17 février 2007 6 17 /02 /février /2007 13:59

Rufus Thomas - Walking The Dog

Rufus Thomas -

Walking The Dog
(sortie U.S. décembre 1963, Stax Records)

 

 

    L'influence de différents genres musicaux (Rock’n’Roll, Rockabilly, Country, Blues, Soul, Rhythm'n'Blues) dans le développement de la scène pop-rock aux Etats-Unis et en Angleterre pendant les années soixante est un thème largement discuté (et à peu près universellement reconnu). Cet album est un bon exemple de l’importance spécifique qu’a eu la scène R’n’B de Memphis sur les groupes du monde entier : la chanson "Walking the dog" a été reprise (sur album) par les Rolling Stones, les Sonics, Dave Stewart, John Cale, Aerosmith (sic), et a été régulièrement jouée live par le Grateful Dead.

 

    A la sortie de ce disque, Rufus Thomas a quarante-six ans… Il est depuis le début des années cinquante une figure importante de la scène musicale de Memphis (il est DJ pour W.D.I.A., une radio locale, depuis une bonne dizaine d’années), et a déjà sorti plusieurs singles (sur les labels Chess et Talent notamment). Sa première heure de gloire fut en 1953, quand il a enregistré le morceau « Bear Cat », une réponse au « Hound Dog » de Big Mama Thornton (disponible sur la compilation de Charly Records The Sun Years volume 1 – Sunrise).

 

    Pour l’enregistrement de Walking The Dog, il s'attache les services des musiciens habituels du studio Stax (le guitariste de Booker T. and the M.G.’s Steve Cropper en tête, qui est le co-auteur de « Can your monkey do the dog? »). Bien que Rufus Thomas n’ait jamais été un grand précurseur musical ou un artiste révolutionnaire du Funk ou de la Soul, son importance dans l’évolution de la musique au tournant des années cinquante et soixante fut néanmoins extraordinaire, d’une part dans le développement du Rock’n’Roll (il a insisté auprès des patrons de W.D.I.A. pour diffuser les premiers morceaux d’Elvis, puis quelques années plus tard, il a découvert B.B. King) et dans celui de la Soul : le duo qu’il a enregistré avec sa fille Carla, « Cause I love you » (disponible sur « Walking The Dog ») a été le premier hit du label Satellite, qui, bientôt rebaptisé Stax, va devenir le label de Soul le plus important du Sud des Etats-Unis (la moitié Nord du pays restant l’apanage de Motown).

 

    Avec Rufus Thomas, l’enregistrement d’une chanson n’était jamais prémédité (ce qui explique que les dates de création des morceaux de l’album s’étendent sur près de quatre ans)… Lorsqu’il avait écrit un morceau, Rufus Thomas filait en studio. La plupart du temps, en une ou deux prises enregistrées live, la chanson était prête. Quand tout le monde était d’accord, le groupe se lançait dans une reprise (par exemple, de morceaux de John Lee Hooker ou Fats Domino) , à laquelle Rufus Thomas apportait son enthousiasme et sa bonne humeur légendaire. Celui qui s’était lui même surnommé « le plus vieil adolescent du monde » procure à chacune des chansons de cet album une énergie et une joie de vivre communicatives. La combinaison de la section rythmique, absolument implacable – comme sur tous les disques sortis par Stax pendant les années soixante –, et des cuivres réjouissants (en particulier sur « Mashed Potatoes » et « Boom Boom »), auxquels vient s’ajouter la voix chaleureuse et puissante de Rufus Thomas, conduit tout auditeur normalement constitué à une irrépressible envie de danser. Depuis « The Dog » (avec ses premières notes aux cuivres, ses surprenantes suites d’accords de guitare et ses chœurs aberrants) jusqu’aux dernières mesures de « I want to be loved », en passant par les improbables intros de « Walking The Dog » et de « Can your monkey do the dog ? », le disque reste radieux et entraînant… Rufus Thomas et son groupe s’autorisent toutes les fantaisies, depuis les cris d’animaux jusqu’aux solos les plus inattendus. A l’image de la version de « Boom Boom », dont le riff de guitare original est ici joué par les cuivres, ce qui renforce encore le rythme de la chanson, la totalité du disque est parcourue d’un groove continu et inimitable.

