5 décembre 2007 3 05 /12 /décembre /2007 18:37

Hushpuppies
Mardi 23 octobre 2007, Studios d'Europe 2

Pour voir le concert : http://www.europe2.fr/radio/hrh-live/session/8/


Un message arrive dans notre boite, en forme de "répondez-vite si vous voulez voir les Hushpuppies demain soir". Des 40 premiers à avoir répondu à l'appel des Hushpuppies, seuls un vingtaine étaient présents dans les studios d'Europe 2 pour une session exclusive du meilleur groupe français en activité. Les Hushpuppies rien que pour nous!

Difficile d'être dans de meilleures conditions : le son est parfait, aucun écho, on est à un mètre du groupe, pas d'imbécile bourré en manque de contact humain, pas de poseur accoutré. Ce concert fait partie de ces nombreux évènements organisés pour promouvoir le deuxième album du groupe, que le groupe a mis en écoute sur MySpace le matin même. On y découvre un groupe qui a musclé son jeu sur les morceaux les plus lourds et dévoile une passion pour des mélopées aériennes guidées par une basse mélodique.

Le set des Hushpuppies, d'une heure environ, a été époustouflant. La section rythmique n'a pas d'égale en France. Bien aidé par Frank Pompidor, le puissant batteur, le bassiste Guillaume Le Guen fait des merveilles – il est proprement bloquant. Derrière cette assise, le groupe n'a plus qu'à dérouler. Le guitariste Cyrille Sudraud au jeu sec et nerveux est un modèle d'efficacité tout en retenue, le claviériste Wilfried Jourdan propose un son de farfisa rétrofuturiste qui propulse le groupe dans d'autres galaxies, le chanteur Olivier Jourdan finit le boulot à la manière d'un Pelle Almqvist ténébreux. Il hurle, croone et attire tous les regards. Le frontman idéal (même si, depuis toujours, on est réservé sur sa voix, souvent forcée).

A l'écoute de leur concert, on rigole en pensant au débat autour des Naast et autres. Ces jeunes groupes sympathiques ne jouent pas dans la même division  que les Hushpuppies. "Packt Up Like Sardines In A Crushtin Box", "You're Gonna Say Yeah", le nouveau single "Bad Taste And Gold On The Doors" au son puissant ou ce medley monstrueux entre "Single" et le nouveau "Down Down Down"… le set décoiffe (surtout qu'on est à 3m des amplis). Baffe, re-baffe  et uppercut. 1-2-3, on est KO. Hushpuppies sont de très loin le meilleur groupe français actuellement.


Pour voir le concert : http://www.europe2.fr/radio/hrh-live/session/8/ ou cliquez sur les liens individuels des morceaux (qui ne sont pas dans l'ordre du concert...) :
Regardez, écoutez, et montez le volume au maximum, vous aurez une idée du truc.
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5 novembre 2007 1 05 /11 /novembre /2007 12:16

Louie
Metro Club, Londres

11 avril 2007

 

Retour d'un voyage à Londres en forme de pèlerinage. A la différence du festival de Woodstock dont le slogan était 3 days of peace, love & music, ces trois journées de nostalgie dans la capitale britanniqué ont été 3 days of record shops, beer, fish & chips, noodle soup and rock'n'roll

Louie passaient lundi soir au Metro Club, salle située juste à côté de la sortie de métro de Tottenham Court Road dans laquelle on avait assisté au premier concert londonien des Fratellis, en première partie des Sights en novembre 2005. On a avait découvert à peu près la même époque par le biais de leur explosif single "Trees" qui annonçait un groupe prometteur – ce que les concerts et autres simples ("Deadman", "Curves And The Bends") confirmèrent par la suite.

 

En mai 2007, on constate que la situation n'a guère changé pour Louie en deux ans. Toujours aucun album en vue (pourtant le groupe avait annoncé il y a six mois avoir signé avec Elektra et enregistré avec le producteur Stephen Street), et le groupe a fait passer comme message via MySpace que des ventes du single "I Know What You're Doing Tonight" dépendrait le sort du groupe… La seule chose positive pour Louie au milieu de cet océan d'incertitudes, c'est que le versatile NME les soutient comme au premier jour. Cela suffira-t-il à les sauver de la noyade annoncée ?

 

Au vu de la soirée, on en doute. Ce soir Louie ont joué devant une salle à moitié vide. Il y a de quoi déprimer. On a envie de crier de colère, de hurler à l'injustice. Le concert fut brillant. Ces mecs sont le meilleur groupe garage-punk des îles britanniques. Les deux chanteurs se tirent la bourre pendant tout le concert, essayant de surpasser l'autre chacun leur tour, tantôt rivaux,  tantôt en communion totale – ils sont complètement habités par leur musique, sans retenue aucune. Derrière eux, quatre types aux tronches patibulaires (le bassiste est le sosie humain de Murdock de Gorillaz) font tourner une machine punk puissante tout en ruptures et incroyablement catchy. Chaque accord tombe comme la foudre, le guitariste hirsute envoie des riffs dignes de Pete Townshend ou Dave Davies. "Smoking Champagne", "Trees",  "Heartbreaker Skies", "Young Evil Souls" sont des morceaux extraordinaires qui provoquent d'irrépressibles envies de sauter et de gesticuler sans retenue. Une fois l'orage passé, les lumières se rallument, la cinquantaine de personnes personnes présentes dans ce bar en sous-sol en ont eu pour leur argent - même si le concert fut moins intense que la folie furieuse du 100 Club de l'an dernier.

