7 février 2011 1 07 /02 /février /2011 18:56
Desolation Row Vol.4,5
(juillet– décembre 2010)
 

 

La première partie de cette ambitieuse liste (que personne ne se rappellera sans en trembler d’horreur) nous avait permis de passer en revue quelques-uns des pires albums sortis cette année par de vieilles barbes, par des vétérans plus ou moins glorieux de l’aventure rock’n’roll, et par Bernard Lavilliers (pour des raisons qui demeurent inexpliquées).

 

Il ne faudrait cependant taxer PlanetGong d’un anti-troisième-âgisme primaire. Ce serait une erreur de penser que nous aurions oublié une triste réalité : la plupart des disques publiés par de soi-disant nouveaux artistes sont très mauvais, et que les artistes annoncés comme porteurs d’un quelconque « renouveau du rock » ne sont le plus souvent rien d’autres que des produits survendus et désespérément vides.

 

 

Episode 2 The young dirty bastards


 

Arcade Fire

Arcade Fire The Suburbs

Au moment où on écrit ces lignes, cet album figure au sommet des tops albums 2010 dans tous les magazines/sites web/organes de presse cherchant à "capter l'air du temps". Comme ses deux prédécesseurs, The Suburbs est célébré de toutes parts, et comme ses prédécesseurs, The Suburbs nous ennuie au plus au point. Pas de snobisme  chez nous ou de tentative de rechercher le contre-pied à tout prix : on l'a écouté jusqu'à l'écoeurement (et on a bien mis un mois à s'en remettre). En dehors de quelques morceaux bien écrits (dont le titre éponyme, superbe), la pop ronflante des canadiens nous assomme avec ses arrangements pesants et ce chant braillard insupportable. Encore un qu'on n'a pas compris...

 

 Belle & Sebastian

Belle & Sebastian  Write About Love

La carrière de Belle & Sebastian est faite de hauts et de bas. Leurs trois premiers albums ont fait d'eux un des groupes majeurs de la scène indé britannique, avant un premier passage à vide au tournant du siècle (période coïncidant avec le départ d'Isobel Campbell). Un changement de label et une approche plus audacieuse avait permis au groupe de revenir en grâce en 2002 avec Dear Catastrophe Waitress, dernier vrai bon album du groupe. On en dira pas autant de Write About Love, album plastique à la production saccharinée au-delà du raisonnable, à l'ambiance easy-listening gluante, aux mélodies laborieuses et où Nora Jones vient cachetonner l'espace de quelques morceaux (ne riez pas, ses passages sont les meilleurs de l'album). On a du mal à croire que le groupe qui joue ici est celui qui interprétait "The State I'm In" il y a 15 ans.

 

Black Mountain

Black Mountain Wilderness Heart

Qu’est-il arrivé aux Canadiens de Black Mountain depuis la sortie de leur précédent album, In The Future (sorti en 2008) ? La réponse est malheureusement classique : l’inspiration s’est tarie, et le groupe tente de faire comme si de rien n’était, et enregistre toujours de grandes pistes à l’instrumentation luxuriante, entrecoupées de ballades (« Radian Hearts », « Buried by the Blues », « The Space of your Mind »). Le groupe a perdu la formule qui faisait de ses précédents morceaux des aventures sonores passionnantes qui puisaient allègrement leur inspiration ce que le son du début des années 1970 avait donné de meilleur. Le problème est que, dans le cas des musiques ambitieuses comme celle que prétend jouer Black Mountain, la longueur des morceaux et la débauche d’énergie et de moyens rendent plus douloureuse encore la pauvreté mélodique (« Let Spirits Ride »). Wilderness Heart n’est pas un disque ignoble, mais il n’en reste pas moins largement inutile.

 

 Eels

Eels Tomorrow Morning

En publiant son troisième album en moins d'un an avec Tomorrow Morning, E a fini par avoir la peau de ses fans les plus ardents qui peinent aujourd'hui à le suivre dans son misérabilisme pop. Aux thèmes récurrents de la solitude et du désamour, E ajoute désormais une écriture formulaïque dénuée de surprises. Les mélodies sont attendues ("Spectacular Girl"), "After The Earthquake"), et à l'exception de quelques synthés aussi hideux qu'inédits, tout ici a déjà été entendu – en mieux – dans l'œuvre du barbu misanthrope. 

 

 Fistful Of Mercy

Fistful Of Mercy As I Call You Down

Au gré d'une invitation, on a eu le malheur de les voir donner un concert affligeant de vacuité en fin d'année 2010. Fistful Of Mercy est un "super groupe" formé du folkeux Joseph Arthur, de l'icône bobo Ben Harper et du clone de son père Dhani Harrison. Sans doute influencés par une soirée arrosée à écouter America en surfant sur le forum PlanetGong, ces trois comparses ont décidé de composer et d'enregistrer un album en trois jours. A l'issue de cette énorme biture, neuf morceaux dont le monde n'avait pas vraiment besoin ont été couchés sur bandes et on révélé l'horrible réalité de ces séances : sur fond de guitares espagnoles et d'harmonies mollassonnes, le trio tente de lancer un revival soft-rock avec pour objectif de conquérir le monde en commençant par les ménagères de moins de 50 ans. Le projet de folk-rock harmonique à la Crosby, Stills & Nash s'apparente plus à un concours de gémissements qu'à un véritable groupe. Un morceau s'intitule "I Don't Want To Waste Your Time". Quelle blague.

 

 Brandon Flowers - Flamingo

Brandon Flowers Flamingo 

Pour ceux qui auraient la chance de ne pas connaître ce nom, Brandon Flowers est le chanteur des Killers. Pour ceux qui auraient le bonheur de ne pas connaître ce groupe, les Killers sont un de ces groupes hideux qui perpétuent la tradition du lyrisme bon marché, de la pop racoleuse à violons, de l’utilisation outrancière du falsetto, de la batterie synthétisée affligeante. Il va de soi qu’une telle combinaison est entourée d’une production savante et d’un appareil promotionnel qui assurent une couverture médiatique délirante. Lorsque le chanteur de ce groupe sort son premier album solo, on s’attend au pire : on est en-deçà de la réalité. Quatorze pistes et près d’une heure de soupe sonore qui fatiguerait un sourd. Difficile de sortir une piste de ce disque, tant le niveau est uniformément bas ici… Peut-être « Jitted Lovers & Broken Hearts », qui semble encore plus remarquablement moche que les morceaux qui l’entourent.

 

 Interpol

Interpol Interpol 

Il y a neuf ans, le groupe new-yorkais de Paul Banks faisait sensation au milieu de la vague rock’n’roll en proposant une musique largement influencée par le mouvement post-punk, en particulier par Joy Division, qui semble avoir été le seul dont disposait Interpol au moment de l’enregistrement de Turn On The Bright Lights. Ce premier album avait déjà largement divisé les opinions quant à sa pertinence et son inspiration, mais avait été des plus grands succès de la scène rock de 2002. Cette année, alors qu’Interpol sort son quatrième album et que la vague de hype est redescendue, que reste-t-il à sauver du groupe ? Malheureusement, pas grand-chose : les synthétiseurs se multiplient (« Memory Serves »), les instrumentations changent (« Summer Well »), mais sans faire oublier l’absence d’un seul morceau marquant. L’écoute d’Interpol est encore plus monotone et pénible qu’on ne le craignait. Ultime déception, l’annonce du départ du charismatique Carlos Dengler, bassiste à la mèche aussi stricte que ses costumes de scène, a été officialisée peu après l’enregistrement de cet album.

 

LCD Soundsystem

LCD Soundsystem This Is Happening 

Le groupe LCD Soundsystem a cette année sorti son troisième album, qu'il a présenté comme le dernier de sa discographie. Si nous n’avions pas évoqué ce groupe sur PlanetGong, c’est qu’il ne peut pas précisément être classé dans la catégorie rock’n’roll. Cette formation joue de la musique électronique avant tout, et leurs deux précédents albums, LCD Soundsystem et Sound of Silver étaient inspirés et contenaient de vrais bons morceaux. Sur ce nouveau disque, le groupe montre qu’il est toujours capable de surprendre et de jouer de la musique intéressante aux influences krautrock rassurantes (l’intro de « Dance Yrself Clean », celle de « One Touch »), mais la formule semble usée et ce This Is Happening souffre d’un cruel manque d’inspiration : difficile d’écouter l’intégralité de cet album sans soupirer… A l’image de plusieurs de ses pistes (« Pow Pow », «You wanted a hit », « Someone is calling me » par exemple), This Is Happening est trop long et constitue le premier raté dans la carrière d’un groupe qui nous avait habitué à mieux.