 

    Le meilleur album de Rufus Thomas, mais aussi un des premiers grands disques du label Stax, Walking The Dog est un excellent disque à (re)découvrir.

 

 

 

 

 

Tracklisting :


1. The dog
2. Mashed potatoes
3. Ooh-Poo-Pah-Doo
4. You said
5. Boom Boom
6. It’s aw’rite
7. Walking the dog
8. Ya Ya
9. Land of 1000 Dances
10. Can your monkey do the dog ?
11. Cause I Love You
12. I want to be loved

 

 

 

 

Vidéo :

 

"Walking The Dog"

Partager cet article
Repost0
23 octobre 2006 1 23 /10 /octobre /2006 15:34

Booker T & The MGs - Green Onions

Booker T & The MGs -

Green Onions
(Sortie 1962; réédition C.D. chez Atlantic)


    Cet album, sorti par le fameux label Stax en novembre 1962, est un disque entièrement instrumental enregistré par un quatuor de musiciens Soul et Rhythm'n'Blues. Booker T. Jones, qui joue de l'orgue, est (brillamment) accompagné par Steve Cropper à la guitare électrique, Lewis Steinberg à la basse et Al Jackson Jr. à la batterie. Booker T. et Cropper font également partie d'un autre groupe de Memphis, The Mar-Keys, et les quatre sont musiciens de studio et accompagnent de nombreux artistes de Stax – notamment le plus célèbre d'entre eux, Otis Redding.

    Le groupe avait d'abord écrit et enregistré deux morceaux pour la sortie d'un single, quelques mois plus tôt: "Behave Yourself" en face A, et "Green Onions" en face B. Le succès de la face B, qui devint presque instantanément un hymne Mod, poussa Booker T. à l'enregistrement d'un 33 tours. Le disque comprend donc les deux chansons pré-citées, un autre morceau composé pour l'occasion, "Mo' Onions", le reste se composant entièrement de reprises (de Soul et de R'n'B).

    Auréolé de son succès, le morceau "Green Onions" ouvre le disque et introduit le style du groupe: sur une base rythmique fluide et précise s'affrontent l'orgue de Booker T. et la guitare de Steve Cropper. Tour à tour, chacun laisse à l'autre le devant de la scène, et s'occupe d'offrir un contrepoint à la mélodie (sur l'ensemble de l'album, Booker T. est tout de même celui qui assure le plus de solos). Le son proposé par les quatre musiciens est limpide, la guitare délivre des accords tranchants, et l'orgue est un modèle du genre. Le début du disque est proprement ahurissant: après "Green Onions", le morceau "Rinky-Dink" offre une autre démonstration de facilité; la formation recrutée par Booker T. Jones est parfaitement rodée, chacun des musiciens sait ce qu'il doit faire, et le résultat est sans appel: orgue lancinant, solo de guitare efficace et sobre, break de batterie… Booker T. & The M.G.s jouent juste; leur maîtrise technique est impressionnante (ce qui, convenons-en, est plutôt agréable, surtout en ce qui concerne un album instrumental). Le morceau suivant est la chanson "I Got A Woman" (de Ray Charles), revisitée ici de façon extraordinaire: le jeu de batterie d'Al Jackson Jr. est merveilleux, la basse de Steinberg suit le tempo sans faillir. Cropper et Booker T. sont à nouveau sidérants de virtuosité et de complicité, et font s'envoler le morceau par des suites d'accords surprenantes. Le morceau suivant, une reprise de "Twist And Shout", est également réjouissant. Un peu plus loin dans le disque, "Lonely Avenue", une chanson de Doc Pomus popularisée par Ray Charles, est aussi ré-interprétée de manière impeccable. Sur "You Can't Sit Down", Booker T. laisse à son groupe le soin de porter la chanson (solo de guitare, breaks de batterie et de basse) avant d'en reprendre le contrôle avec son instrument, de façon naturelle et sans aucun impair. Le disque s'achève sur "Comin' Home Baby", où le couple basse-batterie offre un modèle de stabilité et d'assurance. La partie de guitare de Cropper est magnifique de précision, et l'orgue se fait plus discret, mais offre néanmoins une profondeur indispensable à la texture du morceau.