 

Louie sont un groupe formidable, peu de gens le savent. Pas assez trendy, pas assez beaux gosses (leurs concerts s'apparentent à des concours de sales gueules proches des freak shows), pas assez new rave. L'époque est au rock putassier des nightclubs et au batteries mécaniques. Louie portent en eux l'héritage des Libertines plus qu'aucun groupe à Londres, Hull, Sheffield ou Paris. Le créneau qu'ils occupent est en pleine perte de vitesse outre-Manche : le public veut du festif pour se faire sauter le cerveau aux pilules en boîte de nuit : des grosses basses, du minimalisme, de la pose, beaucoup de pose – l'esthétique disco-punk est la norme désormais, le cerveau a pris le pas sur le cœur (et les couilles, aussi oui).

 

Le punk de Louie n'est pas formaté pour la radio et évite les clichés crétins - c'est pour cette raison qu'ils ont quitté le label Island avant la sortie de leur premier album. Double faute si on veut réussir en ce moment. En 2002, ils auraient eu leur place entre Libertines et Datsuns, et auraient imposé leur punk à haute énergie sans même avoir besoin d'écrire une bonne chanson. Après Les Incompétents et The Special Needs, on n'a pas envie de voir un autre groupe au potentiel ahurissant finir dans la rubrique "perdants magnifiques". Ras le bol.

 

Faites passer le mot, parlez-en autour de vous, sur les blogs, les forums, inondez d'e-mails vos magazines préférés, faites quelque chose pour sauver ce groupe tant qu'il en est encore temps. Louie sont le meilleur groupe punk du moment en Grande Bretagne – on met au défi quiconque de nous démentir à ce sujet. On n'a pas vu groupe si intense depuis les Libertines. On vous aura prévenu.



 
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11 septembre 2007 2 11 /09 /septembre /2007 08:45

Second Sex
Gibus, Paris, le 22/06/2007

 

Retour au Rock'n'Rol Friday, à nouveau au Gibus après quelques mois passés au Tryptique. Arrivés dans la salle, après l'accueil viril mais correct de Géant Vert, on ne passe pas par la case bière en raison de ces tarifs toujours aussi prohibitifs (ça n'empêchera pas des dizaines des midinettes de se trimbaler saoules toute la soirée avec une vodka-ice toujours pleine à la main – déduisez-en ce que vous voulez) et on commence à guetter dans la foule la présence des scenesters attendus – la tête à claque des Naast, la souriante Busty visible de loin avec sa tignasse péroxydée, le t-shirt Jimi Hendrix Experience jaune du grand Philippe Manœuvre.

 

La soirée commence par un groupe funky/ska (leur nom importe peu) qui chante des morceaux très gais et chauffe correctement la foule. Leur final est néanmoins catastrophique quand leur "Johnny B. Goode" de balloche est repris en chœur par une dizaine de soiffards qui montent sur scène et tentent de créer un happening. Ambiance potache d'autocélébration d'une scène parisienne. Le batteur des Second Sex est à l'harmonica, tout le monde est vêtu selon l'uniforme fashion, c'est à celui qui posera le plus. Le décalage entre l'attitude des mecs et le vide sidéral du karaoké auquel on vient d'assister est du genre comique.

 

Quand les Prostitutes arrivent, le public les accueille avec une grande ferveur – ils scandent leurs nom en rythme depuis 5 bonnes minutes. Le début de leur set fait impression. Du punk 77 aux riffs nerveux chanté par un mec qui se prend pour Johnny Rotten – du chant nasillard aux insultes au public en passant par les crachats. L'ambiance est électrique, quelques fans essaient d'envahir la scène sans se douter d'un changement d'importance depuis la première partie : Géant Vert assure désormais la sécurité dans la fosse. Le voir attraper tous les velléitaires par la tête avant de les envoyer voltiger dans l'arrière salle est jouissif ("Zongo!").

 

Les Second Sex viennent finir le boulot. La salle est désormais comble, les groupies en sueur crient avec passion le prénom du bassiste (qui porte une horrible veste en jean sans manches façon Bruce Springsteen 1985'), Phil Man est concentré tel le Maharishi sur le côté de la scène. Les 45 minutes de rock'n'roll qu'envoie le groupe dans les dents des sceptiques mettent les choses au point et confirment l'impression que nous avaient laissé leurs premiers morceaux : les Second Sex sont de très loin le meilleur groupe à retenir de cette nouvelle scène parisienne. "Je ne suis pas une fille facile", "Mon Autre Côté", "Lick My Boots" sont les points forts de cet excellent concert. Le dernier nommé rappelle "Baby Please Don't Go" (version Them/Amboy Dukes). Les Second Sex en ont fait au fil des concerts un morceau de bravoure extraordinaire, un truc vénéneux qu'ils étirent sur 10 minutes tendues à bloc. Après un démarrage haletant, la batterie se fait plus calme, maintenant simplement le tempo, la basse se promène, la guitare navigue dans son coin… on attend désespérément l'explosion finale qui part dans tous les sens et envoie tout le monde s'abîmer dans un pogo en forme d'émeute (sauf pour les mineures bourrées de tout à l'heure qui hurlent à la mort, debout sur les tables, suspendues à la tuyauterie du plafond).

 

Paris tient-il son véritable groupe-phare ? Pour nous, la réponse est oui, sans aucun doute. Le mouvement gagne enfin en crédibilité.

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19 juin 2007 2 19 /06 /juin /2007 09:15

Brainville 3
Concert au Musée de la Mine, Saint-Etienne, le 09/06/2007

« My name is Daevid Allen, and I come from a planet called Gong… »


    Ce samedi 9 juin 2007, dans la « Salle des pendus » du musée de la Mine de Saint-Etienne, a eu lieu (dans le cadre du festival des musiques innovatrices) un concert extraordinaire… Par l’intermédiaire de Bruno Meillier (l’organisateur du festival), la ville de Saint-Etienne, déjà réputée mondialement pour l’ampleur et la qualité de sa vie culturelle, a en effet pu accueillir le groupe « Brainville 3 », formé du bassiste Hugh Hopper (« Soft Machine »), du batteur Chris Cutler (qui remplace le regretté Pip Pyle) et du guitariste et chanteur Daevid Allen (« Soft Machine », « Gong »).

