1 septembre 2008 1 01 /09 /septembre /2008 11:48

Colette Magny - MelocotonColette Magny -
Melocoton

(1965 ; CBS) - réédition CD : Sony-Versailles.

 

 

Au rayon des grands oubliés de l'histoire, Colette Magny tient une place à part. Cette artiste française (dont le seul succès fut « Melocoton », sorti en 45 tours en 1963) a été magnifiquement ignorée par les médias pendant toute sa carrière de chanteuse et d'artiste engagée. Alors que les plus aventureuses des télévisions et des radios se contentaient de diffuser les disques de la génération yé-yé (une gloire musicale de plus à mettre à l'actif de notre hexagone), Magny a sorti en 1965 un des meilleurs disques de chanson française de la décennie.

 

La chanson titre, qui prend la forme d'une mystérieuse comptine, ouvre l'album et prépare l'auditeur au style de Colette Magny : une voix à l'expressivité unique et une instrumentation délicate qui ne peuvent laisser personne indifférent. Comme Ferré et Brassens avant elle, Magny avait fait le choix de mettre en musique les textes de grands poètes : Hugo, Rimbaud, Aragon. Ainsi, sur « Les Tuileries » de Hugo (dont le texte fut plagié sans vergogne par Lavilliers), Magny livre une interprétation extraordinaire qui donne un relief particulier au texte (« Nous sommes deux drôles, aux larges épaules / Deux joyeux bandits / Sachant rire et battre / Mangeant comme quatre / Buvant comme dix. Quand, vidant des litres / Nous cognons aux vitres / De l'estaminet / Le bourgeois difforme / Tremble en uniforme / Sous son gros bonnet. »). Un peu plus loin, c'est une adaptation d'un poème de Rimbaud qui est donnée avec un minimalisme et une justesse remarquables : seuls une batterie, un orgue et quelques claquements de mains accompagnent la voix de Magny (« Chanson de la plus haute tour »).

 

De sa voix puissante, Magny se permet de reprendre des morceaux issus de la musique noire-américaine : « Saint James Infirmary », « Any Woman's Blues », et « Didn't My Lord Deliver Daniel » ; les arrangements sont soignés, la rythmique implacable, et le jeu de trompette traumatisant sur les deux premiers morceaux (des classiques de blues, repris avec une qualité inégalée de ce côté de l'Atlantique). En effet, Magny ne se cantonne pas à interpréter des poèmes d'auteurs francophones, et ses adaptations d'Antonio Machado (« J'ai suivi beaucoup de chemins ») et de Rainer Maria Mike (« Heure Grave ») sont bouleversantes. Sur ces morceaux, la voix forte de Magny transcende les textes : « J'ai suivi beaucoup de chemines / J'ai ouvert de nombreux sentiers / J'ai navigué sur cent mers / Et abordé cent rivages. Partout, j'ai vu des caravanes de tristesse / De superbes et mélancoliques ivrognes / A l'ombre noire... »

 

Le retour à un texte de Hugo (« Chanson en Canot »), appuyé par un clavecin génial, est prodigieux : « Ne venez point où nous sommes troubler la fête des yeux doux / Je ne veux savoir où vous êtes / Qu'afin de tâcher d'être ailleurs... ». Le dernière grande chanson du disque est « Richard II Quarante », un pur moment de grâce où la voix de Magny donne sa pleine mesure : « La patrie est comme une barque qu'abandonnèrent ses haleurs, et je ressemble à ce monarque plus malheureux que le malheur ». Quant au dernier morceau, « Co-opération », il s'ouvre sur ces phrases d'une désespérante évidence : « Les cris qui se savent inécoutés, en voilà un horrible silence... Tu peux pleurer, tu peux crier tu peux vomir, tu ne sauras jamais pourquoi tu es né(e) ».

 

Morte dans une indifférence quasi-générale en 1997, Colette Magny n'a jamais eu la place que son talent aurait dû lui assurer dans le monde de la musique francophone... Heureusement, il reste pour toujours ce disque prodigieux et sans équivalent, à (re)découvrir d'urgence.

 

 

 

 


Liste des chansons :


1. Melocoton (Colette Magny) *
2. Les Tuileries (Victor Hugo - Colette Magny) *
3. Monangamba (António Jacinto - Colette Magny)
4. Rock me more and more (J. Davis - A. Carven)
5. Chanson de la plus haute tour (Arthur Rimbaud - Colette Magny) *
6. La Terre acquise (Colette Magny)
7. Saint-James Infirmary (Irving Mills alias « Joe Primrose ») *
8. Any woman's blues (Traditionnel américain)
9. Heure grave (Rainer Maria Rilke - Colette Magny) *
10. J'ai suivi beaucoup de chemins (Antonio Machado - Colette Magny) *
11. Didn't my Lord deliver Daniel (traditionnel nord-américain)
12. Chanson en canot (Victor Hugo - Colette Magny) *
13. Richard II Quarante (Louis Aragon - Colette Magny) *
14. Co-opération (Colette Magny)

 

L'album est en écoute sur MusicMe 

 

 

 

 

Vidéos :

 

"Melocoton"

 

 

 

 

 

Vinyle :

 

Colette Magny - Melocoton.
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27 mai 2008 2 27 /05 /mai /2008 15:53
BLIND BLAKE - The Best of Blind Blake
Blind Blake -
The Best of Blind Blake
(1926-1932 réédition Yazoo 2000)

 

 

Comme Blind Lemon Jefferson pour le blues texan et Charlie Patton pour celui du delta (du Mississippi), Blind Blake est considéré comme le fondateur de l'East-Coast Blues (ou Piedmont Blues), un style qui a d'abord gagné les états du sud de la côte atlantique avant d'arriver jusqu'à New York, puis de poursuivre son chemin plus au nord. On ne sait que très peu de choses sur Blind Blake : il serait né dans la dernière décennie du XIXème siècle (peut-être même plus tôt) en Floride, et on situe la date de sa mort entre 1933 et 1940. De même, son nom reste sujet à caution : si certains avancent le fait que son véritable nom était Arthur Phelps, ce que Blind Blake lui-même a toujours nié. Sa carrière est mieux documentée que sa vie : entre 1926 et 1932, il a enregistré - à Chicago, et pour Paramount, comme de nombreux Bluesmen de l'époque - une centaine de pistes.

