3 avril 2007 2 03 /04 /avril /2007 10:37

Dossier PlanetGong :
La scène Rock de Detroit

II. Les valeurs sûres / Le haut de l’affiche



The GO : Le secret le mieux gardé de Detroit ?

    Ce groupe, qui a connu une composition variable (comme la plupart des groupes de la ville), peut être considéré comme l’un des meilleurs de la ville / du pays / du monde. Fondé en 1998 par Bobby Harlow (chant), John Krautner (basse / guitare) et Marc Fellis (batterie), The GO comprenait aussi Dave Buick (basse) et Jack White (guitare) sur le premier LP (Watcha Doin’, sorti en 1999). Ce disque est extraordinaire de violence, et reste un modèle de garage-rock efficace : les chansons sont prodigieuses et sont devenus de véritables classiques pour un public d’avertis (« Meet Me At The Movies », « Whatcha Doin’ », « It Might Be Bad », « Hesitation » sont parmi les morceaux les plus marquants du disque). Après l’enregistrement de leur deuxième LP, Free Electricity, que la maison de disques a refusé d’éditer (et qui reste inédit à ce jour), le groupe est parti enregistrer pour Lizard King Records un nouvel album, The GO, moins percutant que Watcha Doin’, mais néanmoins excellent. Le groupe a depuis sorti en édition limitée (500 exemplaires, et uniquement en vinyle) un disque intitulé Supercuts, composé en majorité de chansons de leur deuxième album (The GO) et qui permet d’entendre le groupe en live (le disque a été enregistré sur un quatre-pistes dans la maison du batteur). Supercuts est d’une qualité comparable à celle de Watcha Doin’ ; malgré l’absence de Jack White, dont  les extraordinaires solos illuminaient le premier LP, Supercuts confirme l’excellence de chansons comme « Growd Up Wrong », « Linda We’re In Trouble » et « Ain’ t That Bad ».

 

go2pk8    Malgré son statut, qui reste encore confidentiel, The GO est l’un des groupes les plus importants de la scène actuelle. Il est fort heureusement reconnu par la majeure partie de l’élite spirituelle mondiale (le dalaï-lama a longuement insisté pour poser sur une photo avec Bob Harlow, John Krautner, Marc Fellis et James McConnell).




Disques recommandés  indispensables :

 

 

 

 


The Dirtbombs : Déjà légendaires…

Who's the boss, now ?    Quand Mick Collins (le chanteur des Gories et de Blacktop) décide de fonder ce groupe en 1997, son idée est simple : il veut savoir comment sonnerait un groupe qui comporterait deux batteries, deux basses (dont une fuzz) et une guitare… Après trois LP variés – le punk-trash dément de Horndog Fest, l’extraordinaire Ultraglide In Black (un disque de reprises de Soul) et le plus éclectique Dangerous Magical Noise, la réponse est claire : les Dirtbombs sont un des meilleurs groupes du monde. 

   Les Dirtbombs ont en outre sorti un nombre aberrant de singles sur divers labels (Corduroy Records, Flying Bomb, Hate Music, Ersatz, Sound Flat, Sweet Nothing…). La  plupart de ces singles ont été compilés sur le double CD If you don’t already have a look en 2005 : le premier disque est composé par des chansons écrites par le groupe, et le second est exclusivement constitué par des reprises de groupes (ou d’artistes) aussi différents que Cheater Slicks, Elliott Smith et Smokey Robinson, mais aussi des Rolling Stones, de Soft Cell, de Yoko Ono et des Bee Gees (inutile de relire la dernière phrase, vous ne vous êtes pas trompés – moi non plus). Cette extraordinaire compilation est à l’image des performances live du groupe : énergique et enthousiaste, percutante et jouissive.
   Assister à un concert des Dirtbombs est une expérience unique : un véritable maelström sonore entoure le chant surpuissant et la guitare dévastatrice de Mick Collins, qui est certainement le frontman le plus impressionnant de tous les groupes contemporains. La composition du groupe a évolué à de nombreuses reprises : le dernier line-up recensé est le suivant (depuis le départ de Tom Potter et de Jim Diamond) : Pat Pantano (batteur – qui joue également pour les Come Ons), Ben Blackwell (batteur – et neveu de Jack White), Ko Shih (bassiste – et chanteuse des Ko & The Knockouts) et Troy Gregory (bassiste – et chanteur des Witches).


Disques recommandés indispensables :

  • Ultraglide In Black (In The Red Records, 2001)
  • Dangerous Magical Noise (In The Red Records, 2003)
  • If You Don’t Already Have A Look (In The Red Records, 2005)

 

 

 

 