 

Surfer Blood

Surfer Blood Astro Coast 

Parmi les dizaines de groupes lo-fi qui ont sorti un album en 2010, Surfer Blood est celui qu'un grand label vient de signer (Warner en l'occurence). Pas de surprise à cela : si l'emballage est lo-fi, les morceaux du groupe semblent taillés pour les stades. "Swim" et son riff à la "Sweet Jane", "Take It Easy" avec ses rythmes crétins à la Vampire Weekend, "Twin Peaks" et son refrain braillard en mode quiet/loud. Rien de foncièrement mauvais mais rien de passionnant non plus : la plupart des morceaux de Surfer Blood sont assez inoffensifs pour passer sur les ondes et les plateaux télé. On a entendu tellement mieux cette année qu'on passera notre tour poliment. Cet album a le mérite de rappeler quelques évidences  qu'on aurait pu oublier  : 1. un son lo-fi n'est pas forcément gage de qualité. 2. on finit par se lasser de la reverb.

 

Syd Matters

Syd Matters Brotherocean 

2010 fut l’année du quatrième album du groupe français Syd Matters, qui avait publié avec A Whisper And A Sigh un premier disque prometteur (en 2003). Quelques années plus tard, il n’est pas particulièrement agréable de constater que ce groupe n’a pas su dépasser le statut d’espoir, ni confirmer les possibilités que son premier album laissait entrevoir. Le style de prédilection de Syd Matters, la pop contemplative semi-acoustique, est un exercice excessivement difficile : comme c’est le cas pour la plupart des groupes au fil des années, l’inventivité et la pertinence des morceaux semblent s’être peu à peu estompées. Brotherocean n’a rien de honteux, mais souffre toutefois d’un manque d’inspiration global : les pistes forment un ensemble ouaté, un fond sonore qui peut accompagner n’importe quelle activité quotidienne, mais qui passe mal le test d’une écoute attentive ; les chœurs soignés et la maîtrise de production n’ont jamais suffi pour faire un grand album, et qu’en ce qui nous concerne, Brotherocean est l’exemple archétypal d’un disque moyen, bien réalisé, qui s’écoute sans déplaisir, mais qui sera malheureusement rapidement oublié.

   

 

 

Petit condensé des albums chroniqués plus haut :

Pour voir les autres volumes de la Desolation Row, c'est ici que ça se passe :
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28 décembre 2010 2 28 /12 /décembre /2010 13:53
Desolation Row Vol.4
(juillet– décembre 2010)
 

 

La fin du mois de décembre 2010 approchant, la rédaction de PlanetGong s’est réunie pour s’acquitter d’une tâche d’autorité publique, l’établissement d’une liste de mauvais disques de l’année (pour 2011, un partenariat avec le ministère du bon goût est d’ores et déjà à l’étude).

 

    Concédons-le : la répartition des disques à chroniquer fut un exercice fort amusant… Quelques noms que l’on croyait définitivement enfouis sous la poussière du temps, d’autres dont la seule évocation semblait une plaisanterie. La seconde partie du contrat fut en revanche nettement plus difficile à honorer. La liste ci-après est en effet l’une des plus effrayantes qui aient jamais été faites sur PlanetGong : pas moins de dix-huit disques composent le livre IV de la Desolation Row, justifiant sa publication en deux étapes. Tremblez bourgeois, manants, et gueux, fermez vos portes à double tour et mettez ceux que vous aimez en lieu sûr, car voici la première partie du volet le plus terrible à ce jour de la Desolation Row. Âmes sensibles et esprits chagrins s’abstenir.

 

 

 

 

Episode 1 – Le retour des morts-vivants


A toutes celles et tous ceux qui, admirateurs ou non des artistes ci-dessous, auraient en tête quelques-unes de leurs productions passées, voici quelques précisions liminaires. Il n’y a rien de glorieux, d’aventureux ou de remarquable à enregistrer un disque, en particulier lorsque l’on est un artiste reconnu. La plupart du temps, il s’agit d’entretenir l’intérêt d’un public déjà acquis, et de renflouer les caisses. Lorsque ces disques sont vantés avant même d’être écoutés, au nom d’un respect plus ou moins légitimé par les œuvres précédentes de leurs auteurs, l’aspect commercial de l’entreprise éclate d’une clarté douloureuse. PlanetGong vous encourage à exercer votre sens critique et à rehausser vos exigences.

 

 

Clapton

Eric ClaptonClapton

Qu'attend-on en 2010 d'un album d'Eric Clapton ? Existe-t-il encore des morceaux du répertoire du blues du début du 20ème siècle qu'il n'a pas perverti ? Chaque nouvel album apporte son lot de reprises inutiles, comme si le guitariste préféré des séxagénaires se faisait un devoir de rendre la musique des pionniers compatibles aux salons de thé et aux comédies romantiques hollywoodiennes. Nul doute que Clapton a un amour profond pour cette musique, mais par pitié, qu'il cesse de sortir des albums de reprises. Le pire dans l'histoire, c'est que ce disque est plutôt bien produit et qu'il possède un son très correct (ce qui n'a pas toujours été le cas dans la discographie de Clapton). Cela ne remet pas en cause le fait qu'on s'y ennuie ferme et que le train de sénateur adopté par Clapton y est sans doute pour quelque chose. Outre la douzaine de blues sans âme, l'album contient une reprise en anglais des "Feuilles Mortes", mètre-étalon des artistes vieillissants à court d'inspiration.

 Ray Davies - See My Friends

Ray Davies  See My Friends

Ray Davies est un génie, c’est entendu. Sa qualité d’écriture et de composition est l’une des plus marquantes de l’histoire de la musique pop du XXe siècle, et les Kinks sont un groupe dont l’influence indispensable ne sera jamais trop répétée. Cela étant posé, l’intérêt d’un disque de reprises de chansons écrites par Ray Davies n’est pas évident : Ray Davies réinterprète lui-même quelques-uns de ses morceaux, accompagné de ses nouveaux "amis", le tout avec la bénédiction d’Universal. Alors qu’un rapide coup d’œil à la liste de chansons permet de constater l’absence de morceaux géniaux, l’écoute de ce disque est un exercice de masochisme fortement déconseillé : il commence avec une version de « Better Things » enregistrée avec Bruce Springsteen (qui est malheureusement venu avec son groupe au son infâme). Deuxième piste, « Celluloid Heroes », avec… Jon Bon Jovi et Richie Sambora,dont j’ai appris le nom, mais qui a déjà sévi en tant que guitariste au sein du groupe (justement honni) Bon Jovi. La relecture de « You Really Got Me » de Metallica tente de rester proche de la version originale : évidemment, quand on porte des pantalons comme ceux de membres de Metallica, il faut absolument prouver sa virilité par tous les moyens possibles : la batterie est donc plus agressive, le solo de guitare plus long, le chant plus braillard, et la chanson beaucoup moins bonne que la version des Kinks. La présence sur See My Friends de noms plus estimés (Alex Chilton, Black Francis) n’apporte rien d’intéressant ; celui qui s’en tire le mieux reste le géant belge Arno, dont le chant répond à celui de Davies sur « Moments ».

Bryan Ferry - Olympia

Bryan Ferry Olympia 

A l'inverse des autres croulants de la sélection ci-présente, Bryan Ferry essaie encore d'aller de l'avant avec son dernier album. Pour ce faire, il s'est associé à une cohorte de jeunes talents prometteurs : David Gilmour, Brian Eno, Phil Manzanera, Dave Stewart d'Eurythmics, Nile Rodgers de Chic… qu'il a encadré des artistes les plus avant-gardistes des années 2000, j'ai nommé les Scissor Sisters et Flea des Red Hot Chili Peppers (qui semble avoir un contrat l'obligeant à jouer sur tous les albums où le mot "featuring" apparait). De cette dream team naît un album synthétique presque new age qui n'a pour seul mérite que d'être composé de morceaux originaux : au moins Ferry n'y massacre aucun classique comme sur ses précédents albums (le souvenir de Dylanesque nous hante encore). 

 Bernard Lavilliers

Bernard Lavilliers
Causes perdues et musiques tropicales

Si certains se demandent encore ce qu’est le rock’n’roll, nous pouvons affirmer ceci afin de faire progresser le débat : le rock’n’roll, ce n’est pas Bernard Lavilliers. Nous pourrions également évoquer la qualité de ses textes et son pauvre intérêt poétique, mais ce point-là n’est pas le nôtre. Le point important est que Lavilliers est devenu un produit caractéristique de son époque, qui l’a vu être influencé par de nombreux styles musicaux, depuis la chanson réaliste jusqu’aux ignobles variétés world-music aux condescendants accents tiers-mondistes. Nous ne savons rien de l’hypothétique sincérité du chanteur forézien ; en revanche, nous savons que l’écoute de son nouvel album nous fut d’un mortel ennui. La voix profonde de Lavilliers se promène sur des rythmiques exotiques et des accompagnements chaloupés, pour un résultat aussi dépaysant et instructif qu’un séjour tout confort dans Club Méd au bout du monde. A écouter cependant, « Je cours », un grand n’importe quoi de quatre minutes et demie sur lequel l’aventurier en marcel scande (avec une conviction à peine caricaturale) ses paroles, accompagné d’une musique funky pleine de cuivres.

 Santana – Guitar Heaven...

