13 janvier 2010 3 13 /01 /janvier /2010 10:16

Wolfmother - Cosmic EggWolfmother -
Cosmic Egg

(Modular 2009)

 

 

Couvertures de magazines, chroniques élogieuses, Wolmother et son hard-rock aux parfums seventies semble être entré dans le gotha du rock en 2009 avec ce deuxième album. Ceux qui se gloussaient du son rétro du groupe en 2006 ont aujourd'hui retourné leur veste pour les célébrer avec une démesure à la hauteur de celle affichée par le groupe dans ses morceaux. On serait les premiers à applaudir avec la meute s'il ne subsistait un léger problème : Cosmic Egg n'est pas un grand album, loin s'en faut.

 

A vrai dire, Wolfmother n'est plus un groupe. Depuis le départ fracassant de l'imposante section rythmique du groupe – composée de Chris Ross (basse/clavier) et Myles Heskett (batterie) – le guitariste/chanteur Andrew Stockdale s'est entouré d'une bande de musiciens compétents mais sans imagination, qui restent sagement à attendre les ordres du désormais omnipotent leader. Ce manque de dynamique semble être la source de notre déception à l'écoute de Cosmic Egg à la lourdeur pachydermique qui illustre à de nombreuses reprises l’expression gros cul.

 

L’album commence de façon suspicieuse, avec la nerveuse "California Queen" qui ressemble beaucoup à "Back To The Radio" du groupe garage américain The Hiss. Le morceau ralentit brutalement afin de permettre à Stockdale de poser un passage typiquement hard-rock, typique de Wolfmother. Ça semble un peu forcé, on ne tombe pas à la renverse, mais le morceau est agréable. Dans la foulée, le single "New Moon Rising" fait sombrer Wolfmother dans la caricature et le pastiche facile. Stockdale joue sur le contraste entre des coupets épurés (voix/batterie) et un refrain lourd, le morceau cite ainsi allègrement "War Pigs" de Black Sabbath sans jamais en atteindre l’intensité. C'est le premier d’une longue série de titres formulaïques sans grand intérêt autre que de faire du bruit, à l'image du poussif "White Feather", qui manque d'énergie à la façon des mauvais Stones.

 

Le groupe enfile son costume de Led Zeppelin sur "Sundial" au riff pesant avant d'enchaîner sur "In The Morning" qui ressemble à redite ratée de "White Unicorn". Il y a un côté Vines dans l'intro acoustique, on espère un moment de bravoure, on a juste droit à l'arrivée sans surprise du groupe, avant un break et un final inspiré de celui de "Stairway To Heaven". Très bien foutu mais sans surprise. Qu'est devenu le Wolfmother qui nous bluffait par ses choix audacieux  sur son premier album? Où est ce groupe souvent à la limite du bon goût mais empli de panache ?

 

Le fun semble avoir disparu, et le groupe se traîne d'un morceau à l'autre, recyclant les idées les plus éculées (on a même droit sur "10.000 Feet" à des violons arabisants censés faire un effet madeleine avec l'inévitable "Kashmir" de Led Zeppelin), l'identité forte créée par le trio originel s'est diluée au point de disparaître sous les couches de guitares toutes plus lourdes les unes que les autres. L'enthousiasme est ainsi moins grand que pour le premier album, autant chez l'auditeur que chez le groupe qui passe les 12 morceaux à se chercher une identité, piochant ses idées dans ses albums favoris. L'album s'achève sur un série de morceaux sans intérêts, le groupe n'oublie pas au passage la ballade de service avec la dégoulinante "Far Away", qui achève de nous convaincre que Wolfmother s'est égaré.

 

A l’écoute de tous ces morceaux, force est de constater que Wolfmother Mk 2 n'arrive pas à la cheville de son prédécesseur. Si l'écriture est en berne, c'est sans doute que l'alchimie entre les 3 musiciens originaux, la magie qui fait les grands groupes, est absente ici. On a l'impression d'entendre Stockdale ramer avec un groupe qui n'est pas à la hauteur de ses ambitions.

 

Wolfmother fonctionnait sur un équilibre délicat, envoyant un rock heavy 70s décomplexé, à la limite du ridicule mais qui marchait grâce au panache affiché du groupe (tout sur le rouge!). Sur chaque morceau Wolfmother se mettait en danger et passait en force grâce au talent de musiciens et de showmen du trio. Cette nouvelle mouture est bien plus sage, et même si Stockdale tente toujours d'emmener son hard-rock dans des contrées aux confins du bon goût, l'ensemble sonne affreusement "déjà entendu". Quelques morceaux ici fonctionnent ("Pilgrim" notamment, le délire pompier de "In The Castle" si on est de bonne humeur), la production surpuissante maintient parfois l'illusion, mais l'album ne tient pas la distance. Wolfmother a changé de formule, pour l'instant le résultat n'est pas à la hauteur de nos espérances.

 

 

 

 

Tracklisting :

 

1 California Queen *

2 New Moon Rising

3 White Feather

4 Sundial

5 In The Morning

6 10.000 Feet

7 Cosmic Egg

8 Far Away

9 Cosmonaut

10 Pilgrim *

11 Eyes Open

12 Back Round

13 In the Castle

14 Caroline

15 Phoenix

16 Violence of the Sun

 

L'album sur Deezer : www.deezer.com/fr/#music/wolfmother/cosmic-egg-396040

 

 

 

 

Vidéo :

 

"New Moon Rising"

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commentaires

Olivier 18/03/2010 15:35


Bon déjà je vois pas pourquoi on a tant acclamé le premier album... Ok, il y a Woman qui est une excellente chanson, mais à par ça, on a pas vraiment de riffs du calibre de ceux des ainés, pas de
solos dignes de ce nom, une espèce d'envie de faire du prog sans vraiment se lancer... Je comprends même pas pourquoi les bobos qui dénigrent le heavy 70s l'ont apprécié alors qu'il y a 1000 fois
mieux et moins kitsch dans le genre...
Le 2e album est encore moins bon, aucun morceau mémorable, c'est vraiment dommage car ces petits jeunes ont pourtant du potentiel, un super chanteur et tout... Tant pis pour eux!

PS : Blackmore rules! ;)


ZiGGy 29/01/2010 16:22


N'y'a qu'à écouter Tesla.


Ska 29/01/2010 11:29


DPC a vraiment bien résumé le problème dans le premier commentaire...
Et je suis en tous points d'accord avec l'article...
Dommage, j'aimais beaucoup le premier album et ses référeces au hard seventies... Là, on est plutôt du côté hard fm, avec tout ce que le terme comporte de péjoratif...


Frank 15/01/2010 14:46


Je partage complètement ton avis. Il y a un monde entre les deux albums. Le groupe (enfin ce qu'il en reste) a commis ce que l'on craignait d'entendre un jour chez The Datsuns : un album sans âme,
où tout n'est qu'effets de manche, un peu comme chez Ritchie Blackmore quoi...


domi 13/01/2010 15:24


pas d'accord éric, le parfum de led et de black sabbath est toujours aussi envoutant dans ce disque et c'est un grand plaisir de l'écouter sur deezer. Je vais enchainer par ta chronique de 2006,
vive les australiens...


dpc 13/01/2010 15:10


Exactement.
On passe entre le premier album et le second du revaïvôl Led Zeppelin au revaïvôl The Darkness. Forcément, ça tranche.