10 mars 2011 4 10 /03 /mars /2011 22:33

Tim Cohen – Magic TrickTim Cohen
Magic Trick

(Captured Tracks 2011)

 

 

La semaine du 14 février, deux nouvelles sorties ont pris les amateurs de musique par surprise :  celle,  tapageuse, du nouveau Radiohead, dont le monde a disserté pendant 15 minutes, et celle, plus discrète mais nettement plus enthousiasmante, du troisième album solo de Tim Cohen (accompagnée de celle d'un double EP de huit chansons dont nous parlerons prochainement). Les lecteurs de PlanetGong doivent le savoir désormais, Tim Cohen est lun des artistes les plus prolifiques et passionnants du moment, que ce soit au sein des Fresh & Onlys ou sous son propre nom. Les sorties alternent entre ces deux projets, souvent plutôt tournés vers le rock garage pour les Fresh & Onlys (dont le dernier album à aux fragrances country-rock-psyché restera comme un des grands disques de 2010), et plus intimistes dès que le barbu la joue solo. Ce nouvel opus ne déroge pas à la règle, même si Magic Trick apparait comme un album conçu de façon dichotomique. A la face A extrêmement douce et chargée d'émotion succède une face B plus colorée et upbeat. Deux faces pour deux humeurs différentes, même si Cohen ne se déparait jamais de sa mélancolie sur l'ensemble de l'album.

 

Magic Trick débute de façon étrange, par un morceau nommé "I Am Never Going To Die" au riff cousin de "Sweet Jane"  et à la mélodie peu convaincante. L'effroi d'un album raté nous saisit à l'écoute de "New House In Heaven" qui n'éveille pas plus d'intérêt. Tim Cohen peut-il faire autre chose que nous émerveiller ? Peut-il nous décevoir ? La suite a tôt fait de nous réconforter : en se plaçant sur un mode intimiste, en jouant la carte des belles chansons tristes et élégantes, Cohen fait mouche avec les quatre morceaux suivants. L'intrigante "The Flower", puis "Don't Give Up" aux chœurs doo-wop, "Leger Demain" et "Sweetheart" font passer Magic Trick à une vitesse supérieure. D'un coup de baguette magique, Cohen nous offre un quart d'heure de grâce aérienne en mode mineur, à donner des frissons.

 

La face B, dès les premières secondes, frappe par sa production plus travaillée, son tempo plus rapide et l'impression soudaine qu'on écoute désormais d'un véritable groupe. "Season Of Fires"  propose une rythmique intrigante, où la basse serpente avec virtuosité autour d'un motif funky, et sur laquelle Tim Cohen impose la force tranquille de son aisance mélodique. Un morceau déconcertant de facilité. Immédiatement ensuite, "Hey LIttle One" poursuit l'album dans une veine surprenante avec son approche pop et les amusants pouet-pouet d'un synthé digne de Jean-Jacques Perrey. On sent que Cohen s'amuse, essaie des choses qui sortent de son univers (comme ce solo de mandoline sur "Top On Tight"), tout en portant un soin particulier à la production. De la discographie de son auteur, Magic Tricks est l'album le plus pop, le moins distordu, le plus inventif côté sonorités sans doute. Par ces aspects, et cette présence des synthétiseurs anachroniques qui surgissent parfois par nappes, il évoque un peu l'album de Conspiracy Of Owls, mais porte aussi indubitablement la griffe Fresh & Onlys sur quelques morceaux où l'écriture de Cohen est immédiatement identifiable ("The Spirit's Inside", "Tunnel Of Love"). L'album s'achève sur "I Looked Up", titre lent qui s'échappe en ballade country et fait écho aux différentes facettes du disques.

 

Imparfait mais sublime dans ses meilleurs moments, Magic Trick n'est pas le grand disque qu'il aurait pu être. Deux ou trois morceaux y figurant paraissent superflus alors que Cohen publie conjointement un EP de huit chansons (Bad Blood, publié aussi sur Captured Tracks et dont le sous-titre "Tim Cohen's Magic Trick" indique qu'elles proviennent des mêmes sessions). La plupart sont meilleures que "I Am Never Going To Die" qui ne brille que par son titre. On en vient à se demander quel album on aurait pu obtenir si son auteur n'avait décidé de répartir ces 19 morceaux sur un seul album et non sur deux publications. Sans doute que l'écoute approfondie de Bad Blood nous aiguillera un peu : si cet EP huit titres représente une œuvre cohérente et inspirée, alors on comprendra mieux le choix des morceaux de Magic Trick et on criera au génie. Ce ne serait pas la première fois avec l'insaisissable Tim Cohen…

 

 

 

 

 

 

Tracklisting :

 

1. I Am Never Going to Die

2. New House in Heaven

3. The Flower *

4. Don’t Give Up

5. Legerdemain *

6. Sweetheart *

7. Season of Fires

8. Hey Little One *

9. The Spirit’s Inside

10. Top on Tight

11. Tunnel of Love

12. I Looked Up

 

Tim Cohen sur MySpace : http://www.myspace.com/timmycohen

 

Des morceaux des trois albums de Tim Cohen sont en écoute sur ce player :

 

 

 

 

 

Vinyle :

 

L'album a été publié dans une édition spéciale à pochette et vinyle blancs et numérotée au verso (du coup on notera sur cette version l'absence des montagnes qui figurent sur chaque couverture d'album de Tim Cohen).

 

Tim Cohen – Magic Trick

 

 

 

 

 

 

Tim Cohen et The Fresh & Onlys : tous les disques chroniqués sur PlanetGong

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commentaires

Frank 05/04/2011 09:46



en fait dans l'histoire récente je ne vois qu'un équivalent : The Coral...



Frank 02/04/2011 16:27



C'est vrai que l'on craint le pire après les deux premiers morceaux un peu poussifs mais alors derrière ... quelle extase !



PlanetGong 05/04/2011 08:43



Ce que fait Tim Cohen depuis quelques années est parfaitement ahurissant... et sans équivalent contemporain à notre connaissance... (mis à part peut-être Ty Segall )



beat4less 27/03/2011 21:54



Excellente chronique !



mmarsupilami 23/03/2011 00:11



La parution de cet artilcle lm'avait échappé. Très chouette analyse. J'aime bien. J'ai linké après coup dans ma propre chronique...


http://www.planetgong.fr/article-tim-cohen-s-magick-trick-melancolie-69057476.html