    Pendant plus d’une heure (dont dix bonnes minutes consacrées par Daevid Allen au remplacement d’une corde de guitare), le trio a joué une musique hallucinante, entre improvisations en glissando et solos de basse distordus, le tout soutenu par une batterie prodigieuse et infaillible. Devant quelques centaines de spectateurs (dont pas mal de fans de « Gong », qui réclamaient des morceaux de Magick Brother, de Camembert électrique et de You), « Brainville 3 » a offert un concert phénoménal. Après avoir joué des premiers morceaux expérimentaux totalement déstructurés, le trio a interprété dans la suite du concert des chansons à la construction plus évidente ; le groupe a même joué deux versions démentes des morceaux « Hope for Happiness » (1re version album : Soft Machine – Volume One) et « Dynamite : I am your Animal » (1re version album : Gong – Camembert électrique) : les connaisseurs apprécieront…

    Après plus de quarante ans de carrière, Hugh Hopper et Daevid Allen continuent de jouer la musique de leurs débuts ; en puisant leur inspiration dans l’avant-garde rock et les influences jazz et psychédéliques, ils parviennent à transcender les genres musicaux, sans se donner aucune contrainte formelle. Vivre l’expérience « Brainville 3 » en concert est le moyen d’assister à un aspect particulier de l’œuvre d’artistes marquants de l’histoire de la musique contemporaine, mais aussi celui d’appréhender l’univers surréaliste de Daevid Allen.

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23 janvier 2007 2 23 /01 /janvier /2007 11:26

Les Wampas 
Dyonisos 
Marcel et son orchestre
Saint-Etienne, Palais des Spectacles, 09/12/2006


    A l'heure où on essaye - difficilement - de croire à l'éclosion d'une nouvelle scène rock française, trois groupes "établis" se partagent l'affiche dans la plus grande salle de Saint-Etienne, le Palais des Spectacles (4000 places). 

              * Marcel et son orchestre *

    (20h15) Des trois groupes présents ce soir, ce sont les nordistes de "Marcel et son orchestre" qui sont chargés d'ouvrir la soirée. Le combo ska-rock (avec trompette et trombone) livre un show pêchu, joyeux... Exemple d'intro de chanson: "Ceci est une chanson sur les agents de sécurité : et de commencer à chanter "con comme un balai / comme un balai en moins poilu et plus épais..." Le public en redemande... Quelques chansons ont quelques bons gros riffs bien accrocheurs, et le tout est plutôt sympathique, même si les morceaux ska sont tout de même bien gonflants, tout comme le sont les (premiers) commentaires sur l'équipe de foot locale des Verts, blablabla ici on nous a dit que c'était super chaud etc. Le groupe réussit son concert: le public chante, danse, crie, ce qui n'est pas toujours le cas pour les premières parties.

              * Dyonisos *

    (21h30) Avant même que son groupe ne commence à jouer, le chanteur annonce: "c'est le dernier concert de la tournée 'Monsters in Love', alors on veut que ça soit vraiment exceptionnel"; a priori, tout le monde est d'accord... Le concert livré par Dyonisos nous laisse un peu sur notre faim: beaucoup trop de parlote, du style "ici c'est le chaudron alors on veut une ambiance de chaudron vert", "je veux une ovation pour le guitariste", "blablabla Michel Platini", "je vous demande une ovation de folie pour toute notre équipe technique qui nous a suivi blablablabla"... Le rythme du concert est ralenti par ce verbiage, et ce qui est vraiment dommage car le groupe a quelques très bons morceaux rock, capables de faire bouger toute la salle. Quelques morceaux de bravoure du chanteur tout de même: il fait monter une fille sur scène ("ah c'est ton anniversaire, eh bien monte sur scène"), lui fait traverser la scène sur son fondement en la traînant par un pied, parvient (péniblement) à la porter sur son dos, et se met à crier "elle pèse six cents kilos!". Un peu plus tard, il se jette dans la foule, traverse la salle et chante a capela sans micro, finit le concert en slip, après avoir jeté cravate, chemise, bottes, et pantalon dans la foule... Dyonisos est un groupe qui est par moments réellement inventif (intro à l'ukulele, scie musicale, violon dont sortent des sons plus qu'étranges), et par moments, hum, nettement plus limite... Apparemment, le chanteur a suivi des cours de prononciation dans la même école d'anglais que B. Burgalat, "ouène aïl ouoze euh tchaïlde aïl ouoze euh djédaïl". Quand la violoniste se charge des choeurs, tout va bien, quand elle chante un couplet, aïe-aïe-aïe: la tournée a dû être longue, les voix sont éraillées et fatiguées (on n'est pas loin du "Ta gueule le chat, ta gueule le chat")...

