23 avril 2007 1 23 /04 /avril /2007 10:09

littlebarrie.jpgLittle Barrie

Stand Your Ground
(PIAS 2007)

 

 

L'album This Is Little Barrie est passé un peu inaperçu dans l'effervescence rock'n'roll de 2005. Il faut dire qu'on trouvait à l'époque largement meilleur dans le rayon blues-rock (Soledad Brothers, 22-20s, Black Keys… seuls ces derniers existent encore) et ce premier essai scolaire et propret proposait un blues funky de salon qui ne brillait que par intermittences. Stand Your Ground est tout autre.

Un changement de line-up peut vous changer un groupe. Exit le premier batteur, bonjour Billy Skinner, et Little Barrie se découvre une assise rythmique exaltante, cette étincelle qui leur faisait cruellement défaut. Stand Your Ground diffère de son prédécesseur par l'énergie qu'il dégage. Portés par ce nouvel enthousiasme, les musiciens interprètent les excellents morceaux de Barrie Cadogan avec conviction et envie. Révolution! Little Barrie s'est mué en groupe de premier ordre.

Stand Your Ground est une aberration en 2007. Le son est résolument fifties, la distortion quasi absente, Little Barrie ont décidé de remonter le temps et de retrouver les racines rhythm & blues du funk. On retrouve beaucoup de ces chansons à la rythmique chaloupée, ce funk bluesy qui faisait la spécificité du premier album. "Just Wanna Play", "Bailing Out" et "Pin That Badge" évoquent les JB's – comme une version sans cuivres et sans l'organe inimitable de James Brown mais non dénuée de style. Le groupe possède désormais le groove.  Little Barrie versent toujours dans la ballade fifties de qualité ("Ah We Know You" qui reste méchamment en tête, "Why Don't You Do It" un véritable chef d'œuvre) mais le véritable changement ici, celui qui rend cet album indispensable, concerne les morceaux de blues-rock.

On se croirait revenus à la grande époque de la british invasion balbutiante, celle des Yardbirds de Clapton, des premiers Stones, de John Mayall & The Bluesbreakers. "Love You" sonne la charge avec une basse frénétique, "Green Eyed Fool" avec sa fuzz en arrière plan (et sa mélodie à mi-chemin entre "Great Balls Of Fire" de Jerry-Lee Lewis et "Confusion" des Zutons) convie au voyage en première classe, "Pay To Join" possède un côté surf et une rythmique démentielle. Evoquons aussi la magnifique "Cash In", qui rappellle "Requiem Pour Un Con", et la country-folk déglinguée de "Pretty Picture" que The Coral ne renieraient pas et rendons-nous à l'évidence : Little Barrie est devenu un groupe passionnant.

Stand Your Ground est la meilleure surprise de 2007. On y voit un groupe éclore de la plus belle des façons. En 2007 Little Barrie est un groupe de bluesmen aux cheveux longs et à la dégaine rock'n'roll assumée. On est loin des jeunots en veste de survêtement et aux cheveux courts qui prenaient soin à ne pas jouer trop fort. Cette transformation est un petit miracle, un truc complètement inattendu qui démontre, une fois de plus, qu'il ne faut jamais désespérer de la musique.

 

 

Tracklisting :

1  Bailing Out
2  Love You  *
3  Pin That Badge  *
4  Yeah We Know You
5  Green Eyed Fool
6  Pretty Pictures
7  Cash In
8  Just Wanna Play
9  Why Don't You Do It  *
10  Pay To Join *

 

Vidéo :

 

"Pay To Join"

 

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commentaires

pixel2hot 26/04/2007 15:32

MDR....
Je tenais la chronique de Little  Barrie au chaud depuis plus de deux mois...  Mais j'avais pas trop l'inspiration, car je dois bien l'avouer, le chanteur m'irrite fortement.  Pour le reste, c'est du tout bon, du tout grand, et votre chronique va dans le même sens que ce que je voulais écrire.  Décidément, nous fréquentons les mêmes courants musicaux (LOL).
Par contre, j'ai été plus rapide sur le nouvel opus des Artic Monkeys...  On ne sait pas être partout.
Encore une fois, merci pour votre travail.

Eric 27/04/2007 15:46

Merci beaucoup pour ces compliments, ça fait vraiment plaisir, surtout qu'en ce moment PlanetGong vivote un peu - on est débordés de boulot en ce moment. Du coup,  vie sociale et PlanetGong ont un peu été... comment dirais-je... pulvérisés sur l'autel de la violence éternelle, pour reprendre l'expression modérée et délicate d'un ex-poète français.Je m'en vais lire ta chronique des Arctic Monkeys. Quelque chose me dit qu'on va être d'accord...