 

L'impression qui se dégage généralement du Piedmont Blues est celle d'une élégance et d'une délicatesse qui contrastent fortement avec la musique enregistrée à la même période par les bluesmen du delta du Mississippi, qui mettaient tout leur désespoir et toute leur douleur dans leurs morceaux. Dans le Piedmont Blues, la légèreté est souvent de rigueur. Avec Blind Blake, maître incontesté du blues de la côte Est, cette impression est portée à son paroxysme : son jeu rapide en fingerpicking est d'une fluidité hallucinante. Son chant, lui aussi, semble détaché, à la fois enjoué et tranquille. On est loin des aventureuses envolées de Skip James ; ici, même sur les morceaux aux rythmes plus modérés, Blind Blake conserve une distance vis-à-vis de ses chansons (comme sur « Rope-stretching blues » ou « Chump man Blues » ou « Blake's Worried Blues »), et ses morceaux ne sont pas aussi douloureux que ceux de certains de ses contemporains.

 

Les spécialistes pensent que cette manière de jouer de la guitare acoustique provient d'une transposition des ragtimes, des morceaux joués au piano, et très populaires au début du XXème siècle ; l'influence de la musique jouée par les noirs des Caraïbes a également été relevée dans le style de Blind Blake. La totalité de l'œuvre de Blind Blake est d'un niveau impressionnant, et cette compilation n'est qu'un exemple parmi de nombreux autres disques, qui reprennent les chansons de cet artiste indispensable. De plus, la qualité sonore est exceptionnelle.

 

A travers les chansons présentées sur ce disque, l'impression la plus frappante est celle d'une incroyable facilité : les prouesses techniques s'enchaînent à une vitesse démente, et sa voix tranquille parachève le travail, avec un détachement presque surhumain : « Sea Board stomp » est une chanson imparable, à l'interprétation ahurissante. Sur les blues plus classiques (comme « No Dough Blues »), son talent unique transparaît encore de façon évidente. Autre exemple de ce type, « Depression's gone from me », qui a un lien de parenté certain avec de nombreux autres chansons blues (de « Things 'bout coming my way » de Tampa Red à « Sitting on top of the world » d'Howlin' Wolf, en passant par « Come In in my kitchen » de Robert Johnson). Une nouvelle fois, la version de Blind Blake est prodigieuse, et n'a rien à envier à personne ; son chant posé sur un jeu de guitare hallucinant le place définitivement parmi les géants du blues. Si on ajoute à tout cela les morceaux « Diddie wah diddie » et « He's in the jailhouse now » (repris sur la B.O de O'brother, where art thou ? des frères Cohen) et une poignée de chansons oubliées, on comprend qu'on a trouvé avec Blind Blake l'un des artistes les plus inspirés de la première génération de bluesmen dont l'œuvre ait été enregistrée.

 

 

 

 

Liste des chansons :


1.Southern Rag *
2.Georgia Bound *
3.Blind Arthur's breakdown
4.Too tight blues - n°2 *
5.Dry Bone shuffle
6.Rope Stretching blues - part 1 *
7.Panther Squall blues
8.Skeedle Loo Doo blues
9.You Gonna quit me blues *
10.Sea Board stomp *
11.No Dough blues *
12.West Coast blues *
13.Depression's gone from me blues *
14.Come on boys let's do that messin' around
15.Wabash rag
16.He's in the jailhouse now *
17.Diddie wah diddie *
18.Blake's worried blues
19.Ice Man blues
20.Doggin' me mama blues *
21.Chump Man blues *
22.Guitar Chimes
23.Early morning blues *

 

 

 

 

 

Vidéos :

 

"He's In The Jailhouse Now"

 

"West Coast Blues"

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16 mai 2008 5 16 /05 /mai /2008 07:29

Skip James - The Complete Early Recordings

Skip James -
The Complete Early Recordings
(enregistrements originaux: 1931)

 

Skip James est un personnage unique dans l’histoire du Blues. Né le 21 juin 1902 dans le delta du Mississippi, Nehemiah Curtis James, il est considéré à juste titre comme un des archétypes du bluesman, à la vie dissolue et au parcours chaotique, et dont la musique traverse le temps sans jamais perdre sa pertinence. Skip James tente d’exorciser ses démons et de transcender la douleur de sa condition en enregistrant des morceaux qui ne sacrifient en rien aux modes ou aux styles appréciés alors.

 

De ses jeunes années, on retient souvent que Skip James a commencé à jouer de l’orgue à l’adolescence, qu’il a occupé divers emplois manuels (notamment dans des chantiers), et produit du whisky de contrebande. En 1931, un producteur de Paramount l’emmène dans le Wisconsin pour enregistrer ses morceaux. La légende veut que Skip James ait enregistré 26 pistes, mais jusqu’à présent, seules 18 chansons nous sont parvenues. Celles-ci ont été regroupées par différents labels sous divers noms, depuis la compilation réalisée par YAZOO dès 1986.

 

Ces pistes montrent un artiste habité au style très peu conventionnel : sa voix très haute (qui s’échappe parfois en falsetto) est accompagné par un prodigieux jeu de guitare en figer-picking, ou au piano. Les spécialistes s’interrogent encore sur le style de James : était-il le dernier représentant d’un style musical disparu, ou a-t-il créé seul tout un univers musical ? Quelle que soit la réponse, Skip James eut une influence prépondérante sur Robert Johnson, dont le style et la gloire (posthume) doivent beaucoup aux enregistrements réalisés par James. L’écoute de Skip James ne peut pas laisser indifférent ; l’impudeur – mais surtout l’honnêteté – avec lesquelles il interprète ses chansons sont bouleversantes, et renvoient chacun à ses propres douleurs. « Cypress grove blues » est un de ces morceaux qui transforment.