              * Les Wampas *

    (23h30) Depuis un petit quart d'heure, les acharnés s'époumonent et scandent leur chant de ralliement "Didier Wampas est le roi"... Ils sont (enfin) récompensés de leurs enthousiasme par l'arrivée du groupe, quand tous feux éteints on entend le chanteur annoncer: "Bonsoir les enfants, ce soir... Ce soir, c'est Noël!". Tenu de gala oblige, Didier Wampas porte un pantalon blanc, un cache-coeur noir et une veste rose à paillettes: la grande classe (il gardera finalement la veste pour trois chansons, son haut noir pour une de plus, puis continuera torse nu - avec l'habituel boa rose autour du cou). "Ce soir ce soir c'est Noël, merci pour toutes ces merveilles..." Grosse ambiance, le groupe enchaîne les morceaux de punk-rock efficaces avec "Yeah Yeah", "Rimini" et le désormais indispensable "Chirac en prison" (une des grandes réussites de la soirée). Un peu plus tard Didier Wampas réclame le silence et annonce: "A présent, tel Moïse qui a fait s'ouvrir les eaux de la Mer Rouge, je vais vous demander de vous écarter devant moi et de me laisser passer... Laissez passer l'envoyé du Très-Haut" Il se rend ensuite au mileu de la salle et entame (assis sur un bidon, ce qui ne semble choquer personne) "Vie, mort et résurrection d'un papillon". Pour ceux qui ne connaissent pas le morceau, il s'agit d'une ballade, sur laquelle le chanteur nous fait découvrir des notes innommables et jusque-là inconnues... Didier Wampas, chanteur rock improbable et magnifique, qui retourne sur scène porté par la foule (en chantant/hurlant: "Que les hauts de la Mer Rouge se referment... Pour l'éternité"). Le concert se poursuit de façon impeccable, le groupe est plus que rodé, et le chanteur en fait des tonnes: il cogne son micro contre le bidon, puis met son micro dans son pantalon pour livrer un solo de percussions en se tapotant l'entre-jambes - un rôle dont va bientôt se charger une jeune fille des premiers rangs, montée sur scène pour l'occasion, puis il donne une chaise au public avant d'aller se percher dessus et de continuer le concert... Le tout ferait presque oublier la musique, qui est toujours la même que ce que jouent les Wampas depuis leurs débuts: du Rock'n'Roll. "Manu Chao", premier grand succès populaire du groupe, est exécuté en à peine plus de deux minutes de joie et de défoulement libérateur. Plus tard, les lumières s'éteignent à nouveau, Didier Wampas hurle "kiss" pendant trois minutes, puis le groupe joue "Où sont les femmes?" de Juvet, puis leur "Petite fille": la scène s'illumine, et se trouve occupée par autant de filles qui peuvent s'y trouver... Sur scène, tout le monde danse plutôt gentiment, mais cela ne semble pas suffire au chanteur: il lance un pogo sur scène, et se retrouve vite au sol, recouvert par une bonne trentaine de jeunes filles qui s'en donnent à coeur joie... La chanson reprend ("Petite fille/je voudrais/passer ma vie/avec toi...") Une dernière fois, tout le monde reprend en choeur "Didier Wampas est le roi"...
    Ce soir encore, c'était le cas

 

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20 novembre 2006 1 20 /11 /novembre /2006 18:15

The Purple Lords & The Naast
Lyon, Vendredi 13 Octobre 2006


Descente exceptionnelle à Lyon ce soir où on est doublement emballés par l'affiche rock'n'roll que propose Le Citron. The Naast sont un de ces jeunes groupes dont Rock&Folk fait l'apologie (et la promo) depuis plusieurs mois – rien d'étonnant à cela car Gustave, le leader de ce jeune groupe est le fils de Paul Rambali, rock-critic reconnu qui collabore souvent avec le canard. Leur premier et plutôt bon 45 tours, "Mauvais Garçon", vient de sortir il y a peu; du rock'n'roll garage sur laquelle plane l'ombre immense des groupes américains sixties labellisés Nuggets. On demande à voir ce que ça donne sur scène, d'autant que le défi est de taille ce soir : les jeunes parisiens ont le malheur de jouer après un des meilleurs groupes garage français qu'on connaisse, The Purple Lords.
Si The Naast sont surmédiatisés, on ne peut que déplorer l'anonymat dans lequel cet excellent combo freakbeat est confiné. On les a vu en 2004 ridiculiser les Embrooks dont ils faisaient la première partie au CCO de Lyon. Depuis, le line-up du groupe a changé et les Purple Lords tardent à décoller. Le match s'annonce s'annonce intéressant…

La 1ère partie est assurée par un duo batterie/guitare nommé Teenage Ladder. Le chanteur a bricolé une guitare d'enfant en scotchant un micro dans la caisse de résonnance. Il en sort un son tout a fait surprenant, granuleux et organique. Le groupe envoie une salve de morceaux très courts dans un registre blues garage, façon Black Keys ou White Stripes du début. Une excellente mise en bouche.

Les Purple Lords ensuite arrivent avec leur nouvelle configuration. Il est rapidement clair que le groupe est en rodage et lutte sur quelquess morceaux – certains regards ne trompent pas –, d'autant que plusieurs sont exécutés pour la première fois en public. Pour autant, personne ne leur en tient rigueur, car la musique qu'ils proposent est véritablement captivante. Leur rock'n'roll garage, à mi-chemin entre Radio Birdman et The Chords emporte rapidement l'adhésion du public, qui de toute façon s'était déplacé pour eux.
La nouvelle rythmique tient la route, les solos de guitare explosent, le groupe – à commencer par son charismatique chanteur au visage angélique – a du talent plein les doigts. Après un milieu de set un rien poussif joué à l'énergie, les Purple Lords terminent leur prestation par une paire de brûlots qui font mouche dont un grand morceau, "Black Rider", qui possède une ligne de basse hypnotique qui résonne encore dans nos têtes au moment où on écrit ces lignes. On aura, en fait, un seul regret à l'issue de ce concert, celui de ne pas avoir eu droit à l'exceptionnelle "Bad Condition", mais peut-être est-on trop exigeant de la part d'un groupe recomposé. Alors que la salle se vide, on entend fuser certains commentaires dans le public concernant l'ordre de passage des groupes. Au vu du show qu'a proposé le groupe, on est plutôt d'accord, et on se dit que les Naast  vont devoir cravacher pour se montrer à la hauteur.

