18 août 2011 4 18 /08 /août /2011 06:51

Viva Brother - Famous First Words

Viva Brother -

Famous First Words

(Geffen 2011)

 

 

En 2005, Kaiser Chiefs initiaient un revival britpop avec Employment, leur plaisant premier album qui devait beaucoup à Blur (période Great Escape). Maintenant qu'ils semble être passés à autre chose, et alors qu'Oasis semble ne plus qu'être qu'un souvenir pour les frères Gallagher qui ont chacun de nouveaux projets, voici qu'arrive Viva Brother, jeune groupe venu de Slough (à l'ouest de Londres) qui semble s'être donné comme mission de ressusciter l'esprit d'Oasis, Blur et autres Suède – et accessoirement d'en reproduire le succès.

 

La copie est parfois tellement conforme à l'original que c'en est presque gênant. Viva Brother – dont le nom original Brother a du être modifié en raison d'un problème de copyright – ont accumulé ces derniers mois les déclarations tapageuses dignes des fragins Gallagher ("We want to headline Glastonbury. And we will", "It’s time for a proper band with some bollocks", ce genre de choses), le plus souvent emmitouflés dans les parkas, shades sur le nez et la moue boudeuse. Le titre de l'album "Famous First Words" persiste dans cette veine, mais le plus choquant provient sans doute du contenu de l'album : "Electric Daydream", "New Year's Day", "Otherside" … nombreux sont les morceaux font plus qu'évoquer Oasis période "Columbia" ou le Suède de "Beautiful Ones". Le jeu de guitare de Lee Newell et certaines de ses intonations empruntées à Liam Gallagher brouillent parfois la frontière entre véritable groupe et tribute-band.

 

Sans surprise, tout cela sonne au mieux amusant quand le pastiche est réussi, consternant quand l'exercice tourne en rond. Si toute la démarche de Viva Brother parait profondément honnête, tout cela manque un peu de verve, de cette agressivité sous-jacente et de cette foi indéfectible de changer le monde qui rend Definitely Maybe encore pertinent aujourd'hui. L'écueil principal de Viva Brother ici, est justement l'absence de ces bollocks que le groupe revendique. En s'appliquant à sonner consciencieusement comme ses modèles, le groupe ne fait preuve d'aucune originalité et tire à blanc pendant les dix morceaux de cet album qui n'a rien de conquérant. Un des faits amusants de "Famous First Words" est qu'il a été produit par Stephen Street, référence nineties s'il en est, qui donne à la production la patine 90s qui fait que cet album atteint son but (sonner comme un groupe britpop anonyme), et ne présente justement aucun intérêt.

 

 

 

 

 

Tracklisting :

 

      1    New Year's Day   
      2    Still Here
      3    David 
      4    High Street Low Lives  
      5    Electric Daydream 
      6    Darling Buds Of May  
      7    Otherside  
      8    Fly By Nights  
      9    False Alarm 
      10    Time Machine

 

 

 

Vidéos :

 

"New Year's Day "


 

"Darling Buds Of May"


 

"Still Here"


 
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16 août 2011 2 16 /08 /août /2011 04:37

Wu-Lyf-Go-Tell-Fire-To-The-Mountain.jpg

Wu Lyf -

Go Tell Fire To The Mountain

(LYF Recordings 2011)

 

 

Un orgue d'église, une batterie emplie d'écho, des guitares carillonnantes, un chant animal, un nom ronflant ("World Unite Lucifer Youth Foundation") : tout est exagérément over the top chez les anglais de Wu Lyf dont le premier album soulève l'enthousiasme des deux côtés de la Manche.

 

Qu'un groupe aussi médiocre rencontre un tel succès critique a pourtant de quoi surprendre. Les grosses ficelles utilisées par Wu Lyf sont classiques. Le râle d'Ellery "Rod Stewart à 3 grammes" Roberts semble fasciner les foules tout autant que les thématiques taillées pour les fans de Twilight et Da Vinci Code. La grandiloquence des morceaux – qui, après des océans de platitude, explosent invariablement dans des refrains beuglés par le chanteur  –, frappe par son ineptie. Ces pièces montées qui n'autorisent au groupe que de varier entre emphase triomphante et moments d'émotions sur-affectés lassent rapidement. Rien n'est épargné à l'auditeur dans cet album où les mélodies n'ont pas droit de cité. Les effets en forme de cache-misère se multiplient (amateurs de reverb, ce disque est fait pour vous), le groupe recycle le coup vieux comme le monde de la marche militaire pop ("Such A Sad Happy Dog"), reprend des plans à Vampire Weekend ("We Bros"), le chanteur geint du début à a fin dans un charabia incompréhensible, le groupe refuse toute notion de groove et, surtout, ne propose aucune véritable chanson digne de ce nom. Une belle entourloupe.