 

Parmi les autres morceaux éternels gravés par Skip James en 1931, les plus connus sont les intouchables « Devil got my woman » et « Hard Time Killing Floor Blues », deux chansons extraordinaires et terriblement personnelles (une reprise de la seconde a par ailleurs été utilisée dans la B.O. du film des frères Cohen, O’brother, Where Art Thou ?). Les enregistrements de la Library of Congress renferment de nombreux autres trésors, comme le « 22-20 blues »i, qui a servi à Robert Johnson quelques années plus tard pour écrire ‘son’ « 30-20 blues ». « I’m so glad », un morceau où James donne la pleine mesure de son talent de guitariste, et sur lequel il livre aussi une performance vocale surprenante, fut reprise par Eric Clapton (avec Cream). Le guitariste anglais offrait ainsi un court moment de gloire à un artiste trop personnel pour atteindre les foules. Beck, en 1994, a lui aussi rendu hommage à Skip James, en enregistrant une version de « Jesus is a mighty good leader », sur One Foot in the grave.

 

Après avoir enregistré ces chansons (qui ne rencontrèrent pas le succès), Skip James disparut presque totalement. Il faudrait attendre 1964 et le blues revival pour que sa musique parvienne à une nouvelle génération d’auditeurs, et pour qu’il enregistre à nouveauii. Une nouvelle fois, son style était trop personnel et inattendu pour lui valoir gloire et fortune… A sa mort, en octobre 1969, une souscription a été nécessaire pour payer ses obsèques.

 

 

 

 

 

Liste des chansons :

  1. Devil got my woman *
  2. Cypress grove blues *
  3. Little cow and half is gone
  4. Hard time killing floor blues *
  5. Drunken spree
  6. Cherry ball blues
  7. Jesus is a mighty good leader *
  8. Illinois blues *
  9. How long Buck *
  10. Four o’clock blues
  11. 22-20 blues *
  12. Hard luck child *
  13. If you haven’t any hay get down on the road *
  14. Be ready when He comes
  15. Yola my blues away
  16. I’m so glad *
  17. What am I to do blues
  18. Special rider blues *

L'album s'écoute sur Deezer : www.deezer.com/fr/#music/skip-james/complete-early-recordings-526536

 

 

 

Extrait :

 

"Devil Got My Woman"

 

 

 

 

 

i The 22-20s, l’extraordinaire (mais éphémère) groupe britannique de Martin Trimble, avait choisi son nom en hommage à ce morceau de Skip James. On espère revoir ce groupe sortir un nouveau disque sans avoir à attendre 33 ans, comme cela a été le cas pour James.

ii Des enregistrements réalisés par Skip James après 1964, on conseillera particulièrement Today ! et Devil got my woman, sortis par le label Vanguard.

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18 janvier 2008 5 18 /01 /janvier /2008 20:04

Kris Kristofferson - Kristofferson

Kris Kristofferson -
Kristofferson

(1970 –  Monument)

 

    Aujourd’hui plus connu pour sa carrière d’acteur hollywoodien que pour celle de chanteur/compositeur, Kris Kristofferson a pourtant été important dans l’évolution de la scène nord-américaine du début des années 1970. Beaucoup de ses morceaux ont été interprétés par de nombreux artistes (depuis Dave Dudley qui chante « Viet-Nam Blues » en 1966, mais aussi Jerry Lee Lewis, Waylon Jennings, Johnny Cash, et surtout Janis Joplin, dont la version de « Me & Bobby McGee »  aujourd’hui plus célèbre que celle de Kristofferson). Ce premier album, sorti en 1970, passe relativement inaperçu ; il obtient un succès d’estime, mais ne rencontre pas un public énorme. Le disque est réédité l’année suivante – par Columbia (la maison de disques de Johnny Cash, qui signe les notes sur le dos du LP) sous le nom Me & Bobby McGee : cette fois, le succès populaire est phénoménal, et lance véritablement la carrière de Kristofferson.

    Le parcours de Kristofferson est atypique : fils d’un général de l’armée de l’air – et ancien militaire lui-même, il a étudié la littérature à Oxford, et devait partir enseigner à West Point lorsqu’il a brusquement démissionné, afin de se lancer dans une carrière artistique. Il enchaîne différents boulots avant la sortie de ce disque (notamment celui de pilote d’hélicoptère). Son premier album est un coup de maître : ses textes sont d’une qualité remarquable, sa voix basse et touchante est accompagnée par un groupe country-rock efficace. Dès les premières secondes, on est frappé par l’efficacité et la précision de l’écriture : « Mister Marvin Middle Class is really in a stew / Wond'rin' what the younger generation's coming to / And the taste of his martini doesn't please his bitter tongue / Blame it on the Rolling Stones. » La voix est basse et profonde, le groupe lance le refrain en se prenant pour l’Armée du Salut : « Blame it on the Stones » est un excellent morceau, qui ouvre un très bon album. Quel que soit les thèmes sur lesquels Kristofferson chante (des chansons d’amour, des satires sociales, ou encore les mésaventures diverses de personnages inadaptés à la société), il semble conserver une certaine distance vis-à-vis de ses chansons… Le chanteur, déjà âgé de 34 ans à la sortie du disque, apparaît par moments désabusé et mélancolique, et se permet des enchaînements extraordinaires d’une phrase à une autre : « I don’t care who’s right or wrong / I don’t try to understand (…) Yesterday is dead and gone / And tomorrow’s out of sight / And it’s sad to be alone / Help me make it through the night. » (« Help me make it through the night »).


    « Sunday Morning coming down » est encore un excellent morceau, avec un orgue qui vient s’ajouter à l’orchestration habituelle sur ce disque ; le chant est tranquille et élégant, à l’image de cet album qui, sous un aspect relativement classique, recèle des morceaux prodigieux... Par exemple, « The Law is for protection of the people », au rythme syncope, et au textes cyniques percutants : « ’Cos the law is for protection of the people /  rules're rules and any fool can see / We don't need no hairy headed hippies /  scaring decent folks like you and me no siree ». Autre morceau marquant, « Best of all possible worlds », ou comment faire référence à Voltaire en racontant une cuite qui se termine par un séjour à l’ombre, avec des textes (une nouvelle fois) prodigieux. Malgré les ennuis divers et le traitement reçu, le personnage conserve sa ligne de conduite avec un entêtement magnifique : « I said I knew there was somethin' I liked about this town / But it takes more than that to bring me down down down / Cause there's still a lot of wine and lonely girls in this best of all possible worlds ». Impossible de parler de cet album sans évoquer la chanson « Me and Bobby McGee », magnifique ballade, à l’orchestration délicate : la basse, la batterie, la guitare acoustique et un harmonica plaintif offrent à cet extraordinaire chanson un accompagnement parfait.