Liste des chansons :



1. Green Onions

2. Rinky Dink

3. I Got A Woman

4. Mo'Onions

5. Twist And Shout

6. Behave Yourself

7. Stanger On The Shore

8. Lonely Afenue

9. Who Really Loves You

10. You Can Sit Down

11. A Woman, A Lover, A Friend

12. Comin'Home Baby

 




Vidéo :

"Green Onions"






Remarque: pour celles et ceux qui apprécient le son d'orgue avec accompagnement Rhythm 'n' Blues, PlanetGong recommande l'écoute de la compilation Organ Boogie Woogie, datant de 1961, qui regroupe des morceaux joués par des artistes tels que (Sir Charles Thompson), (Bill Doggett), (Wild Bill Davis), et (Dick Hyman).

Partager cet article
Repost0
20 octobre 2006 5 20 /10 /octobre /2006 13:46

ELVIS PRESLEY - The Sun Sessions

Elvis Presley 

The Sun Sessions

(enregistrements: 1954-1955; sortie L.P. RCA: 1976; excellente réédition
C.D. Sunrise: 1999)

 

 

    C'est à Memphis, dans les studios Sun de Memphis dont la devise était "WE RECORD ANYTHING -- ANYWHERE -- ANYTIME", que l'histoire du Rock a commencé… Lors de sa première session d'enregistrement "professionnelle" (le 5 juillet 1954), un jeune homme de dix-neuf ans, accompagné du guitariste Scotty Moore et du bassiste Bill Black, va révolutionner l'histoire de la musique. Entre deux prises ratées, Elvis, s'accompagnant seul à la guitare acoustique, se met à jouer et à chanter un blues ("That's All Right (mama)", d'Arthur Crudup). Le producteur (et homme à tout faire) du label Sun, Sam Phillips, comprend qu'il tient la perle rare: un chanteur blanc capable de chanter du Blues, du Rhythm'n'Blues, de la Country… et du Rock. Ensemble, ils vont créer le son Rockabilly, et faire découvrir le Rock'n'Roll au grand public.

 

    Le disque regroupe tous les singles sortis par Elvis chez Sun de juillet 1954 à août 1955 (soit dix chansons – face A/face B), les chansons sorties sur le premier album chez RCA en 1956 (mais enregistrées dans les studio Sun), des versions alternatives de quelques chansons, ainsi que des morceaux inédits. Ces pistes ont été rééditées de nombreuses fois (en 1987, The Complete Sun Sessions, en 1992 The King of Rock and Roll: The Complete 50's Masters box set et , la dernière étant celle sortie par RCA, Elvis at Sun –The 50th anniversary edition). La version de référence pour les Sun Sessions d'Elvis est celle sortie en 1999 par le label Sunrise, qui comporte pas moins de vingt-huit pistes regroupées sur deux CD.