L'enchaînement entre les deux groupes se fait très vite. Leur insupportable manager vient chercher ses poulains, une équipe de film se met en place pour immortaliser le concert du groupe, et les quatre jeunots à la dégaine travaillée (chanteur déguisé en marin, claviériste avec cartouchière à la ceinture, banane rockab, lunettes noires et duvet post-pubère) déboulent sur scène.
Première surprise : la salle, remplie à l'extrême pour les Purple Lords est boudée par le public pour les Naast. Les gens semblent s'être fait leur avis sur le groupe avant de les voir jouer, peu d'entre eux ont eu la politesse, la curiosité ou l'intelligence de rester. Il semble que le hype autour du groupe lui soit néfaste en dehors de Paris (à moins que tout cela ne soit de l'anti-parisianisme primaire mais on en doute…). Les choses paraissent mal embarquées, d'autant que le choix courageux de chanter en français et la voix juvénile du fameux Gustave ne jouent pas en leur faveur. Ajoutez à cela un volume sonore beaucoup trop fort pour une salle en sous-sol aux dimensions lilliputiennes, et vous obtenez l'indifférence (voire même le rejet) d'une grande partie du public. Le groupe possède ses fans néanmoins, littéralement déchaînés au premier rang, qui se donnent en spectacle et emmerdent le monde. On est content qu'ils soient là, car les Naast ne méritent pas autant de défiance.
Leurs morceaux, très courts, sont joués pied au plancher et apportent leur lot de réjouissances. Il est clair que la leçon Nuggets a été retenue, les Naast ont sans doute 40 ans de retard avec leur beat garage gorgé de farfisa mais le simple fait de voir des mecs de 17 ans se prenant pour les Remains ne peut qu'être une bonne nouvelle.

Le problème dans tout ça, c'est que le groupe possède aussi les limites de ses idoles et a du mal à sortir d'un seul type de chanson – celui du morceau garage basé sur un riff simple et joué en 2 minutes. De fait leur concert devient assez vite répétitif et il faut que le groupe envoie son "Mauvais Garçon" pour qu'on adhère à nouveau. On sort plutôt circonspect de leur prestation. Ces mecs proposent un truc intéressant, dans le domaine musical qui nous tient le plus à cœur en plus, mais leur show ne décolle jamais vraiment. Trop scolaire? On se demande finalement si l'usage de la langue française – inadaptée au chant rock, ça fait cinquante ans que des mecs se cassent les dents dessus – ne joue pas contre eux, à moins que ce ne soit cette désagréable sensation d'être en train de regarder un boys band… Quoiqu'il en soit, ces mecs là sont encore très jeunes, laissons leur le temps de progresser sur les routes de France et de devenir autre chose qu'une curiosité.

Pendant ce temps là, les Purple Lords continuent à enchanter le public lyonnais et tout le monde s'en fout… Quelle justice là dedans?

 

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2 août 2006 3 02 /08 /août /2006 09:56

The Rifles

Archway Tavern, Londres
Vendredi 9 Juin 2006


La coupe du monde vient de commencer, une folie furieuse s'est emparée de Londres. Drapeaux aux voitures, croix de St Georges à chaque coin de rue, une dizaine de chansons écrites en l'honneur du onze national... difficile d'échapper à cet évènement attendu par tout un peuple et à l'incroyable vague d'optimisme qui frappe un pays certain de gagner le trophée.

Dans ce contexte particulier, quelques jeunes groupes londoniens ont décidé d'organiser une soirée rock-bière-foot dans une échoppe du nord de Londres. Au programme : The Bishops + The Rifles + plein de jeux débiles + Allemagne-Costa Rica et Pologne-Equateur sur écran géant.

 

On arrive sur les lieux à 1/4 d'heure de la fin du dernier match. Le public est déjà imbibé et cause foot avec les membres des Rifles. Pas de Bishops en vue. Une fois le foot terminé, les Rifles, têtes d'affiche de la soirée, prennent la scène, ce qui signifie qu'on a raté les frimousses des jumeaux des Bishops.. tant pis (on les a vus assez souvent de toute façon pour se faire une opinion favorable à leur sujet).

 

The Rifles sont un quatuor mod de Walthamstow (nord-est de Londres) qui ont pondu avec "Main Offender" un des meilleurs morceaux de l'année en cours. Le groupe a même eu la bonne surprise de voir ce single entrer dans le top 40 des charts malgré une promo minimale. Leur mod-punk est très mélodique et le groupe, à l'image de son chanteur coiffé à la Paul Weller, ne se la joue pas crade et faussement rebelle. Enfin un groupe qui tente de sortir du cliché Libertines (les clones pullulent à Londres ces temps-ci) et qui tente de faire renaître l'idéal mod. L'ombre de The Jam et des Small Faces plane sur tout le concert durant lequel les Rifles charment l'audience. Une mélodie en particulier nous donne des frisson alors qu'on la découvre... (on sait depuis que cette chanson s'intitule "One Night Stand"). Leur premier album promet d'être bon.

 

Une fois le set terminé on se dirige vers le Camden Koko. Ce soir s'y déroule comme chaque vendredi le fameux Club NME où des artistes de premier plan jouent devant la foule la plus hip de la ville, avant des sets DJ d'invités prestigieux qui font la part belle aux tubes indie et punk.


Ce soir des artistes qu'on adore doivent se produire : le trio ska/post-punk/robotique Black Wire, peut-être le meilleur groupe à être sorti de Leeds en 2005. On a déjà assisté à une de leurs performances explosives où invasion de scène et folie furieuse font partie intégrante d'un show fascinant.

 

Après une première partie correcte et une attente interminable devant une scène desespérément vierge de tout matériel, Dan Wilson et Si McCabe (respectivement chanteur et guitariste du groupe) se pointent sur scène sans instruments. D'un ton solennel ils s'approchent du seul micro et annoncent la terrible nouvelle : "our drummer 's dead".
Le public ne s'affole. Dans ce temple de la coolitude britannique, chacun sait que le trio de Leeds joue avec un boîte à rythmes. La maudite machine a rendu l'âme peu de temps avant le show, il est trop tard pour la remplacer. Le groupe s'est escrimé à la réparer, en vain. Le concert de ce soir n'aura pas lieu.