Santana

Guitar Heaven : The Greatest Guitar Classics Of All Time

L'année 2010 aura été particulièrement funeste en matière de disparition rock stars. Du coup les maisons de disques paniquent et cherchent à capitaliser à tout prix sur les derniers grands noms encore en activité en sortant des compilations qui n'ont comme seul intérêt qu'à alimenter le tiroir-caisse. A l'instar de Ray Davies, Santana est ainsi sorti de sa pré-retraite sous l'impulsion de son label qui l'a placé en studio avec des loups plus ou moins jeunes avec comme projet de reprendre les "greatest guitar classics of all time". Le résultat est conforme à nos attentes : un groupe de session-men gros-cul associés à une horde de chanteurs beuglards autotunés livrent un karaoke d'une médiocrité à toute épreuve. De "In-A-Gadda-Da-Vidda" à "Sunshine Of Your Love" et "Smoke On The Water", tous les morceaux sont vidés de leur substance avec une redoutable efficacité. La palme revient à "While My Guitar Gently Weeps" violé par une paire de chanteuses RnB sur des arrangements UMP. Et Santana dans l'histoire ? Il semble spectateur de son propre disque, joue sans conviction, et ne semble servir que de prête-nom. Son style si irritant d'ordinaire semble lui aussi aseptisé par ce projet sans âme. Même pas de quoi rire.

 Ron Wood

Ronnie Wood - I Feel Like Playing

Il est un peu facile de médire de Ron Wood : une réputation d’alcoolique solidement établie, participation au projet qui vit mourir les Small Faces, une arrivée officialisée au sein des Rolling Stones en 1976… On laisse trop souvent de côté ses premiers faits d’armes, au sein de The Creation et aux côtés de Jeff Beck. Cependant, au moment de chroniquer son septième album solo, il est extrêmement difficile de ne pas médire de Ron Wood. Le disque sonne exactement comme ce à quoi on s’attendait : du blues-rock mou sans mélodie marquante : une rythmique empesée, une voix rocailleuse sans charme, des ballades bluesy capables de propager l’imbécile idée reçue selon laquelle le blues, ce serait toujours la même chose. On en vient presque à regretter l’inexistence de Dieu, car Ron Wood et Clapton (entre autres) mériteraient de payer le mal qu’ils ont fait à cette musique. Il serait cependant injuste d’affirmer que Ron Wood ne peut jouer rien d’autre que « Thing about you », pathétique blues-rock à la papa : il est aussi capable d’enregistrer des morceaux de reggae parfaitement inutiles (« Sweeetness my Weakness ») et des ballades plus déprimantes par leur pauvreté d’inspiration et leur production ciblée pour les routiers texans que pour la puissance évocatrice de leurs paroles (« I Gotta see »).

 Le Noise

Neil Young Le Noise 

Assisté de Daniel Lanois (un producteur qui aime bien travailler avec les vieux artistes, généralement), Neil Young a sorti cette année un album stupidement nommé Le Noise en référence au producteur. Young a toujours eu beaucoup de qualités que ses contemporains n’ont pas, et n’auront jamais ; son album possède des moments poignants de sincérité : la voix de Neil Young, reconnaissable entre toutes, mais aussi le fait que le disque laisse une part importante à des riffs de guitare chaleureux et judicieusement peu dégrossis. L’ensemble est malheureusement le plus souvent noyé dans un halo d’écho (la voix, les guitares), les quelques effets sonores apportés par Lanois ne font aucun bien aux compositions, et certaines fins de chansons semblent posées par hasard, en dépit du bon sens. Précision nécessaire : certes, ce disque n’est pas un grand album, mais il n’est en aucun cas honteux, et les fans de Neil Young devraient même pouvoir y trouver leur compte, puisque leur idole livre sur Le Noise quelques nouvelles ballades de belle facture, « Love and War » et « Peaceful Valley Boulevard ».

   

 

Petit condensé des albums chroniqués plus haut :

 

 

La suite demain !

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24 septembre 2010 5 24 /09 /septembre /2010 13:44

Desolation Row

 

Tous les six mois, PlanetGong fait le bilan des disques mauvais ou inutiles de l'année par le biais de critiques écrites en 5 minutes et lues en 2 minutes.

 

 

Bob Dylan - Together Through Life

Vol.1 : premier semestre 2009

 

The Dandy Warhols, Bob Dylan, Eels, Franz Ferdinand, The Kills, The Paddingtons, Iggy Pop, Regular John, The Starlight Mints, The Towers Of London.

Julian Casablancas

 
Vol. 2 : second semestre 2009  

 

Devendra Banhart, Blakroc, Broadcast & The Focus Group, Julian Casablancas, Them Crooked Vultures, Bob Dylan, Gong, The Love Me Nots, Ripchord, De Staat, The Warlocks, The XX.
xxx

BB Brunes – Nico Teen Love

Vol. 3 : premier semestre 2010

BB Brunes, The Besnard Lakes, The Dead Weather, Roky Erickson, Foals, Adam  Green, Hole, Kele, Joanna Newsom, Plasticines, Les Shades.

Desolation Row Vol. 4

Vol. 4 : second semestre 2010 - Partie 1

Eric Clapton, Ray Davies, Bryan Ferry, Bernard Lavilliers, Santana, Ronnie Wood, Neil Young.

Desolation Row Vol. 4,5

Vol. 4,5 : second semestre 2010 - Partie 2

Arcade Fire, Belle & Sebastian, Black Mountain, Eels, Fistful Of Mercy, Brandon Flowers, Interpol, LCD Soundsystem, Surfer Blood, Syd Matters.

 


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30 juin 2010 3 30 /06 /juin /2010 14:24
Desolation Row Vol.3
(janvier – juin 2010)

 

30 Juin 2010 : la coupe du monde de football fait relâche aujourd'hui, le moment est donc idéal pour faire le bilan ultime de tous les albums sortis dans le monde ces six derniers mois. Consultant ses gigantesques archives, et faisant fi de la chaleur de plomb qui s'abat sur l'Europe avec autant de férocité que la misère sur le pauvre monde, la rédaction PlanetGong a une nouvelle fois remis l'ouvrage sur le métier pour vous livrer à temps et en exclusivité mondiale, heureux et privilégiés lecteurs, la liste exhaustive, inattaquable et définitive des mauvais disques récents.

 

 

 

 Adam Green – Musik for a play

Adam Green Musik for a play

Lorsqu’Adam Green s’essaie à l’orchestration classique, pour l’adaptation d’une pièce de théâtre, le résultat est aussi affreux qu’on pouvait l’imaginer. Si, comme la plupart des admirateurs du new-yorkais, vous appréciiez avant tout son talent de chanteur et d’écriture, passez votre chemin. Adam Green poursuit avec son je-m’en-foutisme habituel, livrant tour à tour des chansons magnifiques et des pistes inutiles.

 


 The Besnard Lakes – Are the roaring night

The Besnard Lakes Are the roaring night

The Besnard Lakes are the dark horse, était apparu à beaucoup comme un disque permettant une évasion salutaire : les morceaux planants du groupe canadien semblaient être les héritiers des créateurs pop les plus inspirés. Trois ans plus tard, le rêve est passé, l’inspiration semble bien loin... et ce nouvel album manque cruellement de consistance.

Les Shades – 5/5

Les Shades 5/5 

Groupe le plus doué de la génération bêtement nommée « baby rockers », les Shades s'étaient pris les pieds dans le tapis avec leur décevant premier album. Les Shades avaient voulu prouver trop de choses et avaient perdu leur fougue dans les méandres d'une production trop synthétique. On espérait de 5/5 un retour aux sources des deux premiers 45 tours, on avait en fait mésestimé le réel problème du groupe : la voix du chanteur Benjamin Kerber. Excellent compositeur, auteur compétent, le frontman manque de coffre. Quand bien même le groupe envoie une pop bien tournée, son timbre irrite au plus haut point (« La diane », « C'est la guerre »). Lorsque les Shades se noient une nouvelle fois dans une production clinquante (« Dans les artères », « Autoroute », digne du générique de Jayce et les conquérants de la lumière), on zappe. Quel gâchis !

 BB Brunes – Nico Teen Love

BB Brunes Nico Teen Love

Le côté « groupe à minettes » du premier album du trio nous avait quelque peu gênés malgré l'aptitude indéniable des BB Brunes pour écrire des chansons pop carrées et efficaces. Malheureusement, Nico Teen Love enfonce le clou dans cette direction et brosse l'auditrice pré-pubère dans le sens du poil. Pour une paire de morceaux vaguement emballants (« Seul Ou Accompagné », « Ma Mods »), on a droit à une demi-heure de bluettes taillées pour les radios (« le son pop-rock » que RTL2 clame fièrement). On ne parle plus ici de rock, mais de variété à guitares.