    La réédition de ce disque en CD – dans l’excellente collection « American Milestones » de Columbia, n’offre pas moins de quatre chansons, dont une porte l’un des meilleurs titres de l’histoire : « The Junkie and the juicehead, minus me ». Les trois autres morceaux sont plus que des pistes de remplissage, et confirme tout le bien que l’on pouvait penser de Kristofferson après l’écoute de son premier album.






Liste des chansons :

LP original :
1.    Blame it on the Stones *
2.    To Beat the Devil *
3.    Me and Bobby McGee *
4.    Best of all possible worlds *
5.    Help me make it through the night
6.    The Law is for protection of the people *
7.    Casey’s last ride
8.    Just the other side of nowhere
9.    Darby’s castle
10.    For the good times
11.    Duvalier’s dream
12.    Sunday Morning coming down

Version CD Columbia “American Milestones”
13.    The junkie and the juicehead, minus me *
14.    Shadows of her mind
15.    The lady’s not for sale
16.    Come sundown


 

 

 


Vidéos :

"Me & Bobby McGee"


"Sunday Morning Coming Down" en duo avec Johnny Cash


"Help Me Make It Throught The Night"

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6 décembre 2007 4 06 /12 /décembre /2007 14:17

Blind Lemon Jefferson

Blind Lemon Jefferson
The Best of Blind Lemon Jefferson

(enregistrements originaux : années 1925-1929) – sortie CD : 2000 (YAZOO 2057)

 


    Cette compilation, sortie en 2000 par l’extraordinaire label YAZOO (le label de référence pour toutes les rééditions de Blues) est une véritable mine d’or, et regroupe la plupart des meilleures chansons d’un artiste incontournable, Blind Lemon Jefferson, l’un des premiers artistes de blues dont l’œuvre ait été enregistrée. Il est considéré comme le créateur du Blues texan, et il est considéré comme l’un des trois grands créateurs du Blues (avec Blind Blake, qui a rendu célèbre le Piedmont Blues sur la côte Est, et Charlie Patton, qui a développé le Blues du delta, dans la région du Mississippi.

 

    La vie de Clarence « Blind Lemon » Jefferson est mal connue, et reste encore sujet à de nombreuses interprétations (on ignore notamment s’il était aveugle de naissance, ou s’il l’est devenu progressivement) ; on situe habituellement sa date de naissance en 1893, et une rumeur voudrait qu’il ait été lutteur pendant sa jeunesse. Il apprend à jouer de la guitare dans les plantations de coton du Texas, un état qu’il va parcourir jusqu’au début des années 1920, avant de partir enregistrer ses morceaux à Chicago pour le label Paramount (ainsi que pour Okeh Records, parfois sous le pseudonyme de Deacon L.J. Bates). Il enregistre en trois ans (entre 1926 et 1929) plus de quatre-vingt chansons, dont certaines lui valent un important succès (en particulier « Matchbox Blues », rééditée plusieurs fois, du vivant même de Jefferson).

 

    Le disque The Best of Blind Lemon Jefferson présente ving-trois titres, parmi lesquels des morceaux restés célèbres : « Jack O’ Diamond », « Matchbox Blues », « Broke and Hungry » et surtout « See that my grave is kept clean », qui fut reprise à de nombreuses reprises (par Lightnin' Hopkins, Bob Dylan, puis par le groupe Jefferson Airplane).  La qualité du son de cette compilation est variable, mais celle des compositions de Jefferson est d’un tel niveau qu’il serait criminel de ne pas en profiter. A l’ère du numérique et de la toute-puissance des producteurs, le retour à une musique authentique et artisanale est souvent salvateur… Ces morceaux venus du début du siècle dernier sont extraordinaires : la qualité du jeu de guitare de Blind Lemon Jefferson et la force de son interprétation restent d’une pertinence et d’une efficacité indéniables. Parfois parlés (« Hot Dogs »), le plus souvent chantés (avec la voix « plus haute » que l’accompagnement), les morceaux de Blind Lemon Jefferson proposent une variété de rythmes et de styles (le chant plaintif de « Corinna Blues », le riff délicat de  « ’Lectric Chair Blues », le rythme entraînant de « He Arose from the Dead », etc.). Sur chaque morceau, la guitare et la voix de Blind Lemon Jefferson se répondent à merveille : la maîtrise qu’il a de sa voix et de son instrument est parfaite ; il s’accorde dans presque chaque chanson un moment pour jouer un solo de guitare (et/ou chanter quelques phrases sans aucun accompagnement).

 

    Blind Lemon Jefferson reste l’un des plus importants artistes de Blues de l’histoire : « See that my grave’s kept clean » est une chanson prodigieuse (La meilleure de Blind Lemon Jefferson ? La meilleure chanson de l’histoire du Blues ? Le meilleur morceau jamais enregistré ?). Quoi qu’il en soit, ce morceau reste celui à faire écouter d’urgence à tous ceux qui pensent que « le blues, c’est toujours la même chose ».

 

    A l’image de sa vie, la mort de Blind Lemon Jefferson est sujette à de multiples controverses. Pendant l’hiver 1929-1930, alors qu’il est venu enregistrer de nouveaux morceaux, il va se perdre dans les rues enneigées de Chicago, en rentrant d’une soirée chez des amis. Il est habituellement admis qu’il serait mort de froid cette nuit-là, mais la thèse d’une crise cardiaque et même celle d’un empoisonnement ont aussi été avancées. Il est enterré rapidement, dans l’anonymat le plus complet, et il faut attendre 1967 pour qu’un petit monument en son honneur soit construit – qui a depuis été remplacé par une stèle de granit.