 

Non, le génie de ces mancuniens réside surtout dans leur stratégie de communication. Wu Lyf ont compris les vertus de l'anonymat : masquez vous, répondez aux interviews de façon élusive, refusez les sollicitations des organes de presse sensationnalistes tels que le NME (mais faites néanmoins savoir sur le net que vous avez refusé de leur répondre). Ajoutez à cela une pincée de paranoïa et de mystique ("Lucifer Youth", vraiment ?), une imagerie religieuse opaque, des titres obscurs ("Spitting Blood", " 14 Crowns For Me & Your Friends "), donnez l'impression que vos fans sont membres d'un club fermé (en mettant en vente votre démo ultra-limitée qui comprend le foulard d'adhésion au club à £50), enregistrez votre album dans une église désaffectée, et vous rendrez le groupe encore plus impénétrable et fascinant que les Francs-Maçons, les Illuminatis et la Skull & Bones Society réunis. Avant même d'avoir publié le moindre morceau, Wu Lyf était le groupe le plus cool du monde. Un rêve pour les geeks et pour les dirigeants de maisons de disques. Même pas besoin de faire de la musique pour être attendu comme le grand groupe de demain.

 

La vérité malheureusement, c'est que Go Tell Fire To The Mountain est un album pénible. Si on n'a aucun mal à croire que les prestations live du groupe sont fascinantes, on imagine que c'est essentiellement en raison de l'attitude de la foule dévote dont le comportement est proche de l'hystérie. Wu Lyf est le groupe qu'il faut aimer. Ceux qui ne le font pas sont des imbéciles, des infidèles. Ne vous méprenez pas pourtant, il n'y rien de révolutionnaire dans la musique de ce groupe qui navigue dans des eaux balisées, maintes fois abordées, quelque part entre la grandiloquence d'Arcade Fire,  l'indie caverneuse US dans l'air du temps (Beach Fossils, Shimmering Stars…) et la scène 80s de Manchester (Happy Mondays). Wu Lyf est la plus belle baudruche de l'année, vivement qu'elle se dégonfle.

 

 

 

 

Tracklisting :

 

1. LYF
2. Cave Song
3. Such A Sad Puppy Dog
4. Summas Bliss
5. We Bros
6. Spitting Blood
7. Dirt
8. Concrete Gold
9. 14 Crowns For Me & Your Friends
10. Heavy Pop

 

Le site officiel du groupe : www.wulyf.org/ (on a d'ailleurs rarement vu un site où un groupe mettait autant de liens pour vendre son album - cf la section "Buy $hit")

 

 

 

 

Vidéos :

 

"Heavy Pop"

 

"Spitting Blood"

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15 octobre 2010 5 15 /10 /octobre /2010 14:53

Kings Of Leon - Come Around Sundown

Kings Of Leon -

Come Around Sundown

(RCA 2010)

 

 

Attention, on est prévenu, la maison de disque a fait tourner l’info, les pubs abondent et les yes men du milieu pop-rock le répètent à tout bout de champ : les Kings Of Leon opèrent avec leur nouvel album à un retour à leurs racines. Une information surprenante mais qui génère plus d’incrédulité que d’intérêt véritable : il y a longtemps qu’on n’attend plus rien des Kings Of Leon, longtemps que ces ex-moustachus ne nous inspirent que déception et mépris. Aujourd’hui devenu le groupe rock le plus populaire des USA – et très probablement du monde – l’entreprise familiale des Followill a révélé depuis longtemps sa vraie face cynique et mercantile. Comment aujourd’hui croire à un retour du groupe qui nous avait fait chavirer avec Youth & Young Manhood ?

 

Pour mieux se mettre en condition, on a réécouté cet album avant de lancer ce Come Around Sundown, histoire de zapper les trois albums calamiteux (surtout les deux derniers) qui ont fait basculer les Kings Of Leon du côté des groupes tièdes accessibles au grand public. Notons au passage que la vidéo du single "Radioactive" qui tourne depuis quelques semaines sur les plateformes vidéo nous avait déjà mis la puce à l’oreille concernant le "nouveau" son du groupe, plus inspiré de U2 que de Creedence Clearwater Revival.

 

On ferme les yeux, on appuie sur play. L’album commence par un son de batterie emplie d’écho, aussi déplaisant que récurrent chez le groupe ces dernières années, puis une ligne de basse vient au premier plan, suivie de la voix geignarde du chanteur Caleb Followill. Première réaction : à l’ouest rien de nouveau. Le morceau s’appelle "The End" et porte en lui la promesse d’un album long et chiant. So long pour le retour aux sources, il va sans dire que le contraste avec "Holy Roller Novocaine" qu’on vient d’écouter est assez criant.

 

La suite est sans surprise. On a droit au sous-U2 de "Radioactive" qui vise la tranche d’âge des jeunes actifs de 25-35 ans qui écoutent Virgin Radio et vont une fois l’an au Stade de France assister au concert de la sensation pop-rock du moment. "Pyro" et "The Face" ensuite semblent démontrer que les Kings Of Léon ont toujours recours à la même formule d’écriture : dans les deux cas on a droit à un gros refrain à trois notes et plein de "Aaah-aaah-aaaah" après un long couplet qui se veut "contemplatif". Même punition pour "Mary", avec la notable exception qu’ici même les couplet sont assommants de lourdeur. Au delà de la voix distinctive de Caleb Followill, la véritable marque de fabrique du groupe reste l’absence de mélodies. Les Kings Of Leon se contentent ici de montrer leurs muscles en martelant leurs instruments lors de refrains pompiers qui viennent ponctuer de longs couplets laborieux. On n’ose imaginer des versions acoustiques de ces morceaux.

