De ce blog sont honnies les poses rock pueriles (genre : "Radiohead c'est pas ma tasse de biere"), les expressions emphatiques qui puent des pieds
("Motorhead ca depote a mort"), les comparaisons pourries ("un riff atomique", "un jeu de guitare venu des trefonds de l'enfer") et l'aggressivite gratuite ("U2 c'est nul a chier"), meme si c'est
vrai.
PlanetGong se veut une alternative au zapping culturel rencontré dans les organes de presse dite "specialisée". Vous ne
trouverez pas ici de critiques expediées en un paragraphe par manque de place. Analysons les choses en profondeur et discutons...
The Revellions
The Revellions
(Dirty Water 2009)
A l'écoute des premiers morceaux de cet album des Revellions, la nouvelle sensation de la scène irlandaise, une question semble s'imposer : The Revellions auraient-ils vraiment tout compris ? Le début d'album est en effet proche de la perfection, dans un style garage sixties / freakbeat teinté d'influences diverses - notamment le psychobilly.
En quelques pistes, The Chocolate Watch Band, Link Wray, Sonics, Cramps, ainsi que les nombreux groupes oubliés de la période compilée par les premiers volumes de Nuggets et Back from the grave sont évoqués ici avec un enthousiasme communicatif. Les structures des chansons et certaines approches sonores rapprochent aussi le groupe de certains de ses contemporains - en premier lieu leurs voisins et amis des Urges.
Les morceaux rock s'enchaînent à merveille dans une frénésie incontrôlable : depuis « Ain't no Fool », qui évoque clairement « I'm Not Your Stepping Stone », et qui ouvre l'album avec sa rythmique endiablée : la basse et la batterie sont parfaites l'orgue et les guitares sont réjouissants, la fuzz éclate, des choeurs se répondent pour cette impeccable entrée en matière. « Down on your luck » enfonce encore un peu le clou : cette chanson, qui aurait parfaitement pu avoir été enregistrée dans un garage du fin fond de l'Arkansas en 1966, est elle aussi génial ; aussi simple qu'efficace. La piste suivante, « Up to you », ne dépareille pas, et confirme que l'album débute sur des bases hallucinantes.
Malheureusement, après l'instrumental « Groundswell », et plus encore après « Not the Attraction », le disque perd en qualité, en consistance et en efficacité. Le chant, talon d'Achille du groupe, qui consiste la plupart du temps en un hurlement sans surprise, ne brille pas par son expression - et lorsqu'il tente de mettre en évidence les qualités de sa voix, le chanteur montre rapidement ses limites (sur « Walking Away », notamment). The Revellions, au vu de la qualité de ses premiers morceaux, semblait être un groupe capable de tenir la distance et livrer un grand disque ; il se contente au final d'enregistrer un bon album. Pourtant, ces musiciens, tout comme leurs compatriotes The Urges, auxquels ils ressemblent parfois à s'y méprendre, sont néanmoins un groupe à suivre avec attention.
Liste des chansons :
En rotation lourde sur la platine:


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