 

Devant la déception de l'audience - resté néanmoins étonnament stoïque -, les deux musiciens sont alors pris d'un sentiment de culpabilité : le public doit en avoir pour son argent! On assiste alors à un grand moment de n'importe quoi. Wilson annonce un striptease... et les deux compères s'exécutent, de façon plutôt gauche. McCabe termine intégralement nu sur scène tandis que le chanteur craque dans la dernière étape du slip violet - à la grande déception des demoiselles du premier rang. La soirée reprend ensuite son cours comme si rien ne s'était passé...

 

Après avoir vu ça, on décide rentrer, direction le bus de nuit. Demain l'Angleterre joue son premier match en début d'après-midi. Pas question de rater ça.

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26 juin 2006 1 26 /06 /juin /2006 13:43

The Strokes,
O2 Wireless Festival, Hyde Park, Londres

 

Ce qu’on n’imaginait pas, le jour ou on a investi 300 balles dans un ticket de concert pour aller voir le festival londonien du O2 Wireless Festival dans l’immense pelouse d'Hyde Park, c’est qu’on serait a Paris le matin meme, en train de plancher sur un examen et de maudire personne et tout le monde a la fois. Consequence malheureuse de cette concordance des dates : notre festival s’en est retrouve considerablement allege. De l’allechant line-up de l’affiche – Dirty Pretty Things, Raconteurs, Belle & Sebastian, Strokes – ne restait que la moitie quand on arriva a 18h30, tout frais sorti de l’Eurostar et du metro.

 

Manquer le set des Dirty Pretty Things ne fut pas un drame en soi. Les ayant vu quatre fois en l’espace d’un mois – sans compter le tournage de “Deadwood” -, c’etait un luxe qu’on pouvait se permettre. Par contre, le fait d’arriver a trois morceaux de la fin du concert des Raconteurs fut desesperant. “Broken Boy Soldier”, “Blue Veins”, “Hands”. Voila ce qu’on a vu. Difficle des lors de juger la qualite de ce groupe. On a surtout ete marque par la mollesse generale de l’ensemble et le collier de barbe facon amish de Jack White. Une deception? Difficile a dire. On aurait adore entendre l’excellent “Steady As She Goes” ou les reprises de “A House Is Not A Motel” de Love et “It Ain’t Easy” (popularise par David Bowie sur Ziggy Stardust). Tant pis.

 

Alors que le vent se levait et que quelques jeunes anglaises en tongs et mini-jupes commencaient a marquer les pelouses de leur empreinte biliaire, Belle & Sebastian prirent la scene d’assaut - facon de parler bien evidemment.

Commencant par “Stars Of Track and Fields” histoire de mettre tout le monde d’accord, le quintuor?sextuor?septuor?octuor? ecossais entama un concert entierement compose des morceaux de son recent album, le tres bon The Life Pursuit. Vent glacial, voix defaillante de Stuart Murdoch – peut-etre enroue -, public peu concerne… la prestation du groupe fut loin d’etre l’explosion pop qu’on attendait. Une legere deception, d’autant qu’une evidence nous est apparue alors qu’on assistait a ce concert : les chansons et les orchestrations de Belle & Sebastian sont magnifiques. Si seulement ils avaient joue une selection plus diversifiee de tous leurs albums! Pas de “The Boy With The Arab Strap”, ni de “Piazza New York Catcher” ou “Expectations” ce soir. Ca fait quand meme raler…

 

Le temps d’aller chercher une biere dans une de ces stands demesurement grands et les Strokes etaient deja sur scene, les cheveux toujours plus longs et les jeans toujours plus serres. Entamant leur set quasi-exclusivement avec des morceaux issus de leur recent First Impressions Of Earth (les singles “Heart In A Cage” et “You Only Live Once” puis “The End Has No End” du second album puis “Red Light” et “Juicebox”), les Strokes prirent le risque de faire un flop d’entrée. Pas de probleme de ce cote la, le public ci-present connaissait parfaitement sa lecon et leur apporta son soutien total.


Sans surprise, le premier morceau tire d’Is This It crea une mini-emeute. “Someday” fut une claque monumentale pour les milliers de personnes ici, et la prevue indeniable que les Strokes envoient du lourd sur scene. Les statues poseuses et timides qu’on avait vu en 2001 en concert se sont muees en un veritable groupe de rock, ou certes Julian Casablancas n’en fait pas des masses, mais ou les guitaristes flambent comme il n’est plus permis depuis la fin des annees 80. Les soli – excellents, toujours tres inspires – de Nick Valensi commencent a tourner a la demonstration technique vaine mais reussissent encore a garder l’equilibre en leur faveur. Sa coiffure hair-metal-80s elle souleve quelques interrogations. Les Strokes seront-ils les nouveaux Europe ou Def Leppard? Le chant – souvent erratique il faut bien avouer – de Julian Casablancas ne leur permet pas encore de suivre cette voie la. Ouf.

Encore en train de promouvoir leur recent disque, les Strokes ont laisse les morceaux du troisieme album occuper la quasi integralite de la set-list. Le probleme, c’est qu’apres avoir goute du premier album, le public en redemandait. Quand Casablancas se mit a crooner et que Valensi sortit le synthetiseur pour jouer le soporifique “Ask Me Anything”, notre patience fut serieusement testee.


“Reptilia” arriva ensuite reveiller les troupes. De tres loin le meilleur morceau de l’album Room On Fire (leur deuxieme), ce morceau s’avera aussi le meilleur de la soiree. Les Strokes deciderent alors de passer la vitesse superieure pour terminer leur concert en beaute. “Vision Of Division” et l’extraordinaire “Barely Legal” terminerent le set de maniere energique avant un rappel rageur.