 

    Sur chacun des morceaux, l'auditeur se retrouve confronté au son caractéristique des studios Sun: un son chaleureux, qui mêle country, rock et blues (pour preuve, se reporter aux premiers enregistrements de Johnny Cash, d'Howlin' Wolf ou de Charlie Rich). Les chansons reflètent parfaitement la diversité musicale de la ville de Memphis, qui produisait au milieu des années cinquante de nombreux types de musiques: musique "noire" (blues, rhythm & blues, gospel) et musique "blanche" (country & western, hillbilly). La variété des artistes qu'Elvis reprend ici est caractéristique d'un chanteur pour qui peu la couleur de la peau n'importe pas – ce qui était loin d'être évident aux Etats-Unis à l'époque. Durant les années 1954-1955, ses interprétations de nombreux blues (notamment ceux de Kokomo Arnold et d'Arthur Crudup) vaudront à Elvis l'accusation de "chanter comme un nègre"…

 

    En plus de différents batteurs (selon les sessions d’enregistrements), Elvis est accompagné par Scotty Moore (guitare solo) et Bill Black (guitare basse), avec qui la complicité est évidente, et l’enthousiasme communicatif. Enregistrée dans l'urgence et de façon incroyablement irréfléchie, la première chanson "That's All Right" va, dès sa sortie (le 19 juillet 1954), révolutionner le monde de la musique. Sur un rythme enlevé, et porté par des accords devenus légendaires, Elvis réinvente le chant pop: sa voix chaleureuse et profonde est d'une richesse impressionnante, et il chante comme personne ne l'avait fait avant lui (et comme tous vont tenter de le faire depuis). Le disque est une collection de hits Rock'n'Roll imparables: les morceaux "Blue Moon of Kentucky", "I Don't Care If The Sun Don't Shine" et "You're A Heartbreaker", tous trois des tubes en puissance, étaient à l'origine en face B des singles… Le traitement nouveau donné à ce répertoire d'une richesse impressionnante produit des chansons d'une efficacité immédiate, et d'une qualité intemporelle. Même si l'approche et la production musicales sont caractéristiques des débuts du rock fifties, des pistes comme "Milkcow Blues Boogie", "Good Rockin' Tonight" ou "Mystery Train" restent un modèle (ou en tout cas, une référence) pour n'importe quel groupe de Rock. On note aussi une excellente version de "I Forgot to Remember to Forget" (une chanson de Kesler et Feathers, qui sera le dernier single d'Elvis chez Sun) qui est assez proche de celle enregistrée par Johnny Cash à la même période (dans la même lignée country-rock minimaliste), et des ballades parfaitement maîtrisées ("I Love you because", "I'll never let you go", et l'intouchable "Blue Moon").

 

    Après avoir rejoint RCA, Elvis continuera d'enregistrer des morceaux prodigieux ("Hound Dog", "Blue Suede Shoes", "Tutti Frutti", etc. - pour ne citer que son premier album), il deviendra ensuite la définitive icône du Rock, mais il ne retrouvera plus la spontanéité, la joie et l'extraordinaire pertinence de ces quelques pistes, enregistrées en à peine plus d'une année, dans un studio minuscule de Memphis.

 

 

 

 

Liste des morceaux :

  1. That's All Right
  2. Blue Moon Of Kentucky
  3. I Don't Care If The Sun Don't Shine
  4. Good Rockin' Tonight
  5. Milkcow Blues Boogie
  6. You're A Heartbreaker
  7. I'm Left You're Right She's Gone
  8. Baby Let's Play House
  9. Mystery Train
  10. I Forgot To Remember To Forget
  11. I'll Never Let You Go (Little Darlin')
  12. I Love You Because
  13. Tryin' To Get To You
  14. Blue Moon
  15. Just Because
  16. I Love You Because (2nd version)

 

 

 

Vinyle :

 

PRESLEY, Elvis - Sun Sessions (f)

 

PRESLEY, Elvis - Sun Sessions (i)

 

PRESLEY, Elvis - Sun Sessions (v)

Partager cet article
Repost0
5 août 2006 6 05 /08 /août /2006 16:38

Johnny Cash - Sun Recordings

Johnny Cash

The Sun Recordings
(Réédition 3xCD chez Charly Records, 1995 puis 2005; enregistrements originaux 1955-1958) 

 

 

    Dans ce coffret, le label Charly (qui s'est rendu célèbre par son excellent catalogue de rééditions, mais également par son logo ignoble) a eu la brillante idée de regrouper la plupart des chansons enregistrées par Johnny Cash dans les studios Sun de Memphis. Découvert par Sam Philips, l'homme à tout faire de Sun Records, qui avait déjà permis les débuts discographiques d'Elvis Presley (ainsi que ceux de Carl Perkins et de Roy Orbison), Johnny Cash va, dès son premier 45 tours (Cry! Cry! Cry!), prendre une place particulière dans le paysage musical nord-américain.