 Plasticines – About Love

Plasticines About Love

On termine cette série spéciale “rock parisien surestimé” avec ce girls-band qui est parvenu à faire une percée à l'international avec son premier album en 2007. Sans surprise, les Plasticines ont décidé de capitaliser sur leur succès et sont allées enregistrer son successeur à Los Angeles avec Butch Walker, producteur notoire d'Avril Lavigne. Sans surprise, l'album – chanté quasi-exclusivement en anglais – est formaté jusqu'à l'extrême et aussi insipide qu'une tranche de jambon sous cellophane. Très pro, mais très chiant.

 Roky Erickson & Overkill River True Love Cast Out All Evil

Roky Erickson & Overkill River
True Love Cast Out All Evil

Si vous vous attendez au retour prodigieux de l’artiste maudit vanté dans toute la presse spécialisée, vous risquez d’être surpris, comme nous, lorsqu’après avoir supporté quelques pistes de musique Americana gros cul (« Good-bye sweet dreams »), vous aurez l’impression d’écouter un disque enregistré par Kevin Costner souffrant de laryngite. Hormis les première et dernière pistes, qui semblent avoir été enregistrées dans des conditions mystérieuses, l’album s’englue dans une production lourde et vulgaire, parfaite pour l’image de rédemption que veut se donner ce retour… Après avoir hurlé des paroles sur des zombies, Erickson explique avec un chant de crooner sur le retour, que « God is everywhere ». Fermez le ban.

 The Dead Weather – Sea Of Cowards

The Dead Weather Sea Of Cowards

On avait trouvé le premier album de Dead Weather bien produit mais dénué de vraies chansons. Le deuxième opus persiste dans cette voie. Le quatuor s'éclate dans une longue jam de 35 minutes (on a l'impression que ça dure deux fois plus) dont on ne retient que deux ou trois gimmicks amusants. Enlevez les paillettes et les noms ronflants, il ne reste plus grand chose. De tous les projets auxquels Jack White a participé de près ou de loin, celui est assurément le plus décevant.

  Hole - Nobody's Daughter

Hole - Nobody's Daughter

Depuis le décès de Michael Jackson l'an dernier, Love est le dernier cadavre en sursis du monde de la pop, celle sur qui les projecteurs de la presse people sont désormais braqués dans l'attente de sa mort prochaine. Ruinée, à moitié folle, Love tente un énième comeback en vendant son nouvel album à la façon des frères Gallagher ("le dernier album était nul, celui-ci est nettement meilleur"), mais ne laisse personne dupe. Certains fans hardcore en veulent à Courtney Love de continuer ses déboires discographiques sous le nom nettement plus vendeur de Hole. Nous les invitons à laisser la vieille dame en paix, elle a déjà assez souffert comme cela.
  Foals - Total Life Forever

Foals - Total Life Forever

Avec un titre aussi mauvais, l'album ne peut qu'être un désastre. D'après les fans, il l'est. Nous, on n'a pas vu la différence fondamentale entre cet album et son prédécesseur, déjà peu enthousiasmant.

 Kele – The Boxer KeleThe Boxer 
Le chanteur et guitariste de Bloc Party vient de sortir son premier album solo : par un jusqu’au-boutisme qui nous honore, nous y avons jeté une oreille. Par un jusqu’au-boutisme qui nous honore beaucoup moins, nous n’avons pas écouté tout l’album. Le disque de Kele Okereke est largement électro, et propose des pistes assez lourdes et peu inspirées orientées dancefloor. A noter, le morceau d’ouverture, « Walk Tall », qui plagie le chant le plus célèbre des G.I.s, et l’intro de « Unholy Thoughts », ou Okerele essaye d’être Beck : c’est raté (qui a dit : « évidemment » ?). Quant à «All the things I could never say » et à « Yesterdays gone », elles sont horribles.
 Joanna Newsom – Have One on me Joanna NewsomHave One on me

Attention : ce disque n’est pas mauvais… Contrairement à ce que son nom indique, la Desolation Row PlanetGong présente traditionnellement au minimum un disque qui mérite d’être écouté. Pour cette édition, c'est le cas de ce triple album sorti en début d’année, L’auditeur doit simplement se préparer à entendre plus de deux heures d’une musique venue d’ailleurs, qui est écrite, enregistrée et chantée par Joanna Newsom, la harpiste la plus inspirée à l’Ouest de Véga du Centaure.

   
   
   
   
   
   

 


 

 

 

 

 

 

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11 mars 2010 4 11 /03 /mars /2010 11:31
Bilan Planetgong 2009

Cliquez sur le général Burnside pour écouter la playlist 2009 « Irreparabile tempus fugit. Chaque année, la roue du temps semble tourner toujours plus vite, et, de son inaltérable mouvement, elle écrase sans pitié les souvenirs heureux et les visages aimés. Chaque nouvelle année apporte son lot de souffrances, de pleurs et de tristesse, ne laissant aux faibles mortels que peu d’espoir de vivre dignement… »

 

Ainsi parlait ma concierge, avant de retourner, la tête basse et le dos voûté sous le poids des ans, à son courrier en retard, à son aspirateur flambant neuf et à son magazine télé, en murmurant dans sa pilosité sub-labiale « bon, c’est pas tout, mais avec ça je sais toujours pas si mon René il va préférer du jarret de bœuf ou de la blanquette ce soir, moi ». Laissant considérations philosophico-gastronomiques et désespoir à la conciergerie, je relevai la tête et repris mon chemin en songeant à Jay Reatard et à l’année écoulée.

 

(fin de l’introduction lyrique)

 

Réjouissez-vous, amis lecteurs, voici la rétrospective PlanetGong que vous attendiez tous, à peine en retard (qui a dit : « comme d’habitude ? »). 2009 fut une année riche de bons et de mauvais disques, et comme il serait trop long de faire la liste de ceux qui étaient mauvais, concentrons-nous sur les bons.

 

Cliquez ici pour lancer la playlist PlanetGong 2009

 

 

 

A oublier / les fautes de parcours / Les disques inutiles

 

1990sKicks (Rough Trade)

AIRLove 2 (Record Makers)

The BishopsFor Now (Boxson)

The Dandy Warhols - …Are Sound (Beat The World)

The Dead WeatherHorehound (Third Man)

Bob Dylan - Together through life (Columbia)

Bob Dylan - Christmas In The Heart (Columbia)

EelsHombre Lobo (Vagrant)

Franz FerdinandBlood (Domino)

JetShaka Rock (Real Horrorshow)

MuseThe Resistance (Warner)

The PaddingtonsNo mundane options (Mama Bear)

Iggy Pop - Préliminaires (Astralwerks)

The RakesKlang! (V2)

Regular JohnThe Peaceful atom is a bomb (Difrnt)

The Towers of LondonFizzy Pop (Vibrant)

The Von BondiesLove, Hate and then there’s you (Majordomo)

The ViewWhich Bitch? (1965)

WolfmotherCosmic Egg (Modular)

Yeah Yeah YeahsIt’s Blitz (Interscope)

 

 

Agréable / acceptable / peut mieux faire :

 

A Place To Bury StrangersExploding Head (Mute)

Arctic MonkeysHumbug (Domino)

Art BrutArt Brut vs Satan (Cooking Vinyl)

Dan AuerbachKeep It Hid (Nonesuch)

Band Of SkullsBaby Darling Doll Face Honey (Shangri-La)

Baby WoodroseBaby Woodrose (Bad Afro)

Brendan BensonMy old, familiar friend (ATO)

The Blue VanMan Up (TVT)

ChicrosRadio-transmission (Discograph)

Graham CoxonThe Spinning Top (Transcopic)

CrocodilesSummer of Hate (Fat Possum)

Danger Mouse & Sparklehorse - Dark Night Of The Soul

Franz FerdinandTonight: Franz Ferdinand (Domino)

Charlotte Gainsbourg - IRM (Because)

God Help The GirlGod help the girl (Matador)

The Jim Jones RevueThe Jim Jones Revue (Differ-ant)

The Kingsbury ManxAscenseur ouvert (Odessa)

LocksleyDon’t make me wait (Minimum)

The LovetonesDimensions (Planting Seeds)

Thee Oh Sees - Help (In The Red)

Radio MoscowBrain Cycles (Alive)

The RevellionsThe Revellions (Dirty Water)

The RiflesGreat Escape (679 recordings)

Satan’s PilgrimsPsychploitation (SP Records)

Thomas FunctionIn the Valley of Sickness (Fat Possum)

The WeakendsThe Weakends (Rob’s House)

 

 

A retenir / Les valeurs sûres / Les découvertes

 

Amen DunesDia (Locust)

Ancient SkyAncient Sky (Sons Of Vesta)

Birds of AvalonUncanney Valley (Volcom Entertainment)

Black HolliesSoftly towards the light (Ernest Jennings)

Black Lips200 Million Thousand (Vice)

Box Elders - Alice And Friends

Brimstone HowlBig Deal. What’s he done lately? (Alive Records)

Cut In The Hill GangHung Up (Stag-O-Lee)

The DaddsIdées choc et propos chics (Green Cookie)

Peter DohertyGrace/Wastelands (Rough Trade)

The Dolly Rocker MovementOur Days Mind the Tyme (Off the hip)

El GoodoCoyote (Grease)

The Flaming LipsEmbryonic (Warner)

Fresh and OnlysThe Fresh & Onlys (Woodsist)

The HorrorsPrimary Colours (XL)

KasabianWest Rider Pauper Lunatic Asylum (Sony)

Let's WrestleIn the court of the wrestling let’s (Stolen Recordings)

Neil’s ChildrenX.Enc (Structurally Sound)

ObitsI blame you (Sub Pop)

Brian OliveBrian Olive (Alive)

Howard Elliott PayneBright Light Ballads (Move City)

Jay ReatardWatch Me Fall (Matador)

Ty SegallLemons (Goner)

Strange BoysAnd Girls Club (In the Red)

Tyvek - Tyvek (Siltbreeze)

Thee Vicars -  Psychotic Beat (Dirty Water)

Vivian GirlsEverything Goes Wrong (In The Red)

 

 

Artistes dont les disques n’ont pas été chroniqués et qui ne le seront certainement pas :

 

Firecracker, Ganglians, Girls, Hunches, Mesmer, Kurt Vile, Pink Mountaintops, Wolves In The Attic, Richard Hawley, BB Brunes, Plasticines, Sleepy Sun et beaucoup d'autres...