 

 

 


Listes des chansons :


1. Matchbox Blues *
2. That crawlin’ baby blues
3. Hot Dogs *
4. Corinna Blues
5. Rambler Blues
6. Rabbit Foot Blues
7. Dry Southern Blues *
8. ’Lectric Chair Blues
9. One Dime Blues *
10. Got the Blues
11. See that my grave’s kept clean *
12. He arose from the Dead *gang.png
13. Black Horse Blues
14. Prison Cell Blues
15. Booster Blues
16. Bed Spring Blues
17. Jack O’Diamond *
18. Beggin’ Back
19. Wartime Blues
20. Easy Rider Blues
21. How Long How Long
22. Long Lonesome Blues
23. I Want To Be Like Jesus In My Heart

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5 novembre 2007 1 05 /11 /novembre /2007 12:00

Johnny Cash - American Recordings

Johnny Cash -

American Recordings
(American Recordings / Warner Bros ; 1994)


   Près de quarante ans après ses premiers enregistrements réalisés pour le label Sun de Memphis, Johnny Cash est contacté par Rick Rubin, producteur et propriétaire du label American Recordings. Quelques mois plus tard, Johnny Cash livre en treize pistes un disque à la beauté intemporelle. La sobriété de la production renforce l’impact des morceaux ; la plupart du temps, seule une guitare acoustique accompagne la voix profonde de Johnny Cash. Sur cet album plein d’intimité et pudeur, les morceaux qu’il interprète sont en majorité des reprises (de Nick Lowe, Kris Kristofferson, Tom Waits, Leonard Cohen…). Chacune des chansons prend une dimension nouvelle : les versions enregistrées par Johnny Cash sont marquées par une gravité et une force impressionnantes. L’interprétation minimaliste par laquelle Cash s’approprie les morceaux permet de les découvrir d’une manière différente.

    Le ton de l’album est donné dès la première chanson, « Delia’s gone » (déjà écrite et chantée par Cash en 1961), dans laquelle un homme raconte l’histoire de la femme qu’il a lui-même tuée : « If I hadn’t shot poor Delia / I’d have had her for my wife / Delia’s gone ». Les chansons d’American Recordings, comme la plupart de celles de Johnny Cash, parlent d’amitié, d’amour déçu, de violence et de meurtre, de malédiction et de rédemption. Le second morceau, « Let the train blow the whistle », est d’une élégance imparable, et la version que donne Johnny Cash de « Thirteen » de Glenn Danzig (le chanteur des Misfits) transcende véritablement la chanson : « Bad luck wind’s been blowing at my back / I was born to bring trouble to wherever I’m at ». American Recordings est aussi l’occasion pour Cash d’exprimer sa foi par les reprises « Why me Lord » et « Oh Bury me not », et sur une de ses compositions, la splendide « Redemption », qui explique sa conversion : « My old friend Lucifer came / for to keep me in chains / But I’ve seen through the tricks / Of 666 ».

    Sur ce disque, Cash rend hommage à de nombreux artistes, notamment par la reprise de « Bird on the wire » de Leonard Cohen, et celle de Tom Waits, l’extraordinaire « Down there by the train », sur lesquelles la force d’interprétation de Cash, et l’intensité dramatique qu’il apporte aux morceaux sont impressionnantes. « Tennessee Stud », utilisée trois ans plus tard par Tarantino dans la B.O. de Jackie Brown, est une chanson qui raconte les aventures d’un cow-boy qui traverse le pays. Cash offre ici (tout comme sur « The man who couldn’t cry ») un modèle de chanson country : enregistrés en concert, et par la proximité tangible du chanteur et du public, ces morceaux prennent une dimension nouvelle. Sur « Like a soldier » (une autre de ses compositions), Cash semble dresser le bilan de sa vie, et chante de sa voix chargée d’émotions des vers simples et touchants : « I’m like a soldier getting over the war / I’m like a youg man getting over his crazy days / Like a bandit getting over his lawless ways / Everyday gets better than the day before ».

    Ce disque est le premier - et le meilleur - de tous ceux réalisés pour le label American Recordings (à ce jour, cinq albums sont sortis, dont le dernier, A Hundred Highways, après la mort de Johnny Cash). Il a permis de faire sortir Cash de son statut d’icône country / rock / rockabilly oubliée pour le placer définitivement comme un des artistes indispensables du XXème siècle.


Liste des chansons :

1.    Delia’s Gone (J. Cash)
2.    Let The Train Blow The Whistle (J. Cash)
3.    The Beast In Me (Nick Lowe)
4.    Drive On (J. Cash)
5.    Why Me Lord (Kris Kristofferson)gang.png
6.    Thirteen (Glenn Danzig)
7.    Oh, Bury Me Not (J. & A. Lomax) Introduction : A Cowboy’s Prayer (T. Spencer & R. Rogers)
8.    Bird On The Wire (Leonard Cohen)
9.    Tennessee Stud (Jimmy Driftwood)
10.    Down There By The Train (Tom Waits)
11.    Redemption (J. Cash)
12.    Like A Soldier (J. Cash)
13.    The Man Who Couldn’t Cry (Loudon Wainwright III)
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22 octobre 2007 1 22 /10 /octobre /2007 08:10

Nervous Norvus - Stone Age Woo

Nervous Norvus -

Stone Age Woo
Norton Records (2004)


Le label Norton, déjà responsable de rééditions prestigieuses (notamment les ressorties vinyle des indispensables albums de The Sonics), a publié en 2004 les enregistrements rares et/ou inédits du chanteur Jimmy Drake, originaire des environs de Los Angeles, qui avait choisi pour nom d’artiste le délicat sobriquet de Nervous Norvus. Jimmy Drake était un camionneur qui a décidé un jour de devenir chanteur, et qui a eu droit à son quart d’heure de gloire en 1956. La comparaison avec Elvis s’arrête là, puisqu’au moment de la sortie de « Transfusion » et « Ape Call », (les deux premiers 45T de Nervous Norvus), Jimmy Drake a déjà quarante-quatre ans. Cet improbable artiste a encore enregistré de façon erratique pendant quatre ans pour des labels lilliputiens, avant de tirer un trait sur sa carrière musicale, qui précède de peu sa mort (d’une cirrhose au foie, en 1968).

