engulfed his eyes *
  5. The Physics Of Blown Sand & Desert Dunes
  6. The Fighting tameraire *
  7. Our strange power of speech
  8. Intertidal Marshland
  9. The Charcoal Burners Lament
  10. Pegasus Bridge
  11. A Dismembered Book of Myself *
  12. Scout-A-Boo
  13. Are you a Wally? (or are you a smooth?) *
  14. Paeleo Punk

Plus d'infos sur le site de Damaged Goods, où on peut acheter l'album  sous différentes formes : en 33 tours, ou dans son format originel, en une succession de singles 45 tours (les morceaux de Spartan Dreggs ont d'abord été publiés en singles mensuels).

 

 

 

 

Video :

 

"Forensic R'n'B"


 

"Tower Block"


 
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20 septembre 2011 2 20 /09 /septembre /2011 08:46

Miles Kane - Colour Of The Trap

Miles Kane -
Colour Of The Trap

(Columbia 2011)

 

Dans le désert artistique que représente aujourd'hui la scène rock'n'roll britannique, tous les espoirs semblent aujourd'hui se porter vers Miles Kane. Propulsé sauveur du rock anglais par la presse locale, l'ex-leader des Rascals qui a connu une immense popularité en étant la moitié des Last Shadow Puppets a sorti son premier album solo peu avant l'été, dans un concert de louanges.

 

Sur la forme c'est parfait : Kane est un jeune scouser à la classe McCartneyenne qui chante des chansons pop accessibles au plus grand nombre, inspirées du rock des années 60 et 70. Sur le fond il n'y a pas grand-chose à reprocher au chanteur / guitariste, si ce n'est une production parfois un peu agaçante (les chœurs féminins étaient-ils vraiment nécéssaires ?) et quelques gimmicks un peu faciles (les tralalas de "Quicksand" étaient évitables, tout comme l'intro à la mandoline de "Take From The Night", amusante mais au-delà du cliché).

 

Colour Of The Trap est un album riche et varié, dans lequel on se réjouit de constater que le Miles Kane agressif des premiers EP des Rascals n'est pas encore tout à fait mort. "Inhaler" – dont le riff et une partie de la mélodie sont empruntés à "Mother Nature Father Earth" de The Music Machine – le démontre pendant trois minutes de pur bonheur. Malheureusement pour les amateurs de rock garage, cette facette de Kane n'est que très peu présente dans l'album. Colours Of The Trap est avant tout composé de mélodies pop, parfois agréables ("Colour Of The Trap", "My Fantasy", ballade à la Marc Bolan), parfois fatigantes ("Rearrange", "Quicksand") et de quelques grooves vaguement inspirées du glam-rock des années 70 mais diablement efficaces ("Come Closer").

 

Tiraillé entre différents styles, Kane ne semble pas toujours savoir dans quelle direction il veut aller, ce qui finit par nuire à la qualité globale de l'album. Débarrassée de ses violons aussi inutiles que racoleurs, "Rearrange" aurait pu être un meilleur morceau (les versions live épurées en témoignent), tout comme "My Fantasy". Un peu hors de propos dans cet album, "Better Left Invisible" est un artéfact des Rascals qui détonne au milieu des chansons sucrées qui l'entourent.

 

Heureusement pour lui, le chanteur garde une étonnante capacité à composer des mélodies catchy qui s'insinuent dans le cerveau des auditeurs. C'est ce qui sauve l'album de l'ennui alors qu'on est parfois prêt à passer à autre chose. On espère que la suite sera plus cohérente, plus enthousiaste, plus rock'n'roll peut-être, car si cet album représente l'avenir du rock anglais comme le clame le NME, la décennie à venir s'annonce lénifiante.

 

 

 

 

 

Tracklisting :

 

1.    Come Closer *      
2.    Rearrange                
3.    My Fantasy                
4.    Counting Down The Days                
5.    Invisible                
7.    Inhaler *                
6.    Quicksand                
10.    Telepathy                
8.    Kingcrawler                
9.    Take The Night                
11.    Happenstance                
12.    Colour of The Trap

 

 

 

 

 

Vidéos :

 

"Inhaler"


 

"Rearrange"


 

"Come Closer"


 
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