7 mai 2011 6 07 /05 /mai /2011 21:49

The Fresh & Onlys - Secret Walls

The Fresh & Onlys -

Secret Walls

(Sacred Bones 2011)

 

 

Comme on ne présente plus le groupe et qu’il devient lassant d’évoquer tous les deux mois la productivité incroyable de Tim Cohen, allons tout de suite au coeur des choses : Secret Walls, cet EP qui vient de sortir sur Sacred Bones est une réussite de plus à mettre au crédit des Fresh & Onlys et de leur leader.

 

Les cinq morceaux élégants qui composent ce mini-album confirment l’orientation prise par le groupe sur Play It Strange, celle d’un rock psychédélique doux qui empreinte divers éléments à la country et au folk. Sur l’ouverture "Secret Walls", les Fresh & Onlys parviennent à réussir ce que les Kings Of Leon essaient de faire depuis leur sortie de route, ce genre de ballade plaintive qu’ils ont raté sur "On Call" ou "The End". Ces deux morceaux ne sont pas si éloignés de "Secret Walls" dans l’idée, mais le traitement des Fresh & Onlys est infiniment plus subtil que celui des frères Followill. D’un côté le son clinquant et des gémissements, de l’autre un chanteur à la voix posée et rassurante, des couches d’instruments qui se superposent de façon naturelle, et une certaine profondeur poétique.

 

La même formule est employée sur "Do You Believe In Destiny ?", morceau jumeau de "Secret Walls" et "Wash Over Us" dont la phrase de guitare qui vient ponctuer le refrain est un des rares artéfacts à vraiment rappeler qu’on écoute bien les Fresh & Onlys. Car il faut bien avouer que Secret Walls est un album déroutant. Comment ne pas penser aux albums solo de Tim Cohen à l'écoute de ces cinq morceaux ? Lorsque le chanteur s’est lancé dans ce projet solitaire, la distinction était nette entre Fresh & Onlys, énergique groupe garage-psychédélique tendance lo-fi (souvenez-vous de "Fog Machine" ou "Peacock And Wing") et ses disques personnels, folk et mélancoliques.

 

Aujourd’hui, on peine à différencier vraiment les deux appellations tant la musique que Tim Cohen propose avec ou sans les Fresh & Onlys est similaire. Seul le son et le jeu de guitare distinctif de Wymond Miles permettent de se rendre compte que les musiciens qui entourent Cohen ne sont pas interchangeables. Lorsque le groupe chante une ballade douce comme "Keep Telling Everybody Lies", c’est son solo façon western spaghetti qui nous rappelle qu’on n’est pas dans Magic Trick. Cette uniformisation des productions de Tim Cohen interpelle. Au moment où ils commencent à percer en Europe, les Fresh & Onlys ont-ils encore une identité propre ? Avec quelques changements de line-up au fil des ans et cette ultra-domination de Cohen sur le reste du groupe, on craint que le groupe ne devienne qu'une coquille vide. On imagine mal Cohen continuer à mener de fronts ces deux projets si leur forme devient identique, mais on reste toujours prêts à le suivre, car cet EP est une fois de plus superbe.

 

 

 

 

 

 

 

Tracklisting :

 

1. Secret Walls *
2. Keep Telling Everybody Lies
3. Do You Believe in Destiny? *
4. Wash Over Us
5. Poison Wine

 

 

 

 

 

Extrait :

 

"Do You Believe In Destiny?"

  

 

 

 

 

 

Vinyle :

 

The Fresh & Onlys - Secret Walls

 

 

 

 

 

The Fresh & Onlys : tous les disques chroniqués sur PlanetGong

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commentaires

Frank 09/05/2011 08:57



Bon ben je vais attendre avant de sortir ma chronique de l'EP (encore doublé par Planetgong ça devient rageant ).


J'ai adoré cet EP et effectivement ton questionnement sur la place des Fresh & Onlys par rapport à l'oeuvre démentiel de Tim Cohen est plein d'a propos, surtout que le garçon sort uin nouvel
album en juillet...



Dr.Nichon 08/05/2011 23:49



les questionnements du rédacteur sont fort à propos



MC5 m'a tuer 08/05/2011 17:13



Waouh, une comparaison KoL/F&O, j'y aurais jamais cru.



beat4less 08/05/2011 12:17



C'est certes contextuel mais c'est le premier disque des Fresh & Onlys ou Tim Cohen qui me déçoit.


Je n'y trouve pas mon compte, c'est redondant avec les dernieres productions de Tim Cohen, pas assez rock'n'roll, le groupe semble sous exploité et ça fout les boules.


(D'ailleurs le simple fait d'évoquer les KOL dans cette chronique est mauvais signe)