26 janvier 2011 3 26 /01 /janvier /2011 18:56

Buddy Holly - That’ll be the day

Buddy Holly -

That’ll Be The Day

(Decca Records ; 1958)

 

 

    Troisième et dernier album publié du vivant de Buddy Holly, That’ll be the day présente en réalité quelques-uns de ses premiers morceaux. Les onze chansons que comporte cet album avaient toutes été enregistrées en 1956 en trois sessions (précisément le 26 janvier, le 22 juillet et le 15 novembre). That’ll be the day est également le premier album de Buddy Holly sorti sous l’étiquette Decca, qui n’avait dans un premier temps pas cru dans le potentiel de l’artiste et qui l’avait laissé faire ses preuves en publiant les disques sur les labels subsidiaires Brunswick et Coral (qui appartenaient à Decca)  – et connaître le succès avec les Crickets (The Chirping Crickets), puis sous son nom seul (Buddy Holly).

 

    Ce disque s’ouvre sur « You are my one desire », une ballade simple emmenée au piano, où la voix tremblante de Buddy Holly livre des paroles touchantes de naïveté et de « You are my one desire / You set my heart on fire / You’ll never know how much I love you »; Le son chaleureux de la basse de Don Guess, qui a écrit la chanson, assure l’équilibre du morceau et apporte un contrepoint à la voix de Holly, ici particulièrement frêle. Dès la deuxième chanson, « Blue Days, Black Nights », le son acide de la guitare solo de Sonny Curtis - caractéristique du son des années 1950 – s’installe et prend toute son ampleur, La rythmique de That’ll be the day est globalement simple et toujours très sobre, marquée par les influences country, qui perdurent sur « Modern Don Juan », où l’orchestration laisse la part belle au saxophone et au piano.

 

    « Rock around with Ollie Vee » est un morceau typique de early rock’n’roll, comme l’indiquent ses paroles d’une évidence désarmante « tonight we’re gonna rock to the rhythm’n’blues », alors que « Ting a ling » voit Buddy Holly se livrer davantage et exercer son phrasé particulier sur les ruptures de chant. Ces deux morceaux, enregistrés pendant la même session (le 22 juillet), bénéficient une nouvelle fois du jeu de guitare particulier de Sonny Curtis, qui remplacera Buddy Holly comme chanteur des Crickets. Sonny Curtis a une importance prédominante sur l’ensemble de cet album : il est présent sur toutes les pistes, excepté sur « You are my one desire » et « Modern Don Juan ». En fin de face A, Buddy Holly livre avec impudeur le chant de « Girl on my mind », une ballade dont le texte est encore du plus pur sucre 50s (« Oh girl on my mind, please come back to me. I love you with all my heart : with you I want to be… » ); rarement Holly a paru plus touchant et fragile que sur ce morceau à l’aspect brut.

 

    La face B de l’album s’ouvre sur « That’ll be the day », une des chansons les plus célèbres de Buddy Holly ; néanmoins, il ne faut pas confondre cette version avec celle enregistrée en février 1957 par les Crickets, sortie en single quelques semaines plus tard, et qui se trouve sur The ‘‘Chirping’’ Crickets. La version de cet album est marquée par un jeu de guitare plus tranché (dans l’introduction du morceau, mais aussi dans les solos) et un chant plus vindicatif que celle enregistrée par Holly avec Crickets. Les premières sessions d’enregistrement furent l’occasion pour Holly de tester ses propres compositions : en plus de la chanson-titre, il cosigne « Don’t come back knockin’ », « Don’t come back knockin’ »  et l’excellente « Love Me », qui fut sortie en single en avril 1956. L’album s’achève sur une ambiance rock’n’roll joué en tempo mesuré : « I’m Changing all those changes » et « Midnight Shift » sont deux bonnes chansons, sans être particulièrement originales ou révolutionnaires.

 

    Moins cohérent que Buddy Holly et moins immédiat que l'indétrônable The ‘‘Chirping’’ Crickets, ce disque est cependant beaucoup plus qu'anecdotique et permet d'apprécier de façon unique le talent naissant d'un des géants du rock'n'roll : pas de folie furieuse chez le jeune Holly au moment où il enregistrait ces pistes (aucune comparaison n'est possible avec l'énergie débridée de Little Richard ou de Jerry Lee Lewis), mais Buddy Holly possédait en revanche déjà l’immense talent qui lui a valu d’être un des artistes les plus influents de l'histoire du rock'n'roll.

 

    Parmi les psychorigides à tendance autiste monomaniaques de Buddy Holly, ceux qui n’ont pas subi le contrecoup de la crise internationale peuvent s’offrir le prodigieux coffret « Not Fade Away : The Complete Studio Recordings and More », sorti à la fin de l’année 2009, qui propose l’intégrale des morceaux enregistrés par le binoclard le plus célèbre de l’histoire du rock’n’roll. Les étudiants et autres sans-abri pourront courir au point Internet gratos la plus proche afin d’écouter les deux cent trois morceaux de ces six CD sur le site Deezer, où ils sont en écoute gratuite.

 

 

 

 

Liste des chansons :

  1. You are my one desire * (Guess)
  2. Blue Days – Black Nights (Hall)
  3. Modern Don Juan (Guess; Neil)
  4. Rock around with Ollie-Vee * (Curtis)
  5. Ting-A-Ling (Denny)
  6. Girl On My Mind (Denny)
  7. That’ll be the day * (Allison ; Holly ; Petty)
  8. Love Me* (Holly ; Parrish)
  9. I’m changing all those changes (Denny)
  10. Don’t come back knockin’ (Holly ; Parrish)
  11. Midnight Shift (Lee ; Ainsworth)

L'album sur Deezer : www.deezer.com/fr/#music/buddy-holly/that-ll-be-the-day-246194

 

 

 

Vinyle :

 

Buddy Holly - That’ll be the day

 

Buddy Holly - That’ll be the day

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commentaires

Aaron 27/01/2011 00:00



Encore moi.


Je suis en train d'écouter l'album. C'est fou l'influence d'Elvis sur quelques titres : "Love Me", c'est la même intro "I'm Left, You're Right, She's Gone" et quand Buddy se lance dans le
chant de "Blue Days, Black Nights" on croit entendre l'entame "Blue Moon of Kentucky". Mais peut-être que j'ai trop écouté Elvis ces derniers temps...



Aaron 26/01/2011 23:39



Très intéressant. Merci.


N'oublions jamais Buddy. Un demi-siècle de musique lui est redevable.