The White Stripes : Duo de choc


    Ce duo, fondé en 1997 par Jack et Meg White, est le groupe le plus célèbre de la ville. Leurs deux premiers LP (The White Stripes, sorti en 1999, et De Stijl, sorti en 2000) annonçaient l’arrivée d’un groupe exceptionnel.
   Leur premier disque, The White Stripes, enregistré à Ghetto Records et co-produit par Jim Diamond, est prodigieux de simplicité et d’énergie. Meg joue de la batterie dans un style basique et enfantin, et Jack y joue et chante de façon démente : les compositions sont percutantes et immédiates (« Jimmy The Exploder », « The Big Three Killed My Baby »), les reprises sont osées mais impeccables (« Stop Breaking Down », « One More Cup Of Coffee », et même « St. James Infirmary Blues »).
   Le deuxième LP a élargi l’univers sonore du groupe : les influences sont résolument blues, et De Stijl est un album remarquable : de nouvelles reprises réalisées de main de maître (les classiques « Death Letter » de Son House et « Your Southern Can Is Mine » de Blind Willie McTell). Les compositions sont à nouveau remarquables (« You’re pretty good looking », « Hello Operator », « Jumble, Jumble »…).
   Avec l’alMeg et Jackbum suivant, White Blood Cells, le duo a connu un succès planétaire : le son du troisième disque des White Stripes est plus riche et plus ample que celui de ses prédécesseurs. Le disque a été enregistré à Memphis, et les morceaux sont plus efficaces que jamais (le single « Fell In Love With A Girl » en est la preuve la plus évidente). Ce disque, qui offre une variété de styles impressionnante (« The Union Forever », « We’re going to be friends », « I Think I smell a rat »…), est sans doute le plus achevé du groupe. A cette période, Jack White produit quelques groupes de Detroit (le premier album de Whirlwind Heat, et celui des Von Bondies), ainsi que l’extraordinaire compilation Sympathetic Sounds Of Detroit, qui rassemble de nombreux groupes de cette ville (Soledad Brothers, Ko & The Knockouts, Detroit Cobras, Dirtbombs, Buzzards, Paybacks…).
   Bien que les albums suivants ne soient pas aussi percutants que les trois premiers, ils demeurent de bons disques : Elephant, enregistré à Londres dans les studios Toe Rag de Liam Watson, contient en effet d’excellents morceaux, le plus connu demeurant « Seven Nation Army ». Get Behind Me Satan, sorti deux ans plus tard, est un disque sur lequel les White Stripes semblent oublier le statut qu’ils ont acquis : cet album très personnel possède un son singulièrement différent du reste de la discographie du groupe, et mérite d’être écouté. Ecky Thump, sorti il y a peu, s'avère quant à lui un retour aux sources rock'n'roll attendu et bienvenu. 


Disques indispensables :

  • The White Stripes (Sympathy For The Record Industry, 1999, réédité par V2  en 2001)
  • De Stijl (Sympathy For The Record Industry, 2000, réédité par V2  en 2001) 
  • White Blood Cells (Sympathy For The Record Industry, 2001)

Disques recommandés :

  • Elephant (V2, 2003)
  • Get Behind Me Satan (V2, 2005)
  •  Ecky Thump (V2, 2007, bientôt chroniqué en ces pages)

 

 

 



The Detroit Cobras : Le cover band ultime


Rachel Nagy et Maribel Restrepo    Les Detroit Cobras ont été crées par Jeff Meier (bassiste) et Steve Shaw (guitariste) en 1993. La composition du groupe a beaucoup évolué : les seules qui aient été présentes sur chacun des albums sont la chanteuse Rachel Nagy et la guitariste Maribel Restrepo. La particularité des Detroit Cobras est que le groupe ne compose aucune des chansons qu’il enregistre, mais se consacre à effectuer des reprises de morceaux oubliés datant des années cinquante et soixante.
   Les Detroit Cobras ont sorti trois LP (Mink Rat or Rabbit, Life Love and Leaving et Baby) et un EP (Seven Easy Pieces, sorti uniquement en Europe), et la maîtrise qui transparaît sur chacun d’entre eux est impressionnante : le groupe parvient à donner une nouvelle vie à des chansons inconnues (ou oubliées) : leur morceau le plus connu est l’extraordinaire reprise de « Cha Cha Twist » qui apparaît sur le premier album, et qui a été replacé en fin de Baby (le troisième LP) et sorti en single en 2005. Le groupe reprend aussi sur son premier disque « Putty (In Your hands) », un morceau déjà chanté par les Yardbirds (et disponible sur leur premier album studio, For Your Love, sorti en 1965).
   Une des forces des Detroit Cobras est que l’on peut reconnaître leur son dès les premières mesures de chaque chanson : leur approche musicale est sensiblement différente de celle des autres groupes de la ville ; le son est maîtrisé, les guitares ne saturent pas, la basse rebondit à merveille, la batterie claque juste. L’ensemble de leurs morceaux produit une irrépressible envie de danser – et dans ce cas-là, on suivra le précepte de Rachel Nagy : « Dancing leads to fucking ».
   Les influences du groupe sont la plupart du temps des compositeurs qui prenaient un grand soin à l’élaboration de leur son, notamment du côté des artistes de Soul ; parmi ces derniers, Solomon Burke, Ike Turner, Otis Redding, Bobby Womack, Steve Cropper et Isaac Hayes sont les plus connus. Il faut également souligner les qualités de Rachel Nagy, qui s’est affirmée en quelques albums comme la meilleure chanteuse de la scène rock contemporaine. Les disques des Detroit Cobras ne sont pas les plus immédiatement frappants, mais chaque écoute semble offrir des perspectives nouvelles, et place ce groupe aux côtés des meilleurs.


Disques recommandés indispensables :

  • Mink Rat or Rabbit (Sympathy For The Record Industry, 1998)
  • Life, Love & Leaving (Sympathy For The Record Industry, 2001)
  • Seven Easy Pieces (EP)  (Rough Trade, 2003)
  • Baby (Rough Trade, 2005)

 

 

 

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