 

    Toujours vêtu de noir, pas vraiment une gueule de jeune premier, déjà accro à diverses drogues (en particulier aux amphétamines), Johnny Cash ne ressemble en rien à la pop-star fifties habituelle, présentable et souriante. Il se montre en macho sans pitié aucune dans sa première chanson "When I turn 'round and walk away, you'll cry, cry, cry". Quelques mois plus tard, dans ce qui deviendra son premier hit, "Folsom Prison Blues", il s'identifie à un détenu qui explique son histoire dans un couplet resté justement célèbre: "When I was a baby, my mama told me: 'Son, always be a good boy, don't ever play with guns', but I shot a man in Reno, just to watch him die?". Ce morceau est représentatif des chansons de Johnny Cash chez Sun: intro de guitare simple, riff efficace, section rythmique minimaliste caractéristique de la country, le tout dominé par sa voix, basse et puissante.

 

    Ce coffret permet de saisir l'étendue du répertoire de Cash, qui comprend des chansons sur l'amour perdu: "I Forgot To Remember To Forget", "Guess Things Happen That Way", "So Doggone Lonesome", "I Can't Help It", alors que d'autres sont parsemées de références bibliques: "Belshazaar" ("his kingdom was built upon the sand"), "If The Good Lord's Willing", sans oublier les chansons purement pop, qui ne sont pas moins excellentes: "Ballad Of A Teenage Queen", "Down The Street To 301", "Straight A's In Love" ou encore "Luther Played The Boogie", dédiée à Luther Perkins, qui, jusqu'à sa mort (qui survint entre les deux albums enregistrés en prison, Live at Folsom Prison et Live at San Quentin) fut le guitariste attitré de Johnny Cash.


Par les influences diverses qu'il a su assimiler, Cash parvient à faire le lien entre la country blanche classique (avec joli chapeau de cow-boy, chemise à carreaux et jeans bien repassés) d'Hank Williams, dont il reprend "You Win Again" et le blues rural de Leadbelly, dont il reprend l'extraordinaire "Goodnight Irene". Cash va même s'essayer au rockabilly en interprétant une autre chanson popularisée par Leadbelly, "Rock Island Line". Pour "Leave That Junk Alone", il s'accompagne seul à la guitare acoustique et imite le phrasé des chanteurs rock fifties. On retrouve également dans ce coffret la première version de "Give My Love To Rose", une chanson qui a hanté Johnny Cash jusqu'à son dernier album (The Man Comes Around, American Recordings IV). D'autres chansons, telles que "You're The Nearest Thing To Heaven" et "Home Of The Blues", permettent de découvrir le son particulier - et caractéristique - des productions de Sun Records: voix au premier plan embrumée d'un peu d'écho, ch?urs enlevés, et parfois quelques notes de piano.

 

    La collaboration entre Johnny Cash et Sun Records prit fin en 1958 (les dirigeants ne voulaient pas laisser Cash enregistrer du Gospel; il partit donc enregistrer pour Columbia). L'âge d'or du label de Memphis était définitivement révolu: en quelques années, il venait de perdre trois des plus grands interprètes du XXème siècle, avec le départ d'Elvis pour RCA et celui d'Howlin' Wolf pour Chess. 