 

 

Artistes dont les disques n’ont pas été chroniqués, mais qui le seront sans doute :

 

Tim Cohen, White Denim.

 

 

 

Et enfin...

Pour ceux encore plus en retard que nous, la playlist planetgong 2008 est également disponible, ici.

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9 mars 2010 2 09 /03 /mars /2010 16:33
Desolation Row 2009. Vol.2

 

Mars 2010... le moment n'est-il pas parfaitement choisi pour achever le bilan des mauvais disques de l'année 2009? "Pas du tout", nous répondriez-vous sans doute, avant d'enchaîner par quelque chose de vexant dans le genre de "vous êtes salement à la bourre, comme d'habitude."

 

Que cela soit clair: dans l'hypothèse où cette conversation se produirait, vous n'auriez pas tort.

 



 Blakroc

BLAKROC : Blakroc

Quand un des meilleurs groupes de blues s'associe à une flopée de rappeurs, il en résulte un album qui n'a réjoui ni fans des Black Keys, ni amateurs de hip-hop. Un croisement intéressant, mais qui manque tout simplement de vrais bons morceaux pour tenir la distance.

 Julian Casablancas

JULIAN CASABLANCAS : Phrazes For The Young

La pochette magnifique, où Casablancas pose en monarque blasé dans un décor à la Phantom Of The Paradise, laissait augurer un album décadent et délicieusement outré. Las, si un ou deux morceaux au mauvais goût assumé réjouissent ("Out Of The Blue" notamment), l'album de JC est bien trop sage pour réellement fasciner. Casablancas voudrait se donner une image d'excentrique un peu fou à la Todd Rungren, il se dévoile ici comme un musicien doué, mais trop calculateur pour convaincre.

The Love Me Nots

THE LOVE ME NOTS : Upsidedown Insideout

Canada Dry. On parle assez de ce groupe ailleurs pour que nous ayons besoin de le faire; ce combo ne serait-il pas surestimé ? La démarche paraît honnête, malheureusement aucune chanson n'est réellement convaincante.
 The XX


THE XX : The XX

Le revival 80s continue. Cette année, The XX ont dépoussiéré le cadavre de la dream pop avec leur premier album minimaliste. Surexposés dans des médias trop contents de trouver quatre anglais vêtus de noir et faisant la gueule au milieu de tous ces groupes joyeusement fluo, The XX est devenu le groupe préféré des faux-dépressifs et des poètes maudits de pacotille. Pas de bol pour eux. Avec la hype qui les entoure, le retour de bâton s'annonce violent et l'avenir difficile, on espère désormais que leur succès ne poussera pas les Cocteau Twins à se reformer.

 Them Crooked Vultures

THEM CROOKED VULTURES :
Them Crooked Vultures

Josh Homme - John Paul Jones - Dave Grohl : un super groupe ? Probablement. Quoiqu'il en soit, leur premier album est un disque inutile, qui n'est ni bon, ni bon. Vivement que le soufflé retombe.

 Broadcast and The Focus Group

BROADCAST AND THE FOCUS GROUP :
Investigate Witch Cults of the Radio Age

Hype, hype, hype. Après le succès critique d'Animal Collective, les groupes électroniques ont le vent en poupe. Avec une quantité de drogue et d'alcool suffisante, ce disque pourrait éventuellement être apprécié par certaines personnes. Les tristes rédacteurs de ce site n'ont sans doute ni assez bu, ni assez consommé de stupéfiants pour parvenir à ce point.

 Gong - 2032

GONG : 2032

S'il y a un site au monde où on aurait dû accueillir avec enthousiasme la sortie d'un nouvel album de Gong, c'est bien ici. Malheureusement, la discographie intéressante du groupe s'est arrêtée il y a bien longtemps. En ces temps de perdition et de troubles métaphysiques, il est bon de savoir Daevid Allen sur les routes; pour ce qui est d'acheter ce nouvel album de Gong, c'est différent.

 The Warlocks - The Mirror Explodes

THE WARLOCKS : The Mirror Explodes

Ce disque n'a rien à faire dans cette liste; Eric aurait dû en faire la chronique depuis le mois d'octobre.

 

DEVENDRA BANHART : What Will Be

Depuis Nino Rojo et Rejoicing in the Hands, beaucoup d'espoirs et d'enthousiasme accompagnaient Devendra Banhart. Malheureusement, 2009 l'a vu apparaître calmé et étonnamment consensuel, malgré un choix de moustache excellent.

 Ripchord

RIPCHORD : Beginner's Luck

Parfois au détour d'un riff de guitare bien troussé ou d'une mélodie agréable, on se laisse avoir par un morceau. Le single "Lock Up your Daughter" nous fit espérer un groupe anglais qui puisse être acceptable en ces temps de débâcle britannique. Erreur, l'album est incroyablement mauvais. Sale temps pour les rosbifs.

 De Staat DE STAAT : Wait For Evolution
Qu'est-ce que cet album fout ici ? On n'en sait rien non plus. Les voies du téléchargement nous emmènent parfois vers des disques qui nous inspirent au mieux quelques écoutes respectueuses, au pire un zapping immédiat et affligé. Avec De Staat et son mauvais album, rendons hommage à tous les trucs que n'aurions jamais écouté si Internet n'existait pas, et qui disparaitront de notre existence au prochain nettoyage de disque dur, promis.
  Bob Dylan - Christmas In The Heart BOB DYLAN : Christmas In The Heart
1975 est la dernière année au cours de laquelle Dylan avait sorti deux albums solos. Les disques en questions s'appellaient Blood on the tracks et Basement Tapes. 2009 a vu Dylan sortir deux albums inutiles, dont celui-ci, un recueil de chants de Noël qui semblent avoir été interprétés par un Grinch alcoolique en perdition totale.
   
  Pour ceux qui l'auraient raté, le Volume 1 est ici :
http://planetgong.over-blog.com/article-34194601.html
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24 juillet 2009 5 24 /07 /juillet /2009 17:00
Desolation Row 2009. Vol.1

 

 

 

25 Juillet 2009 : Le temps passe vite, le fond de l'air est frais, il n'y a plus de saisons, c'est déjà l'été, et des flopées de disques sont sortis depuis le début de l'année dont on n'a pas parlé ici.,Quelles ont été les principales déceptions de cette période ? C'est à la suite de ces réflexions lamentables et en se posant cette question que la décision d'effectuer une petite remise à niveau a été prise.

 

Voici donc, en exclusivité mondiale, un panorama non exhaustif des artistes qui auraient mieux fait de se casser une jambe, d'arrêter leur carrière, ou simplement de s'abstenir de sortir un disque.

 

 

 

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The DANDY WARHOLS : ... Are Sound

Retour en 2003 : après deux albums magnifiques, le nouveau Dandy Warhols est très attendu. Pourtant, lorsque sort Welcome To The Monkey House c'est la consternation. Au lieu de l'album rock'n'roll attendu, on se retrouve avec un disque de pop 80s produit par Simon LeBon de Duran Duran, tout en synthés et boites à rythmes datées. Après le départ des Dandys de Capital, on a appris de la bouche du chanteur Courney Taylor-Taylor que le label leur avait imposé de sortir l'album avec ce mix foireux. D'où notre grand intérêt lorsque le groupe a annoncé qu'il allait sortir sa version du disque, la vraie, l'unique, l'originale, avec The Dandy Warhols Are Sound. Ne tournons pas autour du pot, ce disque n'a aucun intérêt : la version des Dandys est en effet très proche de Monkey House. Loin d'être une version rock de cet album, ...Are Sound sonne étrangement similaire, et ne se distingue de son double que par son rythme encore plus mollasson et un ordre des morceaux repensé. A l'exception de quelques révélations ("The Last High" notamment), l'album est léthargique (les fans diront "psychédélique") et provoque plus d'ennui que de rêverie. On en vient à réaliser que la version plus funky et sexy de LeBon a rendu l'album meilleur, chose qu'on ne se serait jamais imaginé dire...