Apres les 5 minutes traditionnelles de faux depart, les Strokes revinrent sur l'emmense scene de l'O2 Wireless Festival. Un riff qui resonne dans le ciel londonien, un refrain federateur, “New York City Cops” a ensuite mis le public en transe pour trois minutes memorables.


La surprise de la soiree survint dans la foulee de cette pepite punk. Le groupe qui se faisait fort en 2001 de ne jamais faire de reprise (ceci ayant pour resultat des concerts de moins de 45 minutes), se lanca dans celle, toujours delicate, d’un des plus grands classiques du rock new yorkais, “Walk On The Wild Side” de Lou Reed.


Il n'est nul besoin de preciser que l’accent trainant de Casablancas colle parfaitement a la chanson que le groupe a interprete superbement, jusqu’au solo de saxophone transcrit a la note pres par l’eclatant Nick Valensi. La seule fausse note concerna le public : on devait etre a peu pres trois a chanter le  refrain et ses fameux toumdoumtoumdoumtoum. Excellent moment neanmoins.


Le concert s’acheva comme d’habitude sur “Take It Or Leave It”, ultime chanson precedent le depart de millier de personnes pleines de biere vers le metro le plus proche. Hyde Park se trouvant a proximite des quartiers chics de Knightsbridge et South Kensington, la faune locale a du etre horrifiee devant tel deferlement en masse de silhouettes titubantes. Dire que la semaine prochaine on rentre en France...

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24 mai 2006 3 24 /05 /mai /2006 13:11

Dirty Pretty Things : tournage du clip de "Deadwood"
Ou "Que faisiez-vous le mardi 17 Mai 2006?"

 

Lundi soir on recoit un e-mail : le rendez-vous est a 13h a la station de Bethnal Green au nord est de Londres. Merde. Hounslow est a l'exact oppose sur le plan de metro et je bosse toute la journee a cette foutue ecole. Il va falloir jouer serre. A 11heures, je m'eclipse. Ma sortie des lieux se fait sans mauvaise rencontre mais la vieille comptable me regarde partir d'un air circonspect. On achete quelques bieres, on enleve ses badges Babyshambles et Libertines - inutiles - et on monte dans la machine.

Une heure plus tard on deboule de l'obscurite a l'exact oppose de la capitale. On distingue pres du parc quelques jeunes gens aux allures de fashion victims. Quelques rayures, du rose fluo, des coupes de cheveux peroxydees : un rassemblement de freaks a lieu sur le trottoir oppose. On s'y glisse et on entame notre principale activite de la journee : on attend.

Le temps passe, on discute, on emet des hypotheses delirantes sur notre future destination et finalement les deux cars arrivent pour nous emmener. Seul probleme : la ou le management attendait une centaine de personnes, seule une quarantaine s'est pointee. Les portables chauffent "vas-y viens je te dis, ils ont besoin de monde"... on decolle a 14h30.

Les cars nous emmenent a Brentwood, a la lisiere de Londres, magnifique ville champetre au cachet so british. On arrive dans un champ, sur lequel on se pose et ou on nous invite a manger des chips au vinaigre et du chocolat trop sucre. Assez rapidement, deux stylistes donnent leurs instructions. L'enjeu est de taille car leur selection determinera qui figurera au premier plan lors des scenes du clip. On commence a croire aux miracles lorsqu'une des fashionistas nous selectionne pour ce role... mais on dechante immediatement. Assis sur la gazon, ca allait. Debout, ca ne va plus. On est trop grand. Vous etes le maillon faible, au revoir. On ne voit pourtant pas ou est le mal de faire passer Carl Barat pour un nain (j'ai les boules? oui)...


Peu de temps apres le groupe arrive aupres de nous ("the fans"), nous ignore superbement et va sous une tente s'enfiler le copieux repas concocte par le cuistot perso du tournage. Une ligne virtuelle est alors tracee entre les "in" et les "out". On est reduit a regarder Gary Powell macher des pommes de terre pour passer le temps. Gemini carbure pas au mazout...


Apres une attente interminable dans le bus (pour eviter la pluie), on est finalement dirige vers le lieu de tournage principal, une vieille ferme qui possede une magnifique grange en bois. Sur les lieux, on retrouve quelques tetes connues comme les techniciens son du groupe, l'officielle de Carl Barat ainsi qu'Anthony Rossomando qui refuse de prendre part a la scene. Certainement parce qu'il sait ce qui va s'y passer. 
L'assistant-realisateur, beugleur de premiere, invite les gens a rentrer dans la grange pour enregistrer une scene-cle du clip. Fidele a la tradition anglaise, on se glisse dans la queue tranquillement. Erreur. Alors que seulement la moitie des "fans" sont rentres, la rideau se baisse : il y a assez de monde a l'interieur, merci. On aurait du jouer le coup a la francaise, avec les coudes.

La scene est tournee deux fois. A l'issue de la premiere tentative, on voit des gens hilares et plus generalement ebahis sortir de la grange. La scene consistait en un strip-tease effectue sur une table par une plantureuse danseuse vetue en mariee hot, encouragee par les vivats du public. On reconnait bien la l'aspect burlesque des soirees Bright Young Things de Carl Barat (qui livrent elles aussi leur lot d'effeuillage). Le groupe sort se degourdir les jambes et discute avec tout le monde. Des millions de photos sont prises, quelques disques signes.

Les rejouissances commencent ensuite pour le groupe comme pour le public. Le groupe va maintenant jouer "Deadwood" pour les besoins du clip. Cette fois-ci tout le monde est convie, bien que toujours dispose selon un tri (les sales trognes au  fond, les belles gueules devant). On est dans le groupe 2, ce qui est plutot rassurant pour l'ego. Les gens du fond peuvent se poser des questions. Cruel.
Le groupe joue son morceau, que plusieurs cameras mettent dans la boite (sur scene, dans le public, du fond de la salle). Le realisateur est content , on est aux anges. Dirty Pretty Things jouent un concert quasi integral juste pour nous dans la foulee et se permet quelques fantaisies comme "Eight Days A Week" ou en gratouillant les intros de "Supersonic" d'Oasis et de "Panic Attack" des Paddingtons.