 

 

 

 

 

Tracklisting :

 

CD 1

 

1. I Walk the Line

2. Get Rhythm

3. There You Go

4. Train of Love

5. Cry! Cry! Cry!

6. Hey Porter!

7. So Doggone Lonesome

8. Ballad of a Teenage Queen

9. Big River

10. Guess Things Happen That Way

11. Ways of a Woman in Love

12. I Forgot to Remember to Forget

13. Sugartime

14. It's Just About Time

15. Katy Too

16. Belshazzar

17. Life Goes On

18. You're the Nearest Thing to Heaven

 

CD 2

 

1. Folsom Prison Blues

2. Luther Played the Boogie

3. Straight A's in Love

4. Home of the Blues

5. Port of Lonely Hearts

6. Come in Stranger

7. Country Boy

8. Wide Open Road

9. Don't Make Me Go

10. Leave That Junk Alone

11. Mean Eyed Cat

12. Next in Line

13. Give My Love to Rose

14. Cold Cold Heart

15. Hey Good Lookin'

16. I Could Never Be Ashamed of You

17. I Can't Help It (If I'm Still in Love with You)

18. You Win Again

 

CD 3

 

1. Goodnight Irene

2. Goodbye Little Darlin', Goodbye

3. Wreck of the Old '97

4. Blue Train

5. Rock Island Line

6. I Was There When It Happened

7. Remember Me (I'm the One Who Loves You)

8. I Love You Because

9. Born to Lose

10. New Mexico

11. Down the Street to 301

12. Fool's Hall of Fame

13. If the Good Lord's Willing

14. Doin' My Time

15. Thanks a Lot

16. Oh Lonesome Me

17. Story of a Broken Heart

18. I Heard That Lonesome Whistle

Partager cet article
Repost0
26 juillet 2006 3 26 /07 /juillet /2006 12:48

LEONARD COHEN - Songs Of Leonard Cohen

Leonard Cohen --
Songs Of Leonard Cohen

(CBS, 1968)

 

 

    Au moment de la sortie de ce disque (son premier), Leonard Cohen est un auteur canadien qui, à trente-trois ans, a déjà publié quatre recueils de poésie (dont "Flowers for Hitler" et "Parasites of Heaven") et deux romans ("The Favourite Game" et "Beautiful Losers"). Il s'essaye ici à un nouvel exercice, interprétant lui-même quelques-uns de ses poèmes sur une musique douce et finement arrangée (le producteur, John Simon, a réalisé sur ce disque des prodiges d'orchestrations, à la fois riches et délicates). Cohen s'accompagne lui-même à la guitare acoustique, et il est parfois rejoint par un groupe: guitare basse, deuxième guitare (acoustique ou électrique), violons, batterie, guimbarde...

 

    "Suzanne", le morceau qui ouvre ce disque, est parfaitement représentatif de l'ensemble des chansons de l'album: un arpège simple et touchant de guitare que domine la voix calme et grave de Cohen, encadrée de choeurs et de violons. De plus, un aspect primordial des chansons de Leonard Cohen consiste en la qualité exceptionnelle de ses textes. Sur "Suzanne" apparaît pour la première fois son style, fait d'une écriture quotidienne (presque "banale")où jaillissent des métaphores fulgurantes: "Now Suzanne takes your hand / And she leads you to the river / She is wearing rags and feathers / From Salvation Army counters / And the sun pours down like honey / On our lady of the harbour / And she shows you where to look / Among the garbage and the flowers". La pertinence et la puissance de ces images sont décuplées par le fait de les voir apparaître dans un contexte familier; c'est le cas sur "Master Song" ("Then he touches your lips now so suddenly bare / of all the kisses we put on some time before."), puis sur "Hey, that's no way to say goodbye" ("I loved you in the morning, our kisses deep and warm,/ your hair upon the pillow like a sleepy golden storm, / yes, many loved before us, I know that we are not new, / in city and in forest they smiled like me and you").

