17 décembre 2012 1 17 /12 /décembre /2012 14:44

AllahLas.gifAllah-Las
Allah-Las

(Other Hand 2012)

 

 

Un grand débat anime en ce moment le microcosme des amateurs de beach-goth (environ 16 personnes en France, bientôt 17) : les Allah-Las sont-ils des imposteurs ? On leur reproche leur accointances avec Nick Waterhouse (il a produit leurs premiers singles), chanteur R&B faussement vintage qui fait s'extasier Télérama. On leur reproche d'être un peu mous, d'être des hipsters proprets plus attachés à recoiffer leur moustache qu'à envoyer du rock'n'roll. De passer trop de temps à soigner leur esthétique rétro/vintage de carte postale filtrée sur Instagram. De faire des clips en super 8 qui ressemblent à une version surf californienne d'Amélie Poulain. Bref, d'être dans l'attitude plutôt que dans l'action.

 

Pourtant, si on écoute l'album d'une oreille fraîche, sans savoir le contexte d'où provient cette musique, il faut avouer que c'est plutôt bien foutu. Les Allah-Las jouent une surf-music reposée, bercée de mélodies nonchalantes et sont très forts pour caler des refrains imparables. Prenez "Don't Forget It", qui parait assez formulaïque à première écoute. L'arrivée des chœurs et du refrain y est pourtant d'une évidence folle. Impossible de résister à ce morceau. Idem pour "Sandy" et ses "aaa-ha-ha-haaaaaa" irrésistibles, et n'oublions pas le superbe instrumental "Sacred Sands". Alors bien sûr cet album est composé de passages inutiles, tel l'instrumental "El Navoga qui s'apparente à "Breathe" de Pink Floyd joué en bossa-nova, et toutes les chansons semblent sonner identiques au-delà de 10 minutes d'écoute de l'album, mais les Allah-Las savant composer des belles chansons pop. "Tell Me (What's On Your Mind)" avec son côté La's est d'une efficacité redoutable, tout comme "Long Journey".

 

Evidemment, on peut regretter le manque de folie de cet album, son absence totale d'aspérités. Comparés aux Growlers – les instigateurs enfumés du beach-goth –, les Allah-Las manquent singulièrement de substance. Leur groove manque un peu d'élasticité, leur approche parait bien scolaire. On accepte des Growlers qu'ils délirent, s'endorment, se ramassent, car leurs fulgurances sont inoubliables. Les Allah-Las ont pour l'instant réussi à s'approprier une partie de leur esthétique sans dégager la moindre once de passion ou de danger. Ça viendra peut-être plus tard, pour l'instant notons que Les Allah-Las ont réussi à sortir un premier album tout à fait honorable, comportant une poignée de morceaux franchement réussis. Pas de quoi faire d'eux des têtes à claque ou des cibles à exterminer. Il est des choses plus graves… N'oublions pas que Muse a aussi publié un album cette année.

 

 

 

 

Tracklisting :

 

1     Catamaran *   
2     Don't You Forget It  *   
3     Busman's Holiday    
4     Sacred Sands  
5     No Voodoo  
6     Sandy *  
7     Ela Navega   
8     Tell Me (What's On Your Mind) *  
9     Catalina    
10     Vis-a-Vis *  
11     Seven Point Five   
12     Long Journey   

 

 

 

 

 

Vidéos :

 

"Tell Me (What's On Your Mind"

 

"Vis-à-vis"

 

"Busman's Holiday"

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commentaires

hihi 19/12/2012 09:54


tout à fait d'accord, surtout sur le point de dire que les growlers ont plus de trippes ! très bon article néanmoins je suis moins sévère, je l'ai trouvé bon en soi, sans m'avouer qu'il est un
peu prémaché !


continuez à faire des super articles (plus souvent???).


Merci 

teenagraveman 17/12/2012 16:04


globalement en phase avec l'analyse, cependant je pense qu'on ne peut pas faire abstraction de la forte touche folk rock du disque (bien plus que surf),


des petits élèves byrdsien très appliqués

Eric 17/12/2012 16:14



Oui, très byrdsien sur certains sons de guitare par moments, surtout sur la fin d'album, mais je dirais plus garage (façon early Nuggets) que folk-rock (attention c'est de l'enculage de
mouche).