 

La première surprise de l’album arrive finalement au sixième morceau "The Immortals" qui commence de façon funky avant de retomber dans la routine du groupe. On est à mi-chemin de l’album et le constat est limpide : 1. le retour aux sources tant annoncé est un mirage, 2. le nouvel album des Kings Of Leon est la copie conforme de ses deux prédécesseurs. Pourquoi s’ennuyer à écouter la suite de l’album alors ? Par un professionnalisme doublé d’une dose de masochisme sans doute. Parce qu’il faut bien que quelqu’un le fasse aussi, pour épargner cette peine aux derniers fans de la première heure qui auraient cru à une éventuelle résurrection.

 

Ainsi, "Back Down South", avec ses violons country et son tambourin, ressemble enfin à une chanson sudiste, sans pour autant émouvoir. Sobre et ensoleillée, "Beach Side" est sans doute la chanson la plus agréable de l‘album, le seul moment où on perçoit un peu les Kings Of Leon de jadis, un sentiment que la grandiloquente "No Money" vient rapidement effacer. Plus loin, "Pony Up" démontre que le groupe semble avoir apprécié les rythmes chaloupés du récent XX, tandis "Birthday" ne ressemble à rien, si ce n’est à une dizaine d’autres chansons insipides écrites par le groupes ces dernières années.

 

La première vraie tentative de mélodie de l’album arrive finalement avec le douzième morceau "Mi Amigo", qu’on a la faiblesse d’apprécier après une traversée du désert de 39 minutes. Promis, si on a le courage, on le réécoutera en dehors du contexte de l’album qui, de son côté, se termine comme il a commencé, par un morceau sans vie. Celui-ci s’appelle "Pickup Truck", pas grand chose d’autre à en dire.

 

Au moment de conclure cette chronique qui ne devrait pas agiter grand-monde hormis deux ou trois fans tombés sur PlanetGong par hasard (et qui ne manqueront pas de s’insurger) et quelques camarades qui doivent se demander pourquoi on s’est ainsi infligé telle torture auditive, on ne peut s’empêcher d’avoir un pincement au cœur. Au début des années 2000, on rêvait de voir Strokes, White Stripes et Coral au sommet des charts. De tous les groupes de la vague rock de cette période, certains ont eu un ou deux tubes ponctuels, mais les Kings Of Leon sont les seuls aujourd’hui à avoir mis l’Amérique à genoux. Dommage que ça soit de la plus triste des façons, en vendant leur âme. On a cru à la possibilité d’une rédemption mais ce Come Around Sundown confirme qu’il n’y a pas grand chose à sauver au royaume de Léon.

 

 

 

 

 

Tracklisting :

 

1. The End
2. Radioactiveanti.gif
3. Pyro
4. Mary
5. The Face
6. The Immortals
7. Back Down South
8. Beach Side
9. No Money
10. Pony Up
11. Birthday
12. Mi Amigo
13. Pickup Truck

 

Le groupe sur MySpace : www.myspace.com/kingsofleon

Ceux qui y tiennent vraiment peuvent récupérer (et pré-écouter en partie) l'album sur Amazon Deutschland .

 

 

 

 

Vidéo :

 

"Radioactive"


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7 septembre 2009 1 07 /09 /septembre /2009 13:13

Jet - Shaka RockJet -
Shaka Rock

(Real Horrorshow 2009)


Ca y est, ils l'ont fait, ils sont définitivement passés de l'autre côté. A force de se pencher trop souvent au dessus du vide musical, Jet ont fini par tomber dedans. Leur dernier album en date n'est qu'un condensé de ballades braillardes, de morceaux rock aux gros refrains et au son taillé pour les radios campus américaines.

 

On ne dira pas qu'on ne l'avait pas vu venir, car la trajectoire descendante du groupe est limpide : après un premier EP enthousiasmant, Jet avait publié Get Born, un premier album mi-figue mi-raisin mais porteur d'espoir. Son successeur, Shine On, voyait le groupe s'embourber un peu plus dans un rock pataud et des ballades prévisibles. Pourtant, naïvement sans aucun doute, on croyait encore que le groupe pouvait nous surprendre. Et dire qu'à leurs débuts on avait perçu en eux un groupe rock'n'roll au potentiel intéressant, proche des Datsuns… On s'est méchamment trompé. 

 

Shaka Rock, au titre idiot et à la pochette hideuse, commence par un morceau poussif nommé "K.I.A. (Killed In Action)" avant d'enchainer sur une embarrassante tentative de fusion rock/reggae nommée "Beat On Repeat". N'est pas The Clash qui veut, on se croirait presque chez Hard-Fi. Plus loin, "She's A Genius" est une redite inutile de "Get Me Outta Here" (tirée de Get Born) et "Black Hearts (On Fire)" sonne comme un morceau des Rolling Stones des années 80 (les amateurs apprécieront). Après 4 morceaux, on en est déjà à se demander pourquoi on s'inflige telle punition mais on s'accroche. Las, "Seventeen" vient porter le coup de grâce dès les premières notes de piano qui évoquent l'horrible "Hold The Line" de Toto. Le reste du morceau est tellement pénible que ne pas appuyer sur la touche "Forward" relève de l'exploit. Arrive "La Di Da", premier morceau possédant un peu de souffle et d'énergie, mais malheureusement quelque peu gâché par une production sans subtilité.