 

    Bien que le rythme de l'album soit tranquille et posé, ici la quiétude n'est que de surface; les thèmes abordés n'ont rien de très joyeux: amour déçu, souffrance, lâcheté, abandon. Se mettant totalement à nu, Cohen parvient à sublimer sa douleur. S'il livre ses états d'âme à tous, il le fait sans jamais s'apitoyer sur lui-même, laissant à l'auditeur le soin de se reconnaître à travers ses chansons. La dernière chanson de l'album, "One of us cannot be wrong", laisse transparaître de façon explicite le monde de souffrance et de folie sous-jascent aux chansons de ce disque: solo (plus qu'improbable) sifflé et chant torturé se disputent la dernière note. "But you stand there so nice, in your blizzard of ice, / Oh please let me come into the storm."

 

    Songs of Leonard Cohen est un disque indispensable, un album qui se redécouvre régulièrement, avec plaisir et mélancolie.

 

 

 

 

Liste des chansons :

 

1. Suzanne *

2. Master Song

3. Winter Lady

4. The Stranger Song

5. Sisters Of Mercy *

6. So Long, Marianne *

7. Hey, That's No Way To Say Goodbye

8. Stories Of The Street

9. Teachers

10. One Of Us Cannot Be Wrong

 

 

 

 

Vinyle :

 

LEONARD COHEN - Songs Of Leonard Cohen

 

Partager cet article
Repost0
5 juin 2006 1 05 /06 /juin /2006 13:05

 WILLIE DIXON - The Chess Box

WILLIE DIXON

The Chess Box
(enregistrements 1951-1968, édition 2 CD Chess: 1990; réédition: 1997)

 

 

    Cette compilation regroupe les meilleures chansons de Willie Dixon, interprétées par les bluesmen du label Chess pendant les années 1950 et 1960: Muddy Waters, Howlin' Wolf, Otis Rush...

 

    Dixon est né en 1915 à Vicksburg, dans l'état du Mississippi. Après quelques années durant lesquelles il chante dans différents groupes de gospel, il part pour Chicago au début des années 1930 pour commencer une carrière de boxeur. Après des débuts prometteurs (il obtient le titre de l''Illinois State Golden Gloves Heavyweight Championship en 1937), une dispute avec son manager le conduit à abandonner la boxe pour se consacrer à la musique. A partir de 1951, il va être au centre de la compagnie de disques montée par Leonard et Phil Chess à Chicago. Ses fonctions sont multiples: il est chargé de découvrir et de signer de nouveaux talents, d'écrire et de composer des chansons, de jouer (de la basse ou de la contrebasse) sur la quasi-totalité des morceaux sortis sur le label, et enfin de les produire…

 

    Le jeu de basse de Willie Dixon est celui qui a défini le modèle de la basse rock: pour s'en convaincre, l'écoute de n'importe quel morceau de Chuck Berry des années 1950 est suffisante; Dixon tient la basse sur "Maybellene", "Rock'n'Roll Music", "Roll over Beethoven", "Johnny B.Goode" et sur tous les autres classiques du pionnier du Rock'n'Roll.

 

    De plus, par son rôle de producteur, Willie Dixon est responsable de l'évolution du son de Blues de Chicago à partir de 1951, le son qui va devenir la référence du blues de la deuxième partie du XXème siècle: aux antipodes du country-blues acoustique, il est clairement urbain et électrique (l'évolution du style de Muddy Waters en est l'exemple parfait). Au début des années 1960, cet univers sonore va révolutionner la nouvelle scène britannique (Yardbirds, Animals, Pretty Things, Rolling Stones, etc.).

 

