6 juin 2011 1 06 /06 /juin /2011 21:52

White Denim - D

White Denim -

D

(Downtown Music ; 2011)

 

 

    En ce milieu d’année, voici le retour de White Denim, le flamboyant groupe texan capable d’enregistrer des pistes aussi différentes que « Shake shake shake » (sur Workout Holiday, leur premier album) ou « Radio Milk how can you stand it » (sur Fits, leur deuxième).  Le dernier fait d’armes de White Denim fut d’offrir en téléchargement gratuit un album entier,Last Day of Summer – on n’ose parler de chutes de studio, au vu de la qualité des morceaux : la plupart des groupes contemporains pourraient tirer une légitime fierté d’avoir enregistré des pistes telles que « If you’re changing » ; pour White Denim, il s’agit d’un morceau basique.

 

     L’arrivée d’un second guitariste (Austin Jenkins) a fait remarquablement évoluer le son du groupe et permet à White Denim de se lancer dans de nouveaux terrains éloignés du garage-rock de son premier album (sur « Anvil Everything », par exemple, mais aussi sur les échanges longs et décomplexés de « At the farm »). Le chant est parfois assuré conjointement par James Petralli et Steve Terrebecki (« Burnished », « It’s him! »), apportant ainsi une complexité aux compositions déjà très tendues.

 

    Ce disque commence sur des bases énormes, avec l’entrée en matière réjouissante de la chanson « It’s Him ! », où la rythmique s’impose avec une extraordinaire évidence ; nous l’avons déjà écrit lors des précédentes chroniques, il convient de le constater à nouveau : avec une telle assise, le groupe peut tout se permettre, et se lance dans des envolées de guitare qui seraient fatales à la plupart des groupes (« Drug »).  La base rythmique est en effet un des aspects qui distinguent White Denim de tous les autres groupes contemporains : pour s’en convaincre, l’écoute des échanges entre Joshua Block et Steve Terrebecki basse/batterie sur « Burnished » devrait largement suffire.

 

    Après un début d’album saturé de sons divers, le rythme plus mesuré de « Street Joy » apporte un peu d’oxygène à l’auditeur ; l’interlude n’est cependant que de courte durée : White Denim enchaîne ensuite avec « Anvil everything », piste à la structure complexe et expérimentale… La suite de D est une longue orgie sonore : les morceaux s’envolent dans des jams parfaitement maîtrisées, alternant les instrumentations (à ce titre, « River to consider » devrait en surprendre plus d’un) et revisitant divers styles musicaux avec un enthousiasme tangible et une pertinence remarquable. Plus que jamais, le groupe surprend par sa capacité à transformer ses morceaux en y insérant des variations rythmiques et musicales, sans perdre en densité ou en qualité (« Besse St. », simplement traumatisant après les deux premières minutes).

 

    Les premiers albums de White Denim avaient montré un groupe à l’ambition musicale débridée ; ce disque confirme que le talent du groupe est à la hauteur de ses ambitions… D est un album dont on ne sort pas indemne, et qui livre peu à peu ses richesses : aucune piste ici n’est dispensable. En dix morceaux seulement, le groupe dévoile une kyrielle d’univers musicaux, se permettant même de livrer en fin d’album une jolie ballade à la basse bondissante, en guise d’adieu déconcertant. Le troisième « véritable » album du groupe est un coup de maître.

 

 

 

 

 

Liste des chansons :

  1. It’s him! *
  2. Burnished *
  3. At the farm
  4. Street Joy
  5. Anvil Everything
  6. River to consider
  7. Drug
  8. Besse St *
  9. Is and is and is *
  10. Keys

Le site officiel de White Denim.

 

 

 

 

Vidéo :

 

 

 

 

 

 

Vinyle :

 

White Denim - D

 

 

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commentaires

hug0 02/09/2011 22:54



Oué super nouvelle, un peu HS mais j'ai lu quelque part qu'un live des Strange Boys devait sortir prochainement sur 3rd Man également.


Celui des Jacuzzi Boys est vachement bien en tout cas !



bambou 02/09/2011 16:15



http://store.thirdmanrecords.com/whitedenim-liveatthirdman12vinyl.aspx joie.



Eric 02/09/2011 17:03



Ouais ! Vu le concert dément qu'ils ont donné à Paris la semaine dernière, j'attend ce disque avec impatience aussi. Par ailleurs, dans les live de Third Man y a pas mal de bons trucs : Tyvek,
Jacuzzi Boys, Nobunny...



Fouroutoune 11/06/2011 20:32



Le batteur est incroyable!


J'ai rarement vu ça!



Fouroutoune 11/06/2011 20:28



Album purement incroyable!


Et en live ça a l'air fou!


Watch it!


http://vimeo.com/21078081



klak 10/06/2011 17:40



Le précédent Fits m'avait surtout scotché pour ses premiers titres explosifs, donc j'ai d'abord était un brin déçu avant de vite arriver aux même conclusions que vous. Ils osent tout et
réussissent tout ces gars là !


Un peu de pub, D sur le bdV:


http://lebaldesvauriens.over-blog.com/article-white-denim-d-76209210.html



youl 07/06/2011 23:16



Ce groupe ne déçoit pas. Excellent album, encore une fois.



teenagegraveman 07/06/2011 15:34



oui oui j'ai réécouté le précédent juste après celui là et je maintiens :) trop d'idées fourmillent ça me pertube parfois il vaudrait mieux canaliser, et niveau style c assez hétéroclyte
aussi...enfin moi ça m'a gêné



Dahu Clipperton 07/06/2011 14:59



@Teenage : réécoute les précédents, te jure qu'ils sont bien cohérents et pas décousus pour 2 sous^^


 


Qu'ajouter après cette excellente chronique ? Bah rien : je rejoins Rémi sur la "discographie irréprochable", semble bel et bien que ce soit un grand groupe qu'on a là


Et comme l'a fait remarquer Frank, il faut le refaire tourner, c'est un disque riche, dense, sans temps mort : la première écoute peut s'avérer épuisante. Mais ensuite, ce n'est que du (gros)
bonheur


 


Suis-je seul à trouver que Bess st a un côté soft-machinien ?



teenagegraveman 07/06/2011 11:33



je trouvais auparavant que leurs albums manquaient d'unité, d'homogénéité et ça pouvait me causer de la fatigue intellectuelle et auditive (mais je suis un fénéant de l'oreille), cet album, je le
trouve plus réussit car très cohérent, beaucoup d'idées, il va falloir quelques écoutes pour le digérer, très bon disque assurément!



Frank 07/06/2011 08:18



La première écoute est déroutante. On attendait pas le groupe sur ce terrain. Et puis il faut se rendre à l'évidence, sur des bases clairement seventies parfois limite prog, les White Denim ont
offert un album massif (les morceaux s'enchaînent les uns aux autres) et comme tu le diis sans aucun morceau dispensable. Un vrai tour de force.



PlanetGong (Rémi) 07/06/2011 09:51



Oui, leur capacité à utiliser n'importe quelle base musicale pour en faire un morceau très convaincant est assez incroyable... Après trois/quatre albums, leur discographie est très diverses et
parfaitement irréprochable, c'est assez bluffant!