« Transfusion » raconte les exploits d’un aigle de la route et ses multiples accidents, qui fait régulièrement le serment d’être plus prudent (« I’m never ever gonna speed again »), mais qui reprend toujours la route de la même façon, ce qui nécessite de nombreuses transfusions (« Slip the blood to me, Bud », « Pour the crimson in me, Jimson », etc.). Sur ce morceau (comme sur les suivants), les arrangements et les bruitages sont extraordinaires : hurlements de « Ape Call », aboiements de « Wild Dogs of Kentucky », différents cris d’animaux (entièrement bruités à la bouche) de « Little Cowboy », décollage d’un vaisseau spatial sur l’intouchable « The Fang »… Les bruitages des chansons de Nervous Norvus sont à la musique ce que les effets spéciaux des films d’Ed Wood sont au cinéma de Science-Fiction : une parenthèse absurde et géniale. Sur un fond musical le plus souvent country-rockabilly minimaliste, Nervous Norvus prend des libertés avec les genres musicaux et impose son style unique sur un pseudo jazz dégingandé (« Bullfrog Hop »), prend la voix d’un gosse - qui a caché une radio dans son ours en peluche - (I listen to Red in Bed), il rappe (« The Fang »), et aligne plusieurs reprises des suites de syllabes sans queue ni tête.

Pour les thèmes de ses chansons (avec une prédilection pour les animaux et pour les extra-terrestres : « Does a chinese chicken have a pigtail? », « The Kangaroo Hop », « Wild Dogs of Kentucky », « Boris the blue-nose baboon », « The Fang », « Kibble Kobble », etc.), pour ses sautes de voix au milieu des morceaux (depuis ses envolées vocales les plus improbables jusqu’à ses différents hurlements), et pour tous ses délires « Zorch », Nervous Norvus est assuré de notre sympathie. Pourtant, au-delà de leu aspect original, les chansons de ce Stoneage Woo possèdent une qualité indéniable : « I like girls » est un bon morceau à l’instrumentation recherchée, mais aux paroles navrantes, quant à « Kibble Kobble (The Flying Saucer Song) », c’est une très bonne chanson à l’intro aberrante (après une intro sifflet, Drake chante « I thought that flying saucers were only a myth / That people from other planets didn't exist / But since they have landed here from outterspace / There's cops hunting saucers all over the place »).

A l’écoute de ce disque, la question qui se pose est la suivante : pourquoi Jimmy Drake s’évertuait-il avec autant d’acharnement à saboter ses propres compositions (« The Blackout Song », « When I hear the honkin’ of the diesel train », « Little Cowboy », etc.)? Quelle que soit la raison de cette démarche – quasi suicidaire au niveau artistique –, qui rend les critiques les plus dures extrêmement faciles, l’apport de Nervous Norvus fut pourtant important : il a contribué à repousser les limites de ce qu’il était « raisonnable » d’enregistrer sur disque. Quelques dix années après les premiers disques de Nervous Norvus, Captain Beefheart, Mothers of Invention et autres Fugs auront retenu la leçon...

 

 



Liste des chansons :

1. Transfusion *
2. Dig
3. Ape Call *
4. The Wild Dogs Of Kentucky *
5. The Fang *
6. Bullfrog Hop
7. Stoneage Woo *
8. I Like Girlsgang.png
9. Does a Chinese chicken have a pigtail
10. Noon Balloon to Rangoon
11. Kibble Kobble (The Flying Saucer Song) *
12. The Lean Green Vegetable Fiend
13. Little Cowboy
14. The Blackout Song
15. Kangaroo Hop *
16. I listen to Red in bed
17. Sparks (#1)
18. I Hate bugs *
19. The Clock Shop (#1)
20. I’m waiting for Santa Klaus
21. Boris the blue-nosed baboon *
22. When I hear the honkin’ of the diesel train
23. Ape Call (-No Ape-)
24. The Bully Bully Man
25. Elvis you’re a G.I. now *
26. Stop your foolin’
27. Pony-Tail
28. I’m comin’ home my baby
29. The New Beat and Step
30. The Clock Shop (#2)
31. The Evil Hurricane
32. The Plaster Song *
33. Sparks (#2)

 

 

 

 

 

Vidéos :

 

"Transfusion"

 

"The Fang"

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19 septembre 2007 3 19 /09 /septembre /2007 10:16

Henry Thomas - Texas Worried Blues - The Complete Recordings (1927-1928)Henry Thomas -
Texas Worried Blues -

The Complete Recordings (1927-1928)


    Ce disque regroupe les enregistrements réalisés par Henry Thomas, un musicien et chanteur noir américain né en 1874 à Big Sandy (dans l’état du Texas), considéré comme un des artistes de musique folk les plus anciens qui aient été enregistrés. Il occupe donc une place particulière parmi les premiers bluesmen ; son style musical unique (composé de rag-times, de square-dances et de quelques blues) a sans doute pris forme avant le début du XXème siècle.

 

    L’œuvre de Henry Thomas est entièrement contenue sur ce disque. Le label Yazoo a une nouvelle fois fait des miracles pour retranscrire les pistes sur ce CD, dont la qualité sonore est remarquable pour des enregistrements qui datent de la fin des années 1920. Henry Thomas accompagne son chant à la guitare, mais aussi avec un instrument à vent de sa création (des tubes de bois taillés, assemblés à la manière d’une flûte de Pan). La musique qu’Henry Thomas compose et qu’il joue est une musique populaire – au premier sens du terme, à l’origine chantée pour les ouvriers de chemin de fer. Thomas avait lui-même abandonné son métier d’ouvrier agricole pour devenir musicien itinérant : dans « Cottonfield Blues », il décrit sa vie de travail au champ, et considère la ligne de chemin de fer comme le moyen de s’échapper vers une vie d’homme libre. Sur « Railroadin’ Some », il décrit même l’itinéraire qu’il a suivi, depuis les villes du Texas Rockwall et Greenville (dont l’inscription « Land of the Blackest Earth and the Whitest People » est restée tristement célèbre) jusqu’à Chicago (qui deviendra la destination de nombreux bluesmen au cours des décennies suivantes).