 

Après un "Goodbye Hollywood" sur lequel on ne s'attardera pas, un "Walk" au refrain insupportable, un "Times Like This" digne du plus crétin des groupes californiens et un "Let Me Out" fatigant, un constat s'impose : les 10 premiers morceaux de Shaka Rock sont mauvais. Il en reste 4 sur l'album, et on ne voit pas ce qui changera le verdict. Le 11ème morceau étant intitulé "Start The Show", on se dit que peut-être la fête commence ici, mais on n'y croit pas vraiment. En fait, passé ce stade, seul un morceau extraordinaire de la pointure du meilleur des Beatles ou des Kinks pourrait nous inciter à remettre l'album dans la platine un jour futur. C'est évidemment complètement illusoire, d'autant que l'insupportable ballade "She Holds A Grudge" vient nous conforter dans notre rejet envers le groupe. Encore plus dégoulinant que Coldplay et Robbie Williams réunis, ce morceau est de nature à provoquer des acouphènes. Ainsi, les deux derniers morceaux, d'approche plus folk, sont salutaires car plutôt audibles. Ils permettent de ne pas avoir à se boucher les oreilles pendant qu'on cherche un autre disque à mettre illico, ce qui est tout de même pratique. Le dernier morceau s'intitule "Everything Will Be Alright", ce qui interpelle car on est quand même assez pessimistes concernant la carrière de Jet  si le groupe continue à publier des disques aussi ineptes que ce Shaka Rock qui ne remue pas grand chose.

 

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23 mars 2009 1 23 /03 /mars /2009 17:02

Yeah Yeah Yeahs - It's Blitz Yeah Yeah Yeahs -

It's Blitz

(Interscope 2009)

 

 

It's Blitz ! donc... où l'histoire d'un disque au titre antinomique à son contenu dans lequel Yeah Yeah Yeahs abandonnent leurs instruments d'origine pour n'utiliser que claviers et autres batteries synthétiques. L'arrière-plan électro devant lequel Karen O chante durant tout l'album semble tout droit sorti des années 90 et brille par son manque d'imagination (à l'image de "Heads Will Roll", sur lequel le groupe essaie de s'accrocher au wagon dance de Klaxons). Les morceaux, interminables, flirtent tous avec la barre des 4 minutes et s'enchaînent sans passion. La grandiloquence de certains prête à sourire ("Runaway"), le sérieux et l'application avec lequel Karen O en interprète d'autres est digne d'un contestant de la Nouvelle Star ("Soft Shock", soit "Maps" revisité pour la énième fois par le groupe). Quand le groupe tente des grooves hypnotiques dans "Shame And Fortune", il accouche d'un truc mille fois entendu, sans intérêt.

 

La seule chose qui ressemble à un morceau rock ici est "Dull Life", qui rompt avec la léthargie du premier quart d'heure de l'album. Pas le morceau de l'année, mais le signe qu'il y a encore un peu de vie chez les Yeah Yeah Yeahs. Pour le reste, il n'y a plus que le nom du groupe qui ait encore quoi que ce soit de rock'n'roll ici. It's Blitz ! se veut synthétique façon New Order mais tombe à plat... Le virage électronique du groupe, potentiellement intéressant, ne fonctionne pas.

 

Parmi les responsables de cette débâcle, citons le producteur Dave Sitek qui a eu l'idée de génie de demander au guitariste Nick Zinner de ne pas jouer de guitare sur l'album. On imagine qu'à l'écoute des premières démos il s'est dit "bon, ce disque est parti pour être pourri alors faisons en sorte que ce soit vraiment un désastre total, et voyons jusqu'où on peut repousser les limites de la laideur". Se priver du jeu de Zinner est une décision qui devrait faire parler longtemps les fans outrés du groupe (s'il en existe, mais au vu des critiques élogieuses de la presse anglaise, il y a l'air d'en avoir pas mal). Voir un guitariste doué se faire honte au clavier est toujours désolant (les amateurs de Dylan en savent quelque chose).

 

Sur la pochette on peut voir une main casser un œuf. Sans vouloir faire de mauvais jeu de mot, cette photo représente assez bien l'effet que produit cet album sur l'auditeur. It's Blitz ! est un album à oublier, de la part d'un groupe qui ne fut pertinent que le temps d'un album et de quelques EPs.

 

 

 

 

Tracklisting

 

1. Zero
2. Heads Will Roll
3. Soft Shock

4. Skeletons
5. Dull Life
6. Shame And Fortune
7. Runaway

8. Dragon Queen
9. Hysteric
10. Little Shadow

 

 

 

 

La vidéo de "Zero"

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1 décembre 2008 1 01 /12 /décembre /2008 22:29

Razorlight - Slipway FiresRazorlight -
Slipway Fires

(Vertigo 2008)

 

 

En 2006, Johnny Borrell décida que le public indie-rock qui l'appréciait n'était plus suffisant. N'avait-il pas quitté les Libertines à l'aube de leur carrière en raison de leur manque d'ambition ? Avec son deuxième album, il a alors planté les graines d'un succès grand public en chantant quelques bluettes pop-rock sans personnalité, consensuelles et sans génie ("houo ho ho hoo, there's panic in America"). Que nous propose celui qui se prétend meilleur que Dylan dans ce troisième album ? La même chose, en pire.

