10 mai 2012 4 10 /05 /mai /2012 08:41

Dans les caveaux du Fuzz
  Seconds couteaux et perles de série B 

 

 

 

Les as du rock'n'roll, épisode 3

Ronnie Self : "Bop-A-Lena"

 

 

C’était tout de même une époque épatante, celle où un morceau aussi frénétique que « Bop-A-Lena » entrait dans les hit parades. Certes, à la 68ème place du Billboard seulement, certes, ce fut le seul succès de Ronnie Self, mais tout de même, tout de même. Tempo martelé par le piano et la batterie roulante, voix éraillée de vrai maniaque, avec ce rock’n’roll survolté mené pied au plancher, c’est déjà le punk en personne qui fait irruption sur la place publique.

 

L’histoire fut, comme pour tant d’autres de ses confrères hélas, bien brève, mais Ronnie Self tuait ; aucun doute, il faisait partie des meilleurs. D’ailleurs, l’homme ne blaguait pas. « Mr. Frantic », ce surnom n’était pas volé : enfance frondeuse, caractère orageux, alcoolisme, violence, problèmes familiaux. Ronnie se montrait aussi indomptable dans la vie que sur scène ou sur disque, – sa carrière en a fait les frais.

 

Il commence à Nashville en 1956 et enregistre, de là au début des années 60, une bonne poignée de 45 tours excitants, dans des styles variés : rockabilly pur (« Pretty Bad Blues »), ballades plus caressantes, ton nonchalant et pince-sans-rire (« This Must Be The Place ») ou style plus influencé par le rythm and blues (présence de piano et de saxo) pour le terrible « Date Bait », son autre sommet, cité par les Cramps parmi leurs disques favoris.

 

Parfois (« You’re So Right For Me »), il en venait à sonner comme une sorte de Jerry Lee Lewis chantant à la Little Richard dans la manière péquenouille de Carl Perkins : pigé ? Après une trentaine de morceaux, il s’est illustré comme compositeur notable et prolifique, offrant des succès à Brenda Lee (« I’m Sorry »). Quelque mois après sa mort, à quarante-trois ans, en 1981, Diana Ross faisait mouche en interprétant son « Mirror, Mirror ».

 

 

 

 

 

"Bop-A-Lena"

 

"Ain’t I’m A Dog"


 

 

 

 

 

A écouter:

 


Ronnie Self laisse une des œuvres les plus importantes du rock’n’roll excessif, les amateurs seraient avisés de ne pas se dispenser d’un disque entier. Il existe diverses rééditions, mais le fin du fin reste le lp COLDE 2014 qui concentre sa première période, la meilleure, la plus sauvage et débridée.

 

 

 

 

 

 

 

Voir le reste de la série :

Les as du rock'n'roll

 

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Published by Béroalde de Fuzz - dans Blues - folk & rock'n'roll roots
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commentaires

ratel 11/05/2012 13:46


'tain, y s'arrête plus eul baron - ça sent le soulagement après la souffrance des Rubble

Eric 15/05/2012 22:29



Yes !


 


... et la suite arrive bientôt !