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BOB DYLAN : Together Through Life

Comme à chaque nouvelle sortie d'album de Bob Dylan, l'honnête (hum) amateur de rock se trouve face à un déferlement de louanges hallucinant ; une sorte de consensus universel : apprécier chaque nouvelle production de Bob Dylan, semble être devenu un moyen de montrer la sûreté de son goût, ou d'avoir sa conscience tranquille quand on parle musique. Malheureusement, si l'importance de Dylan n'est pas à démontrer, il faut bien constater que ses dernières productions - en concert particulièrement, mais aussi sur disque - sont très largement surévaluées. Cette situation navrante n'a que trop duré ; aussi, afin que cela soit dit une fois pour toutes : Dylan ne sort pas un disque du niveau de Blonde On Blonde tous les trois ans ; et ses albums ne révolutionnent rien depuis bien longtemps. Ce Together Through Life possède quelques bons moments, mais aucun ne justifie le déluge de compliments dont il a été l'objet.

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EELS : Hombre Lobo

Un album qui n'est même pas franchement raté, mais qui est cependant assez clairement inutile dans la carrière d'un groupe qui reste largement sous-estimé. Ce dernier album contient une volonté assez peu subtile de se confronter à Howlin'Wolf, dans un morceau pastiche / hommage au plus grand chanteur de l'histoire ("Tremendous Dynamite")... L'exercice est toujours risqué, et même si le disque possède des bons moments, il sera finalement assez anecdotique dans la carrière d'Eels. Trop de morceaux dérivent d'anciennes chansons ("That Look You Give That Guy", "Lilac Breeze", "In My Dreams", "What's A Fella Gotta Do"), E semble muscler son jeu pour sortir de sa routine (cf la production teigneuse, le son un peu sale). Il est peut-être temps pour lui de laisser son "groupe" de côté et de passer à autre chose, peut-être qu'une véritable collaboration lui fera le plus grand bien.
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FRANZ FERDINAND : Blood

Un disque aussi inutile que possible... Des remixes nazes de morceaux du dernier album, qui était déjà loin d'être le chef d'oeuvre célébré un peu partout : si on est dans un premier temps surpris, et que certaines pistes sont acceptables, on se rend rapidement compte de l'inanité du projet. Le disque est parfait pour une soirée avec des gens qui n'écoutent pas de musique.

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The KILLS : Black Balloon EP

D'accord, on avait dit qu'on vous parlerait des albums ratés... et ce Black Balloon est un EP. Cependant, son inutilité est tellement évidente qu'elle justifie sa présence dans cette liste. Avec ce morceau tiré de Midnight Boom et trois morceaux enregistrés pendant une iTunes-session. Les Kills semblent s'être perdus en route depuis leurs excellents deux premiers albums : la démarche artistique du groupe se transforme peu à peu en pose affectée, les bonnes chansons se font de plus en plus rares, rien n'est rassurant quant à l'avenir du groupe.

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The PADDINGTONS : No Mundane Options

Formés dans le sillage des Libertines en 2004, les Paddingtons ont fait illusion le temps de quelques singles et d'un premier album inégal avant d'arriver à court d'inspiration. A l'image des Dirty Pretty Things de Carl Barât dont ils étaient le pendant northern, les Paddingtons sont passés en moins de trois du statut de groupe à suivre à celui de has-been, la faute à ce tsunami eighties qui a englouti tous les groupe issus de la scène punk anglaise post-Libertines et à une incapacité à se renouveler d'un album à l'autre. No Mundane Options sonne exactement comme le premier album du groupe, sauf que cette fois-ci aucun morceau ne possède de mélodie marquante ou de riff renversant. Le groupe semble conscient de ce fait et l'assume dans son single "What's The Point In Anything New ?", de loin le meilleur morceau ici. Un aveu d'impuissance terrible, que le groupe essaie de déguiser sous une certaine ironie et deux doigts dressés vers le monde entier, sans convaincre.

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IGGY POP : Préliminaires

Un album de jazz pour Iggy Pop... Depuis quarante ans, ce n'est un secret pour personne, le chanteur des Stooges possède une voix extraordinaire. Néanmoins, le problème demeure : sans bon morceau, cela ne sert pas à grand-chose. Quand il a annoncé, via son site Internet, qu'il avait entrepris d'enregistrer la bande-son d'un documentaire sur Houellebecq et La possibilité d'une île, on était logiquement surpris. Les illustrations seraient signées Marjane Satrapi, l'album bénéficierait d'une édition magnifique « coffret 45 tours / CD / livret » et contiendrait une reprise des « Feuilles Mortes » : tout cela augmentait encore notre attente. A la sortie de l'album, et après quelques écoutes, on n'est plus surpris, simplement un peu déçu. Préliminaires aura - au mieux - changé la vie de trois grands-mères, de cinq dépressifs et de douze fans de jazz chiant.  En France, où il est tellement bien vu de ne pas faire comme tout le monde, le disque a même bénéficié d'une large diffusion radio. Sic transit...

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REGULAR JOHN : The Peaceful Atom Is A Bomb

Que toutes celles et tous ceux qui se lamenteraient sur le déclin et le silence des Vines (si, si : il y en a) se rassurent : voici le nouveau groupe australien prêt à mettre le monde pop-rock à feu et à sang, à grand renfort de murs de guitares et de pose adolescente rebelle. Le disque n'est malheureusement pas aussi risible que pénible. Utilisant à peu de choses près les mêmes recettes que celles de Craig Nicholls, le groupe a tout pour réussir... même si on n'est même pas sûr qu'ils aient l'équivalent de « Get Free » en magasin (et qu'à vrai dire, on s'en bat l'œil).

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STARLIGHT MINTS : Change Remains

Depuis leur miraculeux et désormais lointain premier album (The Dream That Stuff Was Made Of, sorti en 2000), les Starlight Mints ont connu des hauts et des bas, ainsi que de nombreux changement dans la composition du groupe... Le dernier album en date (le quatrième du groupe), Change Remains, montre malheureusement les Starlight Mints en train de tout tenter, en pure perte, pour retrouver le feu sacré. L'écoute de l'album, même avec beaucoup de bonne volonté, est difficile. On retournera sans tarder écouter « Popsickle » et les autres bijoux du premier opus.

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The TOWERS OF LONDON : Fizzy Pop

En 2006, ils étaient le groupe le plus drôle du monde, jouant leur punk avec des poses hard-rock affectées et un je-m'en-foutisme non feint. Le départ de la plupart des membres du groupe a laissé les frères Tourette sans ressources. A l'image de The Darkness sans la moustache de Frankie Poullain, les Towers ont perdu leur flamboyance avec le départ des chevelures improbables de Snell et The Rev. L'autre problème, de fond cette fois-ci, concerne le désir des TOL de devenir un groupe aussi populaire et "crédible" qu'Oasis. Les poses crétines ont ainsi été abandonnées pour des ballades qui se veulent sensibles et des morceaux rock classiques au son indigeste. Aucune surprise ne vient bousculer la formule gros-cul employée par le groupe, le fun a disparu par-dessus le marché. Un disque à oublier.

   
   
   
   
   
   
   
   

 


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8 janvier 2009 4 08 /01 /janvier /2009 21:11

 

2008 - Bilan définitif de la mort - aka « le choix du bon goût »

 


En ce début d'année 2009, il est temps pour nous d'élaborer un bilan... Contrairement à ceux que vous avez peut-être eu l'occasion/le malheur de découvrir ailleurs, celui-ci est absolument garanti, le label « approuvé par le gang des canards » ajoutant encore à son évidente qualité. Pour les scientifiques, qui posent toujours des questions incongrues, voici la composition du susnommé bilan : 98% d'objectivité totale, 2% de sel.

 

Pour accompagner cette courte mais néanmoins essentielle lecture, nous avons compilé quelques un des nos morceaux préférés de l'année écoulée dans une RadioGong.