 

 

Fort du succès de Razorlight, qui a permis au groupe d'éclore sur la scène internationale, Razorlight joue désormais dans la cour des groupes dont on entend les morceaux dans les supermarchés. Rien d'étonnant alors à ce que la plupart des titres de Slipway Fires s'adressent aux ménagères (le public statistiquement le plus présent en ces lieux de consommation de masse[1]).

 

 

Razorlight en 2008 est devenu un groupe tout juste bon à servir d'accompagnement aux envolées lyriques de Johnny Borrell, plus poseur que jamais (en témoigne la pochette où, chemise ouverte, il arbore un collier de perles). Si les mélodies tiennent la plupart du temps la route, l'emballage sonore a de quoi révulser : chœurs pesants sur "Wire To Wire" (ballade affectée digne de James Blunt), pop pompière augmentée de falsettos sur "You And The Rest", piano idiot sur "Burberry Blue Eyes" et un nombre invraisemblable de ballades pleurnichardes où Borrell tente d'émouvoir dans les chaumières avec de grosses cordes ("Blood For Wild Blood", "The House" et "Stinger", qu'on pourrait renommer "Stinker").

 

 

Au-delà de la musique indigeste, les textes finissent par couler l'album. Les titres des chansons font ici souvent rire, comme "Tabloid Lover" (avant même d'écouter la chanson on sait déjà quelles âneries Borrell va énumérer). Si le titre "Hostage Of Love" est déjà risible en soi, Johnny Borrell se surpasse dans les paroles où il se prend humblementpour le messie ("for telling my story, I've been crucified"). "Wire To Wire" le voit ouvrir avec un "What is love but the strangest of feelings" tellement sérieux et inepte qu'il fait pouffer de rire. Un peu plus loin il en rajoute une couche avec une allusion peu subtile vers Dylan (l'expression misérabiliste "she lives in disillusion road" qui fait écho à "Desolation Row" et révèle le fossé qu'il y a entre Borrell et Dylan). Le fond est touché avec "North London Trash", chanson d'apparence Kinksienne censée dénoncer l'attitude des branleurs londoniens mais qui tombe dans ses propres clichés ("I was raised by the radio in a broken home" fait redite ratée de "Dead End Street", "I've got a hot-bodied girlfriend / i've got a wallet full of cash" sonne comme un très mauvais "Dandy", ce qui est ironique pour quelqu'un qui vient de Muswell Hill et a sympathisé avec Ray Davies ).

 

 

Slipway Fires fait d'ores et déjà partie des albums marquants de 2008. Formidable exemple d'un groupe en roue libre mené par un leader narcissique (à qui il ne faut pas néanmoins tout imputer, car Borrell commet ses forfaits avec la complicité du batteur balourd Andy Burrows), Razorlight viennent de sombrer avec leur indéfendable troisième album . On n'avait pas autant ri en écoutant un disque depuis longtemps. 

 

 

 

 

Tracklisting :

1. Wire To Wire
2. Hostage Of Love
3. Tabloid Lover
4. Burberry Blue Eyes
5. North London Trash
6. Stinger
7. You And The Rest
8. Monster Boots
9. 60 Thompson
10. Blood For Wild Blood
11. The House

 

Pour écouter l'album :

- le MySpace du groupe : www.myspace.com/razorlight

- l'album sur Deezer : www.deezer.com/#music/album/254161

 

 

 

 

 

Vidéo

 

Le clip de "Wire To Wire"

 


[1] Source Gang des Canards 2008. Enquête réalisée auprès de 3 personnes.

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13 septembre 2008 6 13 /09 /septembre /2008 10:09

Kings Of Leon - Only By The NightKings Of Leon -
Only By The Night

(RCA 2008)

 

L'histoire des Kings Of Leon est née d'un malentendu, d'une entourloupe serait-on tenté d'écrire. On nous a fait croire en 2003 qu'on avait affaire aux fils rebelles d'un prêtre pentecôtiste, on s'est fait rouler. Plus les albums s'empilent, plus les Followill se révèlent comme 4 jeunes gens pieux et propres sur eux. Après des débuts marqués par une certaine débauche et un certain esprit rock'n'roll, ils ont radicalement changé de style de vie, vivent en famille quand ils partent en tournée (en tout confort, avec leurs femmes) et laissent depuis peu entrevoir l'étendue de leur foi dans leurs interviews. Evidemment les KOL ne sont pas un groupe de christian rock et on ne saurait qualifier leur œuvre de prosélyte. Leur objectif revendiqué demeure tout autre : les Kings of Leon veulent être énormes, ils gèrent leur carrière pour mieux atteindre les sommets, leur objectif assumé est de devenir le plus grand groupe du monde. Dès lors, pas de surprise à constater qu'au fil des albums leur musique s'est banalisée et considérablement polie. Leur rock s'est aseptisé au point de les placer aujourd'hui au rang des groupes consensuels qui préfèrent les stades sans âme aux petites salles enfumées (s'il en existe encore...).