    Cependant, au-delà de ses qualités de producteur et de musicien, ce sont ses compositions qui font de Willie Dixon un des plus importants artistes de Blues. Homme de l'ombre, il sait choisir l'interprète qui conviendra le mieux à chacune de ses chansons. Howlin' Wolf lui doit quelques-unes de ses plus belles chansons: "Evil", "I ain't superstitious", "Little red rooster", "Back door man". Muddy Waters, autre géant du Blues, lui doit également beaucoup: "(I'm your) Hoochie-Coochie man", "I just want to make love to you", "You need love": ces classiques de son répertoire sont toutes signées Willie Dixon. Ses talents ont également profité à l'extraordinaire inventeur du rock (autoproclamé), Bo Diddley: sur "You can't judge a book by looking at its cover" et "Pretty thing", l'écriture de Dixon se marie parfaitement au jungle beat, base rythmique caractéristique de Bo Diddley. De nombreux autres bluesmen, moins célèbres, ont également interprété les chansons de Dixon: les harmonicistes Little Walter, Willie Mabon et Sonny Boy Williamson (aka Willie Rice Miller), le pianiste Eddie Boyd, les guitaristes Lowell Fulson et Otis Rush, les chanteurs Jimmy Witherspoon et Koko Taylor… Chacun d'entre eux doit tout ou partie de sa carrière aux morceaux de Willie Dixon.

 

    Au début des années 1960, la scène blues de Chicago participe à l'American Folk Blues Festival (organisé par Georgio Gomelski, le manager des Yardbirds) et donne une série de concert à travers l'Europe. Les jeunes groupes vont très vite reprendre le répertoire unique de Willie Dixon, et le faire découvrir à bien plus grande échelle. Les Rolling Stones ("I just want to make love to you" ;"Little red rooster"), les Pretty Things (hum, "Pretty thing"), Jeff Beck ("I ain't superstitious"), Cream ("Spoonful") et Led Zeppelin ("You shook me"; "Bring it on home"; "I can't quit you baby") donnent une nouvelle vie aux chansons de Dixon. Un peu plus tard, des artistes américains comme les Grateful Dead ("Spoonful"), Jimi Hendrix ("Hoochie Coochie Man") et les Doors ("Back door man", "Little red rooster") vont à leur tour revisiter les morceaux du bluesman le plus influent – et le plus méconnu – de la seconde partie du XXème siècle. The Chess Box est une extraordinaire compilation qui permet de saisir l'importance unique de l'œuvre de Willie Dixon dans l'évolution du Blues, puis dans le développement de la scène pop-rock.

 

 

 

 

 

Tracklisting :

 

Disque 1
1. My Babe - Little Walter
2. Violent Love [#] - The Big Three Trio
3. Third Degree - Eddie Boyd
4. Seventh Son - Willie Mabon
5. Crazy for My Baby [#] - Willie Dixon
6. Pain in My Heart [#] - Willie Dixon
7. (I'm Your) Hoochie Coochie Man - Willie Dixon
8. Evil - Howlin' Wolf
9. Mellow Down Easy - Little Walter
10. When the Lights Go Out - Jimmy Witherspoon
11. Young Fashioned Ways [#] - Muddy Waters
12. Pretty Thing - Bo Diddley
13. I'm Ready - Muddy Waters
14. Do Me Right - Lowell Fulson
15. I Just Want to Make Love to You - Muddy Waters
16. Tollin' Bells - Lowell Fulson
17. 29 Ways [#] - Willie Dixon
18. Walking the Blues - Willie Dixon


Disque 2
1. Spoonful - Howlin' Wolf
2. You Know My Love - Otis Rush
3. You Can't Judge a Book by Its Cover - Bo Diddley
4. I Ain't Superstitious - Howlin' Wolf
5. You Need Love [#] - Muddy Waters
6. Little Red Rooster - Howlin' Wolf
7. Back Door Man - Howlin' Wolf
8. Dead Presidents [#] - Little Walter
9. Hidden Charms - Howlin' Wolf
10. You Shook Me - Muddy Waters
11. Bring It on Home - Sonny Boy Williamson
12. Three Hundred Pounds of Joy - Howlin' Wolf
13. Weak Brain, Narrow Mind [#] - Willie Dixon
14. Wang Dang Doodle - Koko Taylor
15. Same Thing [Live] - Muddy Waters
16. Built for Comfort - Howlin' Wolf
17. I Can't Quit You Baby - Little Milton
18. Insane Asylum - Koko Taylor

Partager cet article
Repost0