 




 

 

 

À oublier / faute de parcours / les disques inutiles :


BLACK KIDS - Partie Traumatic (Almost Gold)

BLOC PARTY - Intimacy (Wichita)

BLOOD RED SHOES - Box of secrets (Mercury)

COLDPLAY - Viva la vida! (Parlophone)

The DANDY WARHOLS - Earth to the Dandy Warhols (Beat The World)

DIRTY PRETTY THINGS - Romance at first notice (Mercury)

FOXBORO HOT TUBS - Stop drop and Roll!!! (Jingle Town Records)

The FRATELLIS - Here we stand (Island)

The FUTUREHEADS - This is not the world (Nul Records)

Albert HAMMOND Jr - Como te llama? (RCA / Rough Trade)

KINGS OF LEON - Only by the night (RCA)

KAISER CHIEFS - Out Of Their Heads (B-Unique)

The KOOKS - Konk (Virgin)

The LONG BLONDES - Couples (Rough Trade)

The Paddingtons - No Mundane Options (Universal)

The PIGEON DETECTIVES - Emergency (Dance to the radio)

RAZORLIGHT - Slipway Fires (Vertigo)

Sébastien TELLIER - Sexuality (Record Makers)

TOWERS OF LONDON - Fizzy Pop (TVT)

The VINES - Melodia (Ivy League)

The VON BONDIES - We are kamikazes aiming at your heart (EP) (In the Act)

The ZUTONS - You can do anything (Deltasonic)

 

 

 

 

 

 

  Agréable / acceptable / peut mieux faire :

BABYSHAMBLES - Oh what a lovely tour (Parlophone)

The BELL RAYS - Hard, sweet and sticky (Red Eyes)

BE YOUR OWN PET - Get awkward (XL)

Isobel CAMPBELL & Mark LANEGAN - Sunday at Devil Dirt (Pias)

The DRAYTONES - Up in my head (1965 Records)

The DUKE SPIRIT - Neptune (You are here)

The KILLS - Midnight Boom (Domino Recordings)

LITTL'ANS - Primitive World (Revtone)

LOUIS XIV - Slick dogs and ponies (Atlantic)

MGMT - Oracular Spectacular (Columbia) Weekend Wars

The MUGGS - On With The Show (Stormy Records)

Jim NOIR - Jim Noir (My dad records)

OASIS - Dig Out Your Soul (Big Brother)

The RIFLES - The Great Escape EP (679 Recordings)

SECOND SEX - Petite Mort (Because)

Les SHADES - Le meurtre de Vénus (Tricatel)

SSM - Komodo (Howl)

SUPERGRASS - Diamond Hoo Ha (Parlophone)

YOUNG KNIVES - Superabundance (Transgressive)

 

 

 




 A retenir / Les valeurs sûres / Les découvertes :

The ALIENS - Luna (Pet Rock)

BECK - Modern Guilt (XL)

The Beep Seals - Things That Hurt (Heron)

The BLACK ANGELS - Directions to See a Ghost (Light in the attic)

BLACK DIAMOND HEAVIES - A Touch of Someone Else's Class (Alive)

The BLACK KEYS - Attack & Release (Nonesuch Records / V2)

BLACK MOUNTAIN - In the Future (Jagjaguwar)

BRIMSTONE HOWL - We came in peace (Alive Records)

BUFFALO KILLERS - Let it ride (Alive Records)

CHEVEU - Cheveu (Born Bad)

The CORAL - Singles Collected (Deltasonic)

Crystal Stilts - Alight Of Night (Slumberland)

THE DATSUNS - Head Stunts (Cooking Vinyl)

Graham day - Triple Distilled (Damaged Goods)

The DIRTBOMBS - We have you surrounded (In The Red Records)

FLEET FOXES - Fleet Foxes (Sub Pop)

The GO - Tracking The Trail Of The Haunted Beat (Bellyache Records)

Adam GREEN - Sixes and Sevens (Rough Trade)link

HACIENDA - Loud Is The Night (Alive Records)

HUMAN EYE - Fragments of the Universe Nurse (Hook and Crook)

The LAST SHADOW PUPPETS - The age of the understatement (Domino)

LET'S WRESTLE - In loving memory of... (EP) (Stolen Recordings)

LIGHTSPEED CHAMPION - Falling Off The Lavender Bridge (Domino)

The RACONTEURS - Consolers of The Lonely (XL)

The RASCALS - Rascalize (Deltasonic)

Jay REATARD - Matador Singes 08 (Matador)

SEASICK STEVE - I Started Out With Nothing And I Still Got Most Of It Left (Warner)

SONIC CHICKEN 4 - Sonic Chicken 4 (In The Red)

Terrible Twos - Terrible Twos (X!)

The URGES - Psych Ward (Wicked Cool)

Mr David VINER - Among The Rumours And The Rye (Loose)

VIVIAN GIRLS - Vivian Girls (Mauled by tigers / In The Red)

WHIRLWIND HEAT - Scoop du jour (Heat Enterprise)

YETI - The Legend of Yeti Gonzales (Get up and Go)

 

 

 

 

 

Groupes ayant sorti des albums dont nous avons choisi de ne pas parler (pour des raisons qui ne seront pas expliquées) :

LATE OF THE PEAR, FOALS, The Quarter After, The SUBWAYS, The HOLD STEADY, The VERVE, The STREETS...

 



 

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18 octobre 2006 3 18 /10 /octobre /2006 12:43

Vinyl Culture

La mort prochaine du CD arrive pour beaucoup comme un juste retour des choses. L'arrivée de ce format révolutionnaire au niveau de la longévité, du format et de l'ergonomie, mais pathétique au niveau du son (le plus important donc), demeure pour beaucoup d'entre nous un des grands drames du 20ème siècle, le symbole de la décadence d'une culture où production de masse et économie du moindre effort ont dénaturé tout ce qui avait de la saveur. Ecouter un cd c'est comme faire cuire une pizza surgelée ou réchauffer un plat cuisiné. C'est pratique, confortable et pas prise de tête. 


Quand on sort un 33 tours de son emballage cartonné, qu'on nettoie religieusement la face en vinyle de la galette d'un chiffon doux, qu'on pose délicatement la tête de lecture sur le premier sillon et qu'on s'assoit en analysant le moindre détail de la pochette grand format, on exécute un rituel proche de l'expérience mystique. Un disque vinyle c'est des sensations tactiles inégalables, des odeurs enivrantes, un son chaud et vivant. On a l'impression que les musiciens sont dans la pièce, leur musique résonne avec une sensation de proximité presque magique. Pourquoi se priver de cela?


LA SUPERCHERIE DU CD


The Beatles - Magical Mystery TourLe disque compact se présente habituellement dans un boîtier plastique des plus haïssables, qu'un génie de la communication a pris le soin de nommer "cristal". C'est laid, ça se fend à la moindre occasion (quand ça ne casse pas) et demeure d'une froideur glaciale. Les premières rééditions se contentaient d'un feuillet simple, de notes de pochettes minimales et d'un travail sur le son proche du sabotage. L'important alors pour les maisons de disques était de pouvoir rendre disponible sur ce nouveau support leurs artistes les plus populaires, les locomotives, pour rentabiliser au plus vite, à grand coups de slogans efficaces.


Une fois la révolution des esprits amorcée, tout retour en arrière était définitivement exclu et la machine à rééditer à tout va s'est mise en marche. Très rapidement, le grand public s'est accommodé des aspects pratiques du cd (moins contraignant à écouter et à ranger dans les étagères) et a avalé sans objecter les déclarations faisant état de la supériorité du son numérique, laissant au placard ses encombrants 33 tours jugés dépassés. Fascinés par ce nouveau gadget, certains ont vendu sans réfléchir et pour une somme dérisoire le prix inestimable de plusieurs années de collection et de chinage, afin de racheter ces mêmes albums sous ce nouveau format soi-disant haute-fidélité. Quelle erreur...


The Libertines - Up The BracketPeu de temps après néanmoins, un pourcentage non négligeable de mélomanes de tous horizons (classique, jazz, rock) se sont aperçus que quelque chose clochait. Il est avéré que la majorité des gens se soucient peu de critères concernant la bande passante ou la texture d'un son, domaine réservé aux obsessionnels, à ceux qui jugent un disque de rock à l'aune de sa production ou la qualité d'un concert philharmonique à la fidélité de sa restitution. 


Outre le côté clinique du son numérique, la bande passante d'un cd est moins large que celle d'un disque vinyle. En gros, les basses sont moins basses et les aigus moins aigus. Pourquoi les DJs n'utilisent-ils que des vinyles à votre avis? On peut imaginer la désagréable surprise d'un amateur de classique écoutant une symphonie riche en contre-mélodies et constatant la disparition d'un instrument situé à l'arrière-plan sur son vinyle, mais absent sur son cd.

 

Pour étouffer l'affaire, les maisons de disques ont trouvé la parade : la remasterisation. Plutôt que de remettre en cause un format déjà bien lancé (pour finalement un faible pourcentage de râleurs), on a joué la carte de l'épate. Livrets épais avec photos inédites et interviews, chansons bonus à gogo (versions démo, faces B de singles), pochettes cartonnées en édition limitée dans le meilleur des cas, et surtout nouveau travail sur les bandes studio originelles (les fameux masters). Des artistes comme Pink Floyd, Bowie, Les Zeppelin, les Doors ont tous bénéficié de ce traitement, pour le grand plaisir des fans. Enfin les disques mythiques de notre collection sonnaient bien en cd (rattrapant, sans le combler néanmoins, l'écart avec le son vinyle), et quelques pépites difficiles à dénicher devenaient accessibles (on pense par exemple à toutes les indispensables faces B des Kinks). Quand l'emballage était réussi (comme la magnifique réédition "prestige" de The Velvet Underground & Nico), on obtenait même un magnifique objet de collection.