 

    Ce disque présente à merveille la variété des styles ayant influencé Henry Thomas, dans ses compositions originales ou dans les reprises qu’il effectuait : « Charmin’ Betsy » était une chanson qui existait déjà dans les années 1890, et l’origine de « Little Red Caboose » est probablement à rechercher du côté de la folk-music blanche. Cette variété de styles est parfois perceptible à l’intérieur de la même chanson, comme sur « Bob McKinney », qui enchaîne diverses mélodies du début du XXème siècle. Pour la plupart d’entre elles, ses chansons sont dynamiques et entraînantes : son accompagnement aux « flûtes » et à la guitare est parfaitement maîtrisé et réjouissant (« Charmin’ Betsy » ; « The Fox And The Hounds »), et offre un bon contrepoint à sa voix puissante et précise (« When The Train Comes Along »). Ce disque montre les qualités d’Henry Thomas à de multiples reprises, notamment sur les deux morceaux qui utilisent la mélodie de « Alabama Bound » avec des tempos différents, « Don’t Leave Me Here » et « Don’t Ease Me In », et les quelques blues qu’il a enregistré – en particulier celui qui donne son nom au CD, « Texas Worried Blues ».

 

    L’influence d’Henry Thomas, bien que relativement marginale, est cependant indéniable ; deux de ses chansons lui ont valu une reconnaissance posthume : le morceau « Fishin' Blues », qui a été repris par Taj Mahal et The Lovin' Spoonful, et surtout « Bull Doze Blues », repris par le groupe Canned Heat qui en fit un tube mondial en 1968 sous le nom de « Goin’ Up The Country ».

 

 

 

 

 

Tracklisting :

 

1. Fishing Blues
2. Old Country Stomp
3. Charmin’ Betsy *
4. Lovin’ Babe
5. Railroadin’ Some
6. Don’t Leave Me Here *
7. The Little Red Caboose
8. Bob McKinney *
9. Honey, Won’t You Allow Me One More Chance ? *
10. Run, Mollie, Run *
11. Shanty Blues
12. Woodhouse Blues
13. John Henry
14. Cottonfield Blues
15. Arkansas
16. The Fox And The Hounds *
17. Red River Blues
18. Jonah And The Wilderness
19. When The Train Comes Along *
20. Bull Doze Blues *
21. Don’t Ease Me In *
22. Texas Easy Street
23. Texas Worried Blues *

 

 

 

 

 

Vidéo :

 

"Bull Doze Blues"

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9 septembre 2007 7 09 /09 /septembre /2007 10:48

JOHNNY CASH - Johnny Cash At San QuentinJohnny Cash --
Johnny Cash At San Quentin

(sortie LP – 1969 ; sortie ‘coffret’ 2CD et DVD – 2006 ; Columbia/Legacy)


    Enregistré le 24 février 1969 au pénitencier de San Quentin (Californie), ce concert a été le support d’un documentaire vidéo des journalistes anglais de Granada TV, et a fourni à Columbia Records un album (sorti en juin 1969) de dix chansons, qui a atteint le sommet du Billboard’s album charts américain. En 2000, la réédition de Johnny Cash At San Quentin (The Complete 1969 Concert), dans l’excellente série American Milestones, présentait dix-huit morceaux tirés de ce concert. L’édition sortie en 2006 est absolument fantastique : trente et une pistes (chantées par Johnny Cash, mais aussi Carl Perkins, les Statler Brothers, June Carter Cash et la Carter Family) sont compilées sur deux CD, et présentent l’intégralité du concert de The Johnny Cash Show. Le coffret propose en outre en DVD l’extraordinaire documentaire de Granada TV, « Johnny Cash In San Quentin Prison », qui présente pendant près d’une heure des extraits du concert et des interviews de matons et de détenus qui racontent leur vie derrière les murs de la prison.

    Cash offre aux détenus une vue d’ensemble de sa carrière, depuis les morceaux enregistrés pour Sun Records (« Folsom Prison Blues » ; « I Walk the Line ») à ses succès plus récents pour Columbia (« Ring of Fire »). Le style des chansons est riche et varié ; Cash interprète des morceaux hilarants : « A boy named Sue » (l’histoire d’un homme qui recherche son père pour le tuer, puisqu’avant de quitter la maison, son père lui a donné le nom de Sue) et « Starkville City Jail » (qui parle de la nuit en prison causée par le fait d’être dehors en train de cueillir des fleurs après le couvre-feu). Cash joue aussi des morceaux tristes à pleurer (« I still miss someone », « I don’t know where I’m bound ») et d’autres chansons (une co-écrite avec Bob Dylan, « Wanted Man », une reprise de John Sebastian, « Darlin’ Companion » et des spirituals (« (There’ll be) Peace in the valley »).

    Appuyé par sa rythmique country habituelle, Johnny Cash et son groupe délivrent une performance d’une intensité incroyable. Cash discute et plaisante avec les prisonniers, et leur offre un morceau inédit, qu’il a écrit pour la circonstance, « San Quentin ». Ce morceau est le point d’orgue du concert : « San Quentin, may you rot and burn in Hell. / May your walls fall, and may I live to tell. / May all the world forget you ever stood, / And may all the  world regret you did no good… / San Quentin, I hate every inch of you ».







Liste des chansons :


CD 1 :

1.    Carl Perkins : Blue Suede Shoes
2.    The Statler Brothers : Flowers On The Wall
3.    The Carter Family : The Last thing On My Mind
4.    June Carter talks to the audience
5.    The Carter Family : Wildwood Flower
6.    Johnny Cash : Big River
7.    Johnny Cash : I Still miss someone
8.    Johnny Cash : Wreck of the old 97
9.    Johnny Cash : I Walk the Line
10.    Johnny Cash : Medley : The Long Black Veil - Give my love to Rose
11.    Johnny Cash : Folsom Prison blues
12.    Johnny Cash : Orange blossom special
13.    Johnny Cash and June Carter : Jackson
14.    Johnny Cash and June Carter : Darlin’ Companion
15.    The Carter Family : Break my mind
16.    Johnny Cash : I don’t know where I’m bound
17.    Johnny Cash : Starkville City jail
 
CD 2 :