Only By The Night devrait leur permettre d'atteindre rapidement leur but tant la musique y est taillée pour les masses : elle est remarquablement inoffensive et prévisible. On y trouve un Caleb Followill plus pleurnichard que jamais qui, semble-t-il inspiré par Thom Yorke, joue le registre de l'émotion à fond tandis que le groupe bâtit derrière lui un mur du son gonflé aux amphétamines ("Use Somebody", "Closer", "Manhattan"). Sur certains morceaux, le groupe réussit néanmoins à tirer son épingle du jeu, lorsqu'il prend des risques sur le son ou qu'il se montre enfin capable de pondre une mélodie (comme "The Crawl" pour sa ligne de basse baveuse et son refrain plaintif, seul morceau qui reste en tête après la dizaine d'écoutes nécessaire à toute critique). De très loin le pire album du groupe, Only By The Night est un néant de 45 minutes dont on a du mal à cerner le sens. Qu'y a-t-il d'appréciable dans cet exercice pompeux et pompant ?

 

Petit à petit, une véritable cohérence se dessine dans l'oeuvre des Kings Of Leon, celle d'un groupe de classic-rock commercial. On porterait sans doute moins d'intérêt pour eux s'ils avaient commencé leur histoire dès Aha-Shake Heart Break ou Because Of The Times. En 2008, Youth & Young Manhood apparaît comme une aberration dans leur discographie. A sa sortie, comme aujourd'hui d'ailleurs, on l'avait trouvé fulgurant, exceptionnel de classe sudiste. Les Kings Of Leon le renient aujourd'hui, et le considèrent comme une erreur de jeunesse. Il est triste de voir un groupe renier ses racines folk et country par appât du succès commercial.




Tracklisting :

1. Closer
2. Crawl  *
3. Sex On Fire
4. Use Somebody
5. Manhattan
6. Revelry
7. 17
8. Notion
9. I Want You
10. Be Somebody
11. Cold Desert
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9 septembre 2008 2 09 /09 /septembre /2008 10:52

Partie_Traumatic.png

Black Kids -
Partie Traumatic

(Almost Gold2008)

 

 

Alors qu'on espère la fin de cette insupportable vague eighties depuis des mois, chaque nouvelle semaine nous apporte un nouveau disque, un nouveau groupe dans cette mouvance. Sans surprise, ces mecs font la une des Inrocks assez rapidement, leur tube est utilisé intensivement dans les génériques d'émissions de Canal + pendant deux semaines, avant que le prochain groupe à la mode ne le remplace. Ces jours-ci, les Black Kids ont la patate chaude. De tous les groupes en Black (Mountain, Lips, Wire, Angels...) qui emmêlent tout le monde en ce moment, ils sont sans aucun doute le plus mauvais.

 

Comme l'indiquent les clips de "I'm Not Gonna Teach Your Boyfriend How To Dance With You" et "Look At Me", Black Kids jouent le jeu du revival eighties à fond. Rien de mal à recycler la passé (c'est l'essence même du rock), si ce n'est qu'on eut préféré qu'ils choisissent une autre décennie. Les Black Kids utilisent tout l'attirail pour nous replonger dans l'époque honnie : nappes de synthé proéminentes, son clinique qui évoque le générique de La Famille en Or, écho dans tous les sens, chœurs niais. Pour en rajouter une couche, Reggie Youngblood chante même avec une voix étranglée et affectée proche de celle de Robert Smith. Côté visuel, le groupe n'oublie pas de mettre couleurs criardes et fluo à droite et à gauche, comme le faisait MTV à sa création.

 

Si on se penche sur les morceaux en essayant de faire abstraction de tous ces éléments désagréables, on s'aperçoit rapidement que Black Kids sont avant tout un groupe à gimmicks. On se dit de temps en temps "tiens ce blip-blip est rigolo", mais ces petites excentricités contrôlées ne servent qu'à masquer la platitude des paroles et des mélodies. Les morceaux qui ont fait s'extasier toute la presse anglo-saxonne évoquent au mieux Hot Hot Heat ("Partie Traumatic", sans doute le meilleur moment de l'album), ou un MGMT des mauvais jours ("Listen To Your Body Tonight"). Avec sa ligne de basse funky et ses synthés joués à un doigt, "Hurricane Jane" est un des pires morceaux entendus en 2008. Rick Astley n'est pas loin.

 

Si le but du groupe est de faire se dandiner des trentenaires nostalgiques sur les dancefloors, le but est atteint. Le tempo dansant des morceaux et ces fameux gimmicks font de ce Partie Traumatic un disque de fête, l'équivalent parisiano-branché de "La danse des canards" ou de "Viens poupoule". Un disque à classer dans la même catégorie que ceux de Junior/Senior ou Scissor Sisters. Ceux qui voudront écouter un album de pop-rock avant-gardiste ou, plus simplement, des bonnes chansons, peuvent aller voir ailleurs. Premier groupe post-Klaxons à creuser le sillon eighties avec une telle détermination, Black Kids nous rappellent à quel point 2008 est une sale année pour la musique. Le revival 80s commence vraiment à s'éterniser.