Le realisateur remet alors son grain de sel et demande au groupe de rejouer "Deadwood" avant de terminer. Barat lance alors les premiers accords de la chanson a 150 a l'heure et le groupe enchaine. En moins d'1min30 le truc est torche, le realisateur bouffe son beret. Plutot drole.
Il essaie alors d'expliquer au groupe que le tournage n'est pas fini, qu'on a pas le temps, bla bla bla... Excede, Rossomando, lui explique qu'on ne doit pas l'interrompre lorsqu'il joue, mec, et lance l'intro de "Bang Bang You're Dead". Succes enorme, le public est fou.
Pas begueule, le groupe enchaine neanmoins sur "Deadwood"... version reggae. Carl Barat arrete alors tout : "very  clever..." et joue le morceau pour de bon.

Apres une distributin massive de bieres, la soiree s'acheve avec une scene filmee a l'entree de la grange. Le decor consiste en une jaguar rouge defoncee, quelques tonneaux en feu facon Mad Max 2, des canapes, et des guirlandes d'ampoules pendues au plafond de la ferme. Au milieu des figurants, un des acteurs en smoking (visiblement le marie) donne des vigoureux coups de pied dans la voiture. Il est rapidement suivi par Carl Barat et Anthony Rossomando qui ruinent la piece de collection a l'aide d'un maillet puis d'un cheval a bascule (demandez pas...). Comble de la connerie, Barat finira avec une grosse coupure a la main. Pas de quoi l'empecher de jouer le lendemain neanmoins.


Rideau. Les "fans" rentrent - a l'exception de quelques demoiselles qui seront filmees dans un lac pour un bain de minuit qu'on imagine gele. On decolle du plateau vers 23h et le bus ramene tout ce beau monde a Bethnal Green.


Le clip de "Deadwood" s'annonce tres stylise plutot drole a regarder. Il semble que le groupe cherche a se donner une image un peu subversive tout en presentant des elements retro-chic chers a Barat. Le numero de music hall et l'ambiance burlesque du clip devrait rejouir les romantiques, tandis que le cassage de bagnole - qui releve un peu du  vandalisme inutile - frappera plus les esprits faibles et les bourrins. On y a vu une reference a Pete Doherty et sa collection de Jaguars vintage (avec lequel il passe son temps a se faire arreter). Evidemment, le groupe va refuter cette these comme il l'a fait pour les textes de l'album.

Excellente journee.

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4 mai 2006 4 04 /05 /mai /2006 08:58

The Zutons,
Shepherds Bush Empire, Londres

Mercredi 26 Avril 2006

 

Moins d'un mois apres avoir presente en exclusivite les morceaux de son nouvel album au Camden Koko (excellent concert), The Zutons sont de retour a Londres pour defendre ce Tired Of Hanging Around qui a recu un accueil un peu tiede de la part de la presse britannique.

 

La derniere fois, c'etait l'excellent groupe rockabilly Vincent Vincent & The Villains qui ouvrait pour les liverpuldiens. Ce soir, alors qu'on s'attend a voir les Little Flames, nouvelle signature du label Deltasonic (The Zutons, The Coral, The Dead 60s...), surgit Howie Payne, chanteur des Stands (groupe qui n'existe plus aujourd'hui) et frere de Sean Payne, batteur des Zutons. Suite a un empechement, on lui a demande d'effectuer la premiere partie de ces derniers. Simplement arme d'une guitare acoustique, le frangin s'execute et livre une prestation touchante composee de morceaux de ses deux albums comme "When This River Rolls Over" (ou il est rejoint par Abi, saxophoniste des Zutons) et "Here She Comes Again" ainsi que quelques nouvelles chansons toujours dans ce registre Bob Dylan/Neil Young. Une bonne surprise.

 

Lorsque les Zutons arrivent et que "Zuton Fever" explose dans les enceintes, le public entre en transe, un etat qu'il ne quittera plus jusqu'a la fin du concert. Les morceaux du premier album sont des hymnes que les gens connaissent par coeur et chantent a tue-tete. Mention speciale a "You Will You Won't" (qui possede un groove monstrueux), l'energique "Havana Gang Brawl", et les ballades "Confusion" et "Remember Me". Mieux encore, les chansons du deuxieme album se revelent egalement taillees pour la scene et trouvent une nouvelle profondeur live. Les Zutons en concert sont nettement plus rock'n'roll que sur disque et les meilleurs morceaux de Tired Of Hanging Around comme "Valerie", "Why Won't You Give Me Your Love" et "It's The Litttle Things We Do" sont emplis de cette folie douce qui nous plait chez ces liverpuldiens et qui manque cruellement a ce deuxieme album en retrait par rapport a Who Killed The Zutons?.

 

En rappel le groupe envoie son single paru entre les deux albums "Don't Ever Think Too Much" - peut etre leur veritable tube - avant de partir dans l'odyssee aux fragrances orientales de "Zutonkhamun" qui leur permet de s'egarer dans des improvisations jazz-rock qui finissent de mettre le public a genoux. On sort de ce concert le sourire scotche aux oreilles apres un spectacle rafraichissant execute par un des groupes les plus sympathiques et engageants qu'on connaisse. Les Zutons sont passionnes par leur musique et s'eclatent veritablement sur scene. Cette energie communicative fait de leurs concerts des moments a cherir, des instants d'eternite ou tous les soucis de la planete vont se faire voir. La meilleure therapie aux malheurs du monde.

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