1.    Johnny Cash : San Quentin
2.    Johnny Cash : San Quentin
3.    Johnny Cash : Wanted Man
4.    Carl Perkins : Restless
5.    Johnny Cash : A boy named Sue
6.    Johnny Cash : Blistered
7.    Johnny Cash : Peace in the valley
8.    Carl Perkins : The outside looking in
9.    The Statler Brothers : Less of Me
10.    Johnny Cash and The Carter Family : Ring of fire
11.    Johnny Cash and The Carter Family : He turned the water into wine
12.    Johnny Cash and The Carter Family : Daddy sang bass
13.    Johnny Cash and The Carter Family : The old account was settled long ago
14.    Johnny Cash and The Carter Family : Medley : Folsom Prison / I walk the line / Ring of fire / The Rebel / Johnny Yuma

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9 mars 2007 5 09 /03 /mars /2007 11:26

WOODY GUTHRIE - The Very Best Of Woody Guthrie

Woody Guthrie -
The Very Best Of Woody Guthrie

( 1992 – Music Club ; MCCD 067)

 


Né en 1912 à Okemah (Oklahoma), Woody Guthrie part à 19 ans pour le Texas, puis pour la Californie. Musicien et chanteur des rues, ses chansons sont marquées par un engagement en faveur des classes défavorisées, et s’est à plusieurs reprises montré solidaire de divers syndicats d’influence socialiste (sans jamais toutefois s’inscrire lui-même au parti communiste). Il est devenu célèbre pendant les années Trente, en écrivant diverses protest-songs (dont certaines se retrouveront sur l’album Dust Bowl Ballads). En 1939 il part vivre à New York, où il réalise ses premiers « vrais » enregistrements pour Alan Lomax et la Library of Congress. Il y écrit également son autobiographie, Bound For Glory, qui paraît en 1943. La phrase qu’il a inscrite sur sa guitare, « This machine kills fascists », résume les chansons qu’il compose avant d’être incorporé dans l’armée. A la fin des années quarante, il quitte la côte Est pour la Californie (il voyage avec Ramblin’ Jack Elliott), avant de revenir à New York, où sa santé décline rapidement : hospitalisé à partir de 1956, il meurt finalement en 1967.

 

    The Very Best Of Woody Guthrie compile une vingtaine de ses chansons les plus célèbres, et commence logiquement par le morceau « This Land Is Your Land », ballade imparable sur laquelle Guthrie chante sa vision de l’Amérique, un véritable appel à l’évasion et à la liberté : « This land is your land / And this land is my land / From California / To the New York Island… » ; le rêve américain selon Woody Guthrie. Comme de nombreux artistes de Blues et de Country de la première moitié du XXème siècle, Woody Guthrie emprunte des musiques déjà existantes, les adapte et y ajoute ses paroles. Pendant sa carrière, il collabore avec des artistes noirs et blancs, chanteurs de Blues et de Country (comme Pete Seeger, Lead Belly et Cisco Houston) : ce disque offre une version de la chanson « Take A Whiff On Me », composée par Lead Belly, un des plus influents artistes de Country–Blues. Woody Guthrie chante des ballades, des protest-songs, des chansons de cow-boy, des berceuses, apportant à chacun des morceaux son style particulier : il s’accompagne à la guitare acoustique sur la plupart des chansons, et sa voix, qui n’a pas de qualités exceptionnelles, transmet pourtant des sentiments forts, le plus souvent doux–amers : rien n’est anodin dans l’œuvre de Guthrie. Ici, chaque sourire semble cacher une larme. A l’inverse, même dans ses chansons les plus sombres, son jeu élégant et sa voix douce laissent entrevoir un espoir. Plusieurs pistes de The Very Best of... le place comme un des artistes les plus importants du XXème siècle : « This Land is your land », « Pastures of Plenty », « Do Re Mi » et « Hard Travelin’ » sont des morceaux intouchables. Engagé politiquement, Guthrie a aussi composé quelques blues immortels, dont « Dust Pneumonia Blues », sur lequel il chante : « I’ve got that dust pneumonia / Pneumonia in my lungs (X 2) / And it won’t be long / Till I’ll be dead and gone ».

 

    L’œuvre de Woody Guthrie a eu une influence énorme sur la scène folk qui se développe à New York au début des années soixante, en particulier sur Bob Dylan, qui a rendu plusieurs visites à Guthrie alors qu’il était hospitalisé. A son arrivée à New York (en 1961), Dylan était considéré comme un des nombreux imitateurs de Guthrie ; il a utilisé son style, repris plusieurs de ses chansons, avant de se mettre à composer lui-même, d’enregistrer « Song To Woody » sur son premier album, et de lire sur scène un poème, « Last Thoughts on Woody Guthrie » (disponible sur Bob Dylan - The Bootleg Series Vol.1). 

 

 

 

 

Tracklisting :


  1. This Land Is Your Land
  2. Pastures Of Plenty
  3. Pretty Boy Floyd 
  4. Take A Whiff On Me 
  5. Do Re Mi
  6. Put My Little Shoes Away 
  7. Washington Talkin’ Blues
  8. Hard Travelin' 
  9. Jesus Christ
  10. Whoopee Ti Yi Yo 
  11. Grand Coulee Dam 
  12. Picture From Life's Other Side
  13. Talkin' Hard Luck Blues 
  14. Philadelphia Lawyer
  15. I Ain't Got No Home 
  16. Wreck Of Ol' 97
  17. Keep Your Skillet Good And Greasy 
  18. Dust Pneumonia Blues 
  19. Going Down That Road Feeling Bad 
  20. Goodnight Little Arlo (Goodnight Little Darlin')
  21. So Long (It's Been Good To Know You)


A écouter également :
   - Dust Bowl Ballads (enregistrements réalisés en 1940, sortie LP en 1964 par RCA).
   - Ballads of Sacco & Vanzetti (enregistrements réalisés en 1946-47 par Moses Ash, sortie LP en 1960 par Folkways).
   - The Ash Recordings (enregistrements réalisés à partir de 1944 pour le label Folkways Records de Moses Ash, compilés sur 4 CD en 1999 par Smithsonian Folkways).

 

 

 

 

Vidéo :

 

"This Land Is Your Land"

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