 

 

 


Tracklisting :


1. Hit The Heartbreaks
2. Partie Traumatic
3. Listen To Your Body Tonight
4. Hurricane Jane
5. I'm Making Eyes At You
6. I've Underestimated My Charm (Again)
7. I'm Not Gonna Teach Your Boyfriend How To Dance With You
8. Love Me Already
9. I Wanna Be Your Limousine
10. Look At Me (When I Rock Wichoo)

 

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5 juillet 2008 6 05 /07 /juillet /2008 20:20
COLDPLAY Viva la Vida or Death and all his friendsColdplay -
Viva la Vida or Death and all his friends

(Parlophone 2008)


Préambule :
Début juillet, moment idéal pour chroniquer un disque sorti le mois dernier, et dont on n'attendait rien, pas plus que du prochain (et des précédents) U2, de la présidence française de l'Union Européenne ou de la culture du haricot blanc dans le nord-est de la Picardie. Pour ceux qui n'auraient rien de mieux à faire que de me poser la question, je reconnais que les diverses productions de Coldplay m'ont toujours laissé de marbre, tant la musique du groupe me paraît quelconque, et le lyrisme de supermarché - bio - de Chris Martin m'insupporte.


Cette fois-ci, avant même l'écoute du disque, c'est différent : la pochette de l'album choquerait même un aveugle inculte. Une inscription taguée sur La Liberté guidant le peuple. Une référence culturelle, et un hommage possible à la Joconde moustachue de Duchamp, pourraient affirmer les amateurs du groupe (en réalité, je n'ai pas de rapport avec aucun d'entre eux)... Malheureusement, c'est juste raté, de style pompier, et à la seule vue de cette pochette, on semble déjà entendre les cascades de violons larmoyants et le piano de Martin.

 

Le plus grave dans la musique de Coldplay, c'est justement que quelques-uns de leurs morceaux ne sont pas mal. Le groupe sait écrire des chansons, sait ralentir ou accélérer le tempo, sait mettre des chœurs de temps en temps. Les mélodies sont parfois acceptables, et restent facilement, mais qui peut avoir envie d'écouter ça ? De qui Coldplay peut-il être le groupe préféré1? Ce disque ne me semble pas le meilleur du groupe2 : « Lost ! » a une rythmique abrutissante et un type de solo de guitare qu'on croyait définitivement perdu depuis le début des années 1990 ; et « 42 » est tellement typique du groupe qu'elle en devient caricaturale, avec son intro piano/voix. Les morceaux passent, le style reste : des échos autour d'une voix qui s'échappe en falsetto gonflant, des violons au kilomètre, et du synthé... Le disque n'en est qu'à la cinquième chanson, et cette chronique semble déjà une mauvaise idée.

 

Interlude : Au moment où j'écris ces lignes, la nouvelle de la libération d'Ingrid Bétancourt vient d'être annoncée. Oui, d'accord, j'ai fait une pause clope-radio. N'écoutant que mon devoir, je relance le disque.

 

Pas de miracle dans la suite de l'album... « Chinese Sleep Chant » est aussi émouvant qu'une déclaration d'impôts, « Viva La Vida » voit le groupe se vautrer dans ses travers habituels (avec violons écoeurants et chœurs lourdingues), sans qu'on ne puisse comprendre encore ce qui peut le conduire à écrire de tels morceaux. Encore quatre pistes sur cet interminable disque, qui a pour unique mérite de permettre à son auditeur de se confronter de façon concrète à l'aspect relatif du temps. « Violet Hill » ressort un solo de guitare antédiluvien et un jeu de batterie pour lequel n'importe quelle boite à rythme aurait fait l'affaire. Les derniers morceaux de Viva La Vida or Death and all his friends ont une qualité que les précédents n'ont pas : ce sont les derniers. A cet égard, il faut avouer que « The Escapist » est sans aucun doute la meilleure chanson de l'album.

 

 


Liste des (trop nombreuses) chansons :


1. Life in Technicolor
2. Cemeteries of London
3. Lost !
4. 42
5. Lovers in Japan
6. Reign of love
7. Yes
8. Chinese sleep chant
9. Viva la Vida
10. Violet Hill
11. Strawberry Swing
12. Death and all his friends
13. The Escapist

 

1 Si Coldplay est votre groupe préféré, contactez-moi, on en discute sérieusement.
2 Une nouvelle fois, cette affirmation n'engage que moi, mais en vérité, je ne suis pas le mieux placé pour en juger, et pour être franc, je me bats l'œil de savoir quel peut être le « meilleur » album de Coldplay.