 

Seule ombre au tableau : il a fallu des années pour The Dirtbombs - Brand New Game, un de ces innombrables 7que des artistes de qualité soient réédités. On remasterise d'abord les plus populaires, et ensuite les autres. Il a fallu fin attendre fin 2005 pour qu'on retrouve le son sauvage des Stooges réédité correctement en cd et 2004 pour entendre Bob Dylan récupérer son "wild mercury sound". Les albums sixties des Stones n'ont retrouvé leur lustre qu'en 2003, après plus de 15 ans d'existence du format compact et une première édition numérique au son étouffé et stérile. On ne parle même pas des albums des Beatles dont on annonce la remasterisation est imminente tous les six mois. Celle-ci ne devrait plus tarder (on y croit!) mais sous un nouveau format, le dvd audio ou le sacd (super audio cd).


LA MORT (BIENVENUE) DU CD

 

Le phénomène du téléchargement a contraint l'industrie du disque à trouver de nouvelles armes et à abandonner le cd. Celui-ci étant aisément copiable (malgré toutes les tentatives de blocage des données "Copy Control" qui enlaidissent plus les pochettes qu'elles n'empêchent le piratage), il est devenu le pire ennemi de ses concepteurs. La poule aux oeufs d'or, qui a permis aux majors de s'enrichir en faisant racheter aux gens les disques qu'ils possédaient déjà, n'a pas été tuée, elle s'est retournée contre son géniteur.


Ici trouve son explication la soudaine vague de remasterisations apparue au début des années 2000. Ce n'est pas le faible lobby de passionnés de musique qui a poussé les maisons de disques de tout rééditer de façon classieuse, c'est la diffusion gratuite et incontrôlée de la musique par internet. En vendant un disque avec un bel emballage, elles ont pensé régler le problème mais n'ont fait que retarder l'échéance. 


Les plus malins tentent de promouvoir une nouvelle technologie en sortant des disques hybrides comme Decca ou Columbia avec les dernières rééditions mixtes cd/sacd des Rolling Stones et de Bob Dylan. Pensent-ils vraiment nous refaire le coup de 1988 et nous faire investir dans des nouveaux lecteurs? Croient-ils vraiment qu'on va racheter à nouveau l'intégrale des Stones pour avoir, comme le disait superbement Philippe Manoeuvre, "Bill Wyman dans le salon"?


L'AVENIR EN VIRTUEL?


L'avenir de la musique, chacun sait, s'annonce virtuel, numérique. Le support cd va disparaître car les gens préfèrent désormais télécharger - légalement ou pas -, stocker leur discothèque sur leur pc et écouter la musique via leur i-pod.


C'est pour cela que le vinyle demeure aujourd'hui la seule façon d'écouter de la musique avec passion. Syd Barrett - Octopus... un disque qui vaut une petite fortune dans sa version originaleL'objet sera toujours plus beau que le cd et son côté inviolable ne le rend que plus précieux. Entre l'édition cd en boîtier plastique mastoc au son moyen et l'édition vinyle (avec poster dépliable et photos grand format) de l'album blanc des Beatles, le choix est vite fait. Un meuble empli de 33 tours, l'air de rien, ça a de la gueule.

 

Au-delà de tout cela, le vinyle a aussi une valeur historique. Avoir chez soi un vinyle de la première édition mono de 1963 de Please Please Me des Beatles, c'est un peu posséder un artéfact important de l'histoire du rock. Un témoignage. Une présence rassurante. 


L'objet prend d'ailleurs encore plus de valeur si on sait que seules les versions stéréo ont été rééditées en numérique. Le mix mono d'une chanson apporte souvent son lot de surprises qui dépasse l'anecdotique. Ecoutez donc "Down In The Street" des Stooges en 45 tours mono pour vous faire une idée, le hammond sorti de nulle part qui y apparaît fait partie de ces bonnes surprises qui rendent son acquisition indispensable...


Evidemment certains disques sont précieux par leur rareté ou par leur importance historique et peuvent atteindre des sommes astronomiques. A l'inverse, on peut facilement se refaire toute la discographie de Pink Floyd sans débourser plus de 5€ par disque si on n'est pas trop regardant.

 

Acheter des disques récents en vinyle s'avère aussi pertinent si on prend en considération le phénomène du téléchargement. Quel intérêt y a-t-il à acheter le nouvel album de Franz Ferdinand en cd alors qu'on peut le télécharger gratuitement (en toute illégalité certes) en mp3? Acheter ce disque en vinyle et le choper sur le net relève du bon sens. On possède un objet magnifique avec une qualité sonore optimale et on le possède aussi en mp3 pour l'écouter dans son i-pod ou sur un lecteur cd traditionnel.


Qu'on ne vienne pas nous parler de morale concernant le téléchargement illégal alors que les maisons de disques essaient de nous vendre la même came encore et encore.


VINYLE ET TELECHARGEMENT, MEME COMBAT


Ne nous voilons pas la face : tout le monde télécharge aujourd'hui. Quand on dit tout le monde, on veut dire toutes les personnes possédant une connection internet et ayant un intérêt pour la musique (et les films éventuellement). Les gens ne répondant pas à ces critères ont bien souvent un ami qui le fait pour eux. Ils ont raison, pourquoi s'emmerder à payer après tout?

 

Acheter du vinyle est un geste militant en ce sens en même temps que l'affirmation d'un style de vie. On est à la fois dans une position réactionnaire et avant-gardiste, à la fois rustique et sophistiquée, mais avant tout un grand malade. Un toxico qui a constamment besoin de sa dose. La traque de ces objets est vaine, sans fin, aliénante souvent mais demeure la raison de vivre de certains d'entre nous. Une idée fixe qui tourne à l'obsession. 


Les maisons de disques l'ont bien compris. On n'a pas vu autant de 45 tours neufs en magasin depuis l'avènement du punk. Quand les White Stripes sortent un nouveau single, il sort en triple exemplaire : un cd et deux 7 pouces (comme on appelle communément les 45 tours), avec des faces B différentes à chaque fois. Dans ces cas là, le vinyl-addict achète les yeux fermés. On a beau faire le rebelle en achetant du vinyle, on se fait toujours rattraper par le système. Voilà pourquoi télécharger est un juste retour des choses.

 

Tant qu'on ne pourra pas écouter les premiers Steppenwolf ou Gong avec le son d'origine autrement que sur vinyle, on passera nos journées à chiner dans les brocantes et les disquaires spécialisés pour les trouver? et nos nuits à les télécharger en mp3 dans leur version médiocre. Ainsi remplirons-nous notre de vie de petits faits divers liés à des découvertes rarissimes et pourrons-nous prétendre apprécier la musique dans sa meilleure forme. Avez-vous entendu comme la basse claque sur l'édition vinyle du dernier Whirlwind Heat? Un délice.


AUCUNE EXCUSE


En 2003, Jack White a envoyé à la presse une édition vinyle d'Elephant en guise de disque promo. Le leader des White Stripes refusait alors que son disque soit chroniqué par quelqu'un ne possédant pas de platine vinyle.
Ce geste militant en a surpris plus d'un, et on a pu lire à cette occasion des commentaires choquants de la part de journalistes sensés avoir l'oreille musicale... Des anecdotes navrantes parlant de grenier poussiéreux et de matériel pas ressorti depuis des lustres. 

 

L'album blanc des Beatles... contient quatre photos grand format, un poster dépliable, deux disques et une pochette-livret numérotéeSoyons clairs : trouver une platine vinyle n'est pas difficile. On en trouve à Darty, la plupart des Fnac et des milliers sur Ebay. Idem pour les diamants et les courroies défaillantes. Tout cela ne coûte, finalement, pas très cher. Aucune excuse n'est recevable, tout est affaire de volonté. Achetez-vous vos disques en supermarché parce que vous avez entendu une chanson à la télé ou à la radio, ou bien trainez vous chez les magasins spécialisés (Virgin, Gibert ou Fnac encore...) et sur internet pour découvrir des nouveaux trucs? Le choix de ne pas acheter de vinyle est bien souvent celui du moindre effort et du manque de temps. Un des nombreux dommage colatéraux de la consommation de masse. On trouve pourtant partout sur internet et dans les villes de taille respectable des magasins offrant un excellent choix de 33 et 45 tours (même si ce commerce tend à disparaître).

 

Voila pourquoi PlanetGong milite pour le retour du vinyle, ou en tout cas, pour ne pas qu'il meure. Un appel lancé pour qu'une culture ne disparaisse pas, celle des fouineurs passionés et des disquaires érudits qui rencardent sur des disques obscurs avec leur faconde rock'n'roll. La culture rock'n'roll, la culture vinyle.

 

Plus que jamais, cette galette de 30cm demeure, en 2006, la meilleure façon d'écouter de la musique, et même plus : une façon de voir la vie. Choisissez votre camp : Pizza surgelée ou faite maison?

 

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