 

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28 avril 2008 1 28 /04 /avril /2008 10:25
The Who - Who's Next

The Who -

Who's Next
(Polydor 1971)

Comment la décennie 1970 allait-elle se passer pour les Who ? Le groupe le plus bruyant d'Angleterre pendant les années soixante, qui avait laissé pendant quelque temps les attributs mods de leurs débuts pour adopter la mode psychédélique (comme le monde entier en 1967, et la France en 1975), devait se renouveler. Après le succès de l'ambitieux Tommy - dont on ne rappellera jamais assez qu'il n'est pas le meilleur album du groupe (cf. par exemple The Who Sell Out), les Who sont passés au rang de superstars. Ayant compris - il n'avait pas le choix - que son groupe était dépassé sur le plan du volume sonore par des nouveaux venus comme Led Zeppelin, Townshend décida alors de faire évoluer le son du groupe, pour bâtir un nouveau projet pharaonique, qui aurait pour nom Lifehouse. Ce projet ne verra pas le jour, mais le changement opéré pendant cette période a été radical. Le disque qui sort est intitulé Who's Next, possède une belle pochette qui montre le groupe qui vient de se soulager sur un monolithe (qui ressemble singulièrement à celui de 2001, l'odyssée de l'espace). Au niveau musical, en revanche, le résultat est catastrophique.

 

Les Who allaient en effet, sinon l'inventer, porter le rock gros cul1 à des niveaux insoupçonnés. "The Song Is Over" est parfaite pour illustrer ce style, honni entre tous. Un morceau long, beaucoup trop long, avec tous les éléments réunis pour en faire un prototype de ce genre. Entwistle essaye bien de relancer la machine par des lignes de basse venues d'ailleurs, mais la partie est perdue : piano et claviers divers noient celui qui était l'un des meilleurs bassistes de l'histoire du rock. Keith Moon, phénoménal batteur, a droit à dix secondes de solo en fin de chanson, après avoir labouré pendant 6 minutes. Sur "Getting in Tune", le jeu d'Entwistle (le seul des Who à sauver sur ce disque) est une fois de plus perdu sous une mélasse sonore - voix de Daltrey, piano, solos de guitares absolument insupportables. "Behind Blue Eyes" tente de renouer avec un style plus délicat, avec des chœurs soignés, un arpège de guitare acoustique, et une basse (une nouvelle fois) rassérénante. Tout se passe bien jusqu'à l'arrivée de la guitare électrique, et le passage de Daltrey en mode "je chante avec mes amygdales", qui ruine la ballade qui avait commencé.

 

Le piano et les claviers sont omniprésents sur tout l'album, souvent pour introduire les morceaux ("Getting In Tune", "Baba O'Riley"). Après un premier couplet chanté sur ce rythme modéré, la cavalerie arrive et achève le morceau, qui devient une caricature de chanson rock. Possédant un chanteur parfait dans le rôle du braillard de service - costaud, blond, beau gosse, yeux bleus, chaîne et croix en or autour du cou, les Who allaient en effet devoir faire bouger leur public qui s'agrandissait sans cesse. Pour les plus indulgents - dont je fais partie -, "Baba O'Riley" est sauvé par l'arrivée de la partie de violon en fin de morceau.

 

"Going Mobile" est tellement mauvais que cela en devient aberrant. Si quelqu'un aime ce morceau pseudo country-rock aux solos de claviers et de guitares affligeants de racolage, merci de me contacter. Concernant "Bargain", pas la peine de chercher des arguments, l'écoute du morceau devrait suffire à convaincre que le groupe était en pleine déliquescence. L'arrivée de Townshend au chant (après deux minutes) est apaisante, mais malheureusement, Daltrey revient rapidement. Au second degré toutefois, les trompettes de "My Wife" sont géniales.

 

Par contre, la meilleure chose de l'interminable "Won't Get Fooled Again" reste sans conteste la pochette du 45 tours. Ce morceau fait partie de ceux que l'on a entendu tellement de fois qu'on en oublie s'il est bon ou mauvais, qu'on n'a pas entendu depuis dix ans, et qu'on redécouvre par hasard, affligé. Huit minutes trente d'une vague musique rythmée, où les artifices utilisés servent de cache-misère à un vide sidéral et sidérant... Daltrey gueule à loisir, Townshend enchaîne ses solos avec complaisance. Où est passé le groupe qui jouait des morceaux comme "My Generation", "Boris The Spider", "Sylas Stingy" quelques années plus tôt ?

 

Prétention, suffisance, et consommations de produits divers2 ont eu raison du talent de Townshend et de son prodigieux groupe. Pourtant, pour les Who, le pire était encore à venir...

 

 

 

 

Liste des chansons :


1.Baba O'Riley  *
2.Bargain
3.Love ain't for keeping
4.My Wife
5.Song is over
6.Getting in tune
7.Going Mobile
8.Behind Blue Eyes
9.Won't get fooled again



1 Le rock gros cul est la plupart du temps une variante du rock, du hard-rock, mais parfois aussi du boogie-rock, qui guette encore actuellement tous les groupes de rock du monde. Parmi ceux qui ont sorti des bons albums mais qui sont tombés du côté du rock gros cul, citons Deep Purple, Status Quo, Led Zeppelin. Et Black Sabbath, alors, me demandez-vous ? Oui, eux aussi... Mais dans ce cas précis, c'est plus métal gros cul.

2 Voila un excellent slogan : "PlanetGong : prétention, suffisance